Osisko (ou la trompe de l’éléphant) et la stratégie minérale (la souris)

Québec solidaire considère que le rapport du BAPE sur Osisko confirme encore une fois l’inutilité des audiences publiques et l’illusion démocratique que le gouvernement y entretient.

Après trois jours d’audiences auxquelles ont participé plusieurs centaines de citoyens et de groupes dont la majorité qui n’y avait pas d’intérêts pécuniaires ont manifesté leur opposition au projet, le BAPE, comme on s’y attendait, annonce que « le projet pourrait être autorisé à certaines conditions ». L’argent a encore parlé par le lobbyisme des multinationales minières auprès de notre bon gouvernement et par des rencontres individuelles dites de gré à gré entre Monsieur 5 milliards $ et un simple citoyen de Malartic.

De toute évidence, l’accord gouvernemental était donné d’avance et le show de boucane du BAPE n’était encore une fois qu’un simulacre de consultation visant à amadouer le bon peuple des régions ressources. Le BAPE ne devait pas mettre le gouvernement dans l’embarras et il ne l’a pas fait.

Y a-t-il déjà eu des projets miniers qui ont fait l’objet de recommandations défavorables du BAPE ? Oui! deux, peut-être trois! mais dans tous ces cas, le gouvernement a quand même accordé son autorisation. Dans toute l'histoire minière québécoise, un seul projet a été refusé par le gouvernement : dans le coin d'Oka, pour une mine de colombium dont les moines trappistes n'ont pas voulu.

Au sujet d’Osisko, la BAPE a émis 31 avis et 25 constats. La plupart consistaient en des vœux pieux sans aucune mesure précise. On serait porté à croire qu’ils ont été rédigés de la même main que la stratégie minérale déposée à la fin du mois de juin dernier par le gouvernement du Québec. 16 % de ces avis concernent la création de comités :

 

  • un comité de résidents du nouveau quartier,
  • un comité neutre et représentatif du milieu touché
  • un comité mixte municipal-industriel,
  • un comité de suivi au choix du devenir de la fosse
  • un comité de développement durable)

 

Comment ces petits comités isolés pourront-ils agir sur la santé, la qualité de vie et la qualité de l’environnement, là où le BAPE a échoué ?

Québec solidaire trouve inacceptable l’implantation d’une mine à ciel ouvert en plein milieu urbain.

Québec solidaire réclame un moratoire sur l’exploitation minière à ciel ouvert le temps que soient réévaluées les lois, règlements, directives et pratiques qui encadrent actuellement le développement de tels projets. Cette réforme doit donner un pouvoir aux régions, villes et citoyens de participer à la planification de leur développement social et économique.

Québec solidaire demande qu’un débat public soit tenu sur l’activité minière en territoire québécois.

 

Québec solidaire appuie la demande qu’ont adressée plusieurs groupes et organismes à la Conférence régionale des élus de tenir une consultation publique sur le développement des mines à ciel ouvert en Abitibi-Témiscamingue.