Projet de loi 78 modifiant la loi électorale : « D’une timidité scandaleuse », Françoise David
N.B. : La deuxième partie de la conférence de presse peut être visionnée ici.
Québec, le 9 mars - Dans le cadre de son passage devant la Commission des institutions, la porte-parole et présidente de Québec solidaire Françoise David, accompagnée de Stéphane Lessard, membre du comité de coordination national, a critiqué sévèrement le projet de loi 78, modifiant la loi électorale.
« Après la litanie d'allégations de corruption et de collusion qui se sont succédées au cours des derniers mois et après 30 ans de tergiversations sur le nécessaire changement du mode de scrutin, il est scandaleux de constater que ce gouvernement n'a que ce maigre projet de loi à soumettre à la population, s'est indignée Françoise David. Qui plus est, le gouvernement Charest mêle cyniquement dans un même projet de loi la question du financement des partis politiques aux questions de représentation électorale. Avec ce type de stratégie à courte vue visant à noyer le poisson, pas étonnant que la population soit excédée par le comportement de ses élus. Le gouvernement doit absolument scinder le projet de loi en deux parties bien distinctes. »
Dans son état actuel, le projet de loi 78 n'apporte aucune réponse à la désaffection des citoyens et des citoyennes à l'égard de la politique. De plus, le PL78 ne résout en rien le manque de représentativité du système électoral actuel, en plus d'accentuer les disproportions de représentation entre les régions, diminuant ainsi d'autant le poids politique de celles-ci. En conférence de presse, le député de Mercier a indiqué que « la seule façon de s'assurer que chaque vote compte enfin et que le poids politique des régions ne soit pas affaibli davantage, c'est de changer le mode de scrutin actuel. Le gouvernement a le devoir moral d'aller dans ce sens, lui qui s'est engagé - en votant unanimement une motion à cet effet - avec tous les autres députés de l'Assemblée nationale à favoriser le pluralisme politique. »
Financement des partis politiques : le PL 78 ne répond pas aux attentes
« Après toutes les révélations des derniers mois, il nous apparaît évident que l'esprit de la loi sur le financement des partis politiques est bafoué à tous vents par des firmes de génie-conseil et de grosses firmes en tous genres, en vue d'obtenir de juteux contrats, a indiqué Françoise David. Les lapsus de trois importants ministres du gouvernement Charest, qui ont laissé entendre que le financement des partis politiques par les entreprises serait légal, sont en ce sens révélateurs. Ici comme ailleurs, le projet de loi 78 ne répond pas aux attentes. »
Québec solidaire propose trois mesures pour bonifier cet aspect du projet de loi 78, à savoir :
- réduire la contribution maximale à un parti politique à 500$ par électeur-trice, afin de diminuer les risques d'influences occultes ;
- augmenter le financement public à 1.50$ par vote et instaurer des mesures incitatives pour favoriser une plus grande représentation des femmes et des communautés culturelles ;
- geler les dépenses électorales à leur niveau maximal actuel, afin de réduire les pressions sur les partis politiques d'amasser des sommes astronomiques en vue des élections.
« Pour Québec solidaire, il est impératif que le financement des partis politiques demeure à la fois populaire et public. N'en déplaise à Mme Boulet, à M. Macmillan et à Mme Courchesne : pas question de permettre aux entreprises de financer directement les partis politiques », a conclu Françoise David.
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