Haïti : Québec solidaire plaide pour une reconstruction axée sur le développement durable et la solidarité

Montréal, le 24 janvier - À la veille de la rencontre préparatoire sur la reconstruction d'Haïti qui aura lieu à Montréal, Québec solidaire souhaite que les discussions se tiennent dans le respect intégral de la souveraineté du peuple haïtien et de ses institutions politiques. Pour le député de Mercier Amir Khadir, « profiter de la faiblesse actuelle d'Haïti pour enlever des mains de son peuple le contrôle de ses institutions politiques relèverait du plus pur cynisme. Haïti a déjà trop souvent par le passé goûté à la mauvaise médecine de l'occupation militaire et politique : la vigilance est de mise pour ça ne se reproduise plus jamais. » Québec solidaire estime en outre que la pleine souveraineté d'Haïti passe entre autres par l'annulation de sa dette extérieure. « Les pays donateurs doivent s'entendre pour annuler ce fardeau supplémentaire sur les épaules du peuple haïtien. De plus, les dons effectués ne doivent pas venir alourdir la dette. Ce sont des dons, pas des prêts », d'ajouter la présidente et porte-parole de Québec solidaire Françoise David.

Amir Khadir critique l'attitude fermée et dogmatique du gouvernement fédéral qui refuse toujours d'assouplir les critères de réunification des familles. « Le gouvernement Harper devrait prendre exemple sur le gouvernement du Québec qui vient d'élargir les catégories de personnes admissibles à la réunification familiale. M. Harper fait preuve encore une fois d'un manque total d'empathie dans un dossier sensible. Nous invitons M. Charest à maintenir la pression sur son homologue fédéral pour qu'il procède à un élargissement de sa définition de « famille » et à une accélération de l'étude des dossiers. »

Pour une reconstruction durable

Alimenté par la réflexion de plusieurs citoyens et citoyennes d'origine haïtienne, proches des organisations non-gouvernementales sur le terrain, Québec solidaire formule quelques propositions pour la reconstruction. Tout d'abord, la reconstruction qui viendra doit s'appuyer sur les organismes de la société civile haïtienne et les ONG locales. Elle devra également faire une large place à une réforme agraire, au reboisement des forêts, à l'établissement d'un système d'éducation et de santé publics et gratuits, à des entreprises publiques et coopératives et à une hausse du salaire minimum. Pour la reconstruction de Port-au-Prince, il est essentiel qu'elle se fasse en tenant compte des exigences environnementales et de la nature du terrain, en accord avec la population. Par surcroit, il est primordial de soutenir les efforts des groupes de femmes qui aident celles-ci à lutter contre les violences dont elles sont l'objet, tout particulièrement en temps de crise. « Soutenir les Haïtiennes, c'est soutenir celles qui sont les principales et souvent les seules soutiens des familles dévastées », d'invoquer Françoise David.

« À l'instar de nombreux citoyens et citoyennes d'origine haïtienne, nous souhaitons que la tragédie qu'a vécu Haïti puisse au moins servir à reconstruire le pays sur de nouvelles bases solides, axées sur le développement durable et la solidarité », de conclure Amir Khadir.