Le dépotoir de Lachenaie met la santé de la population en danger selon Amir Khadir
Québec solidaire déplore le feu vert donné par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour la poursuite des activités du dépotoir de Lachenaie jusqu'en 2012. Malgré qu'il y ait lieu de se réjouir du refus du BAPE d'autoriser le gigantesque projet d'agrandissement du dépotoir de Lachenaie, Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire, s'inquiète que le BAPE n'ait pas tenu compte des dangers que pouvait représenter l'état actuel de ce site d'enfouissement pour la santé des riverains. Le BAPE estime le dépotoir de Lachenaie est un mal nécessaire. Pourtant, le site d'enfouissement initial deLachenaie est déjà saturé depuis mai 2008.
En 2003, le BAPE estimait qu'une analyse de risques, notamment « de l'exposition chronique aux composés cancérigènes et non cancérigènes issus du (dépotoir) actuel et du projet d'agrandissement » constituait un préalable à l'autorisation de l'agrandissement de ce site d'enfouissement. Or, des biogaz dangereux dont une vingtaine de composés organiques volatils et 6 composés de soufres réduits ont été détectés au site de Lachenaie.
« Une synthèse récente de ce qui a été publié sur les sites d'enfouissement entre 1980 et 1998 indique une augmentation des problèmes de reproduction, des cancers et de la prévalence de symptômes tels que la fatigue, l'insomnie et les maux de tête chez les personnes résidant à proximité des dépotoirs », s'inquiète le docteur Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire.
Le dépotoir de Lachenaie ne fait pas exception. En 2006 on y a enregistré des concentrations très élevées de chlorure de vinyle, de dichloroéthylène, de tétrachloroéthylène et de trichloroéthylène, tous reconnus comme très nocifs pour la santé, proportionnels aux doses d'exposition. Le Guide canadien d'évaluation des incidences sur la santé (Tome 4 - Impacts sur la santé par secteur industriel), publié par Santé Canada en 2004, a inscrit le benzène, le dichlorométhane et le trichloroéthylène comme substances toxiques dans la liste prioritaire annexée à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, en raison de leurs risques pour la santé humaine.
« De façon irresponsable le gouvernement a décrété d'urgence l'agrandissement du site en avril dernier, alors que de nombreux experts ont insisté devant le BAPE que conformément à la toute dernière recommandation de l'Organisation mondiale de la santé, le devoir de précaution s'impose en matière de gestion des matières résiduelles et des sites d'enfouissement quand il s'agit de juger de l'impact sur la santé des populations. Il faut que le ministre de la Santé intervienne pour mettre fin à toute agrandissement du dépotoir. Il offrirait ainsi à son gouvernement l'opportunité d'agir de manière responsable pour chercher une alternative au statu quo », propose Amir Khadir.
Québec solidaire, propose une meilleure gestion des matières résiduelles. « Il faut nous sortir du piège qui consiste à continuer à faire ce qu'on fait encore trop dans des grandes villes comme Montréal et Laval, c'est-à-dire une gestion irresponsable des déchets. Si Victoriaville, si Coaticook, si des centaines de villes au Québec font des efforts pour atteindre l'objectif de 60% de recyclage des matières résiduelles, pourquoi Montréal et Laval ne pourraient pas le faire? », s'interroge le porte-parole de Québec solidaire.

