Budget du Québec : Le gouvernement fait payer aux gens ordinaires les effets de la crise
Québec, le mardi 30 mars 2010 - « Dans la maîtrise de l'illusion, Clotaire Rapaille n'aurait pas fait mieux, affirme Amir Khadir pour décrire le budget présenté aujourd'hui. Le gouvernement dévoile un budget enrobé d'un discours et de quelques mesures d'équité fiscale et de solidarité sociale. Mais le gouvernement a choisi de faire payer par les gens ordinaires les effets d'une crise provoquée par la haute finance. »
Le fardeau de la crise sur les gens ordinaires
Afin de combler le déficit, le budget prévoit un effort global de 3,5 MM $ des particuliers sous forme de contributions supplémentaires, plusieurs fois le 800 M$ demandé aux entreprises. De plus, la « contribution santé », proposée par le gouvernement pour garnir sa Caisse Santé, est en fait un impôt régressif. En effet, une personne qui gagne 30 000 $ par année paiera autant que celle qui en gagne 250 000 $. Selon Amir Khadir, le milliard que veut ainsi aller chercher le gouvernement aurait pu être prélevé proportionnellement aux revenus.
« Pourquoi est-ce encore à la classe moyenne et aux petits salariés à payer pour les excès du système financier, qui sont responsables de la récession qui nous oblige aujourd'hui à résorber un déficit? demande M. Khadir. Ces taxes et tarifs supplémentaires ainsi que ces compressions dans les services que nous recevons de l'État sont injustes ».
Des cibles de compressions irréalistes
Amir Khadir juge que les cibles de croissance des dépenses, que le gouvernement veut abaisser à 2,2 %, sont irréalistes et dégraderont la qualité des services publics et les conditions de travail des travailleuses et travailleurs de ce secteur.
« Ces cibles de compressions mettront un garrot sur les services publics, illustre M. Khadir. Dans le domaine de la santé, on aggravera la situation des équipes déjà surmenées alors que le système manque déjà de main-d'œuvre. À terme, tout cela se soldera par d'autres départs d'infirmières vers des agences privées et par la gangrène du système. »
Des hausses des redevances minières
Dans son budget, le ministre Bachand s'est montré sensible à la pression croissante dans le dossier des redevances sur les ressources naturelles. « Le gouvernement fait certes un pas dans la bonne direction, affirme M. Khadir, mais la hausse des redevances minières pourrait aller beaucoup plus loin que les 32 M$ par année pour les mines et les 8 M$ pour l'eau. »
De mauvaises nouvelles pour tous
Pour Québec solidaire, le budget est particulièrement décevant sur le plan de la lutte à la pauvreté promis pour cette année, puisque les sommes requises ne sont pas au rendez-vous, sinon pour annoncer le financement de 3 000 logements sociaux.
Les plus pauvres et la classe moyenne seront particulièrement affectés par les hausses de tarifs annoncées cette année et l'an dernier, sans parler des hausses de tarif d'Hydro Québec prévues après 2014.
L'annonce d'un forum de déréglementation des frais de scolarité figure aussi parmi les mauvaises surprises de ce budget.
Des alternatives existent pourtant
Au cours des derniers mois, Québec solidaire a mis de l'avant des propositions concrètes de sources de revenus supplémentaires qui soient équitables, écologiquement responsables et viables sur le plan économique. L'ensemble des mesures aurait permis de trouver des milliards que le ministre pige aujourd'hui dans les poches des contribuables et dans la qualité des services publics.
« On ne demandait pas la révolution au gouvernement, explique M. Khadir. On lui demandait d'avoir le courage politique de faire payer les industries et personnes prospères. De toute évidence, le courage n'a pas été au rendez-vous aujourd'hui. »
Les propositions de Québec solidaire sont disponibles sur le site couragepolitique.org



