Hydro-Québec doit refaire ses devoirs
Audiences sur le Plan stratégique 2009-2013 d’Hydro-Québec
« Hydro-Québec doit refaire ses devoirs.
Il nous faut un plan stratégique digne du 21e siècle.» – Amir Khadir
Québec, le 6 octobre 2009. « Le plan stratégique d’Hydro-Québec démontre aujourd’hui l’absence de vision d’avenir et de perspective écologique du gouvernement Charest. Ce qu’on nous présente aujourd’hui, c’est un plan de communication qui masque bien mal un plan de match digne des années 1960. Le castor aura beau être vert, il demeure un castor.» Pour le député Amir Khadir, il est inacceptable qu’Hydro-Québec amorce des chantiers hydroélectriques pharaoniques alors que le Québec se trouvera en surplus d’énergie jusqu’en 2017.
Un moratoire sur les méga-barrages et les hausses de tarifs
Hydro-Québec répond aujourd’hui à une commande politique, celle du plan Nord du Parti libéral et le harnachement des dernières grandes rivières intactes du Québec. «Les nouveaux mégawatts contribueront à endetter Hydro-Québec et à produire de l’énergie à des coûts faramineux. Il est scandaleux qu’on poursuive sur la voie du nucléaire et que toutes les rivières soient dans la mire, notamment la Magpie et Petit-Mécatina. À qui profiteront ces projets de béton ?»
Devant l’irrationalité économique du plan stratégique, les éluEs de l’Assemblée nationale sont en droit d’avoir l’heure juste. «Le Vérificateur général serait à même de jeter un éclairage sur les zones d’ombres de certains scandales, notamment les appels d’offres faits à prix d’or dans l’éolien et les mini-centrales ainsi qu’au niveau des contrats d’approvisionnement industriel qui sont blindés.» Tant que la situation ne sera pas claire, un moratoire est nécessaire sur les
méga-projets de barrages qui appartiennent à un autre siècle.
Le Plan stratégique démontre que les nouvelles hausses de tarifs sont non seulement inacceptables mais aussi injustifiables. «Ces hausses viseraient à compenser pour la perte de rentabilité causée par de mauvaises décisions. Le coût moyen de production de l’électricité demeure à 2,17 ¢ du kWh. Les hausses visent à payer pour les pertes de revenus causées par les nouveaux barrages et pour Gentilly II.»
Contrairement au Parti québécois, le député de Mercier ne pense pas qu’obtenir la tête du PDG d’Hydro-Québec réglera la question. Pour aller à la racine du problème, il faut renverser les décisions de Lucien Bouchard qui a séparé Hydro-Québec en divisions. «Ces réformes ont mis la table pour le gâchis actuel. Les appels d’offres imposés à Hydro-Québec Distribution appauvrissent la classe moyenne, les plus pauvres et les PME.» Le député Amir Khadir annonce son intention de déposer des projets de loi qui feront le ménage chez Hydro-Québec.
Une occasion historique manquée
Dans le contexte d’un surplus de capacité de production, le Québec manque la chance historique d’un virage vers un développement durable. Le plan stratégique démontre qu’aucune mesure concrète additionnelle n’est prévue. «Le Québec est loin des investissements prévus en Europe ou aux États-Unis en énergies alternatives. Si on veut créer des emplois durables qui restent plus longtemps que la durée d’un chantier, Hydro-Québec doit être le maître d’œuvre d’un développement ordonné des filières géothermiques, éoliennes et solaires.»




