Le sommet de Copenhague est un échec
N. B. : Le texte de réflexion suivant a été produit par la Commission thématique environnement et énergie.
Le sommet de Copenhague est un échec, aucun engagement à la mesure de l'urgence climatique n'y a été pris. Même les dirigeants européens, qui se présentent souvent comme les défenseurs du climat, n'ont pas été à la hauteur du défi. Le climat n'est pas une banque, ni une multinationale de l'automobile, il ne bénéficiera donc pas du même intérêt. Un texte de trois pages, discuté en petit comité sans respecter le processus de travail des Nations unies, a été imposé à la hâte par un petit comité restreint (États-Unis, la Chine, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud). Si le texte, qui ne comprend aucun engagement contraignant et aucune réelle garantie de financement pour les pays les plus pauvres, n'a pas suscité d'enthousiasme, peu de pays s'y sont ouvertement opposés, il nous est donc présenté comme un accord, pas véritablement ratifié , mais pas non plus rejeté.
Seuls la Bolivie, Cuba et le Venezuela osent condamner fermement cet « Accord ». Evo Morales, dans un discours retentissant prononcé lors du sommet de Copenhague a asséné que « la vraie cause des changements climatiques est le système capitaliste. Si nous voulons sauver la terre, il nous faut alors mettre fin à ce modèle économique ». Joignant l'acte à la parole, le président bolivien à lancé quelque jours plus tard une invitation aux mouvements sociaux et populaires de la planète à se joindre à lui lors d'une «Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la " Terre-Mère " » qui aurait lieu à Cochabamba en Bolivie du 19 au 22 avril 2010 (http://cmpcc.org/). L'objectif de ce sommet alternatif serait d'analyser les causes profondes du changement climatique et de définir des stratégies d’action et de mobilisation pour défendre « la vie et la terre ». En plus d'un texte final, qui devrait proposer des engagements à la hauteur du défi climatique, il sera discuté de la possibilité d'un « référendum mondial » sur les objectifs à se fixer pour lutter contre le changement de climat.
Si « l'Accord » de Copenhague reconnaît la nécessité de maintenir le réchauffement global en dessous de deux degrés centigrades, il n'est pas contraignant sur la manière de le faire et laisse à chaque pays l'initiative des mesures, gageons qu'elles reposeront essentiellement sur des mécanismes de marché, les mêmes qui ont montré leur inefficacité face à la crise financière.


