Commission des affaires sociales : La Fondation Chagnon refuse de venir s’expliquer

Québec, le 8 avril 2009 - Devant le refus de la Fondation André et Lucie Chagnon de participer aux travaux de la Commission des affaires sociales, le député Amir Khadir voit aujourd'hui ses craintes renforcées. Visiblement, la Fondation entend n'en faire qu'à sa tête, ce qui ne rassure en rien Québec solidaire.

 

Fin de non recevoir de la Fondation

 

«Malgré des invitations formulées par les membres de la Commission des affaires sociales, la Fondation Chagnon n'a pas voulu se présenter devant les députés pour répondre à des critiques quant au pouvoir démesuré qui serait octroyé à une fondation privée dans la gestion de fonds publics.» Rappelons que les projets de lois 6 et 7 ont su créer un malaise quasi-unanime auprès des groupes sociaux en instituant deux fonds totalisant 60 millions de dollars par année pour des objectifs très nobles : l'appui aux proches aidant des personnes âgées et le soutien à la jeune enfance.

 

Suite aux travaux de la Commission qui se terminent aujourd'hui, le public n'est pas rassuré au niveau de la transparence et de l'imputabilité dans la gestion de ces fonds. Au-delà des objectifs poursuivis par ces Fonds et par la Fondation Lucie et André Chagnon, il faut s'assurer que la composition des conseil d'administration soit équitable.

 

Selon le député Khadir, «dans un contexte où les fonds manquent cruellement au sein des réseaux de santé et d'éducation ainsi que dans le secteur communautaire, il faut s'assurer que les nouvelles sommes débloquées s'inscrivent dans un plan d'ensemble dont le public a le contrôle. »

 

La conclusion logique de ces consultations dont était absent un acteur majeur pousse le député Khadir à la plus grande prudence et l'incite à demander un moratoire sur la création de nouveaux fonds. «Il est impératif d'effectuer une évaluation rigoureuse des retombées réelles et de l'implantation concrète de programmes comme Québec en forme», un programme également cofinancé par la Fondation Chagnon.

 

De la constance dans l'incohérence fiscale

 

Alors que le récent discours du budget du gouvernement Charest se targuait de déployer des efforts pour mettre fin à des « pratiques fiscales agressives (PFA), il est pour le moins contradictoire d'aujourd'hui donner toute marge de manœuvre à la Fondation de Lucie et André Chagnon.» La création de la Fondation Chagnon en est un exemple caricatural de PFA. Avec l'appui des gouvernements, ce sont plus d'un milliard de dollars de recettes fiscales qui se sont envolés et dont l'utilisation est aujourd'hui discutée en l'absence des principaux intéressés.