Projet de loi sur les demandes d’accommodements Il faut en faire plus, estime Amir Khadir
Québec, le 24 mars - Amir Khadir, député de Mercier, estime que le projet de loi établissant des balises encadrant les demandes d'accommodement déposé par la ministre de la Justice est trop mince pour assurer l'égalité entre les hommes et les femmes et la laïcité de l'État.
« Il manque à ces balises certaines restrictions pour mieux affirmer le caractère laïque de l'État québécois et pour assurer la protection de l'égalité hommes-femmes au Québec, explique le député solidaire. Afin de préserver l'image de neutralité de l'État en matière religieuse, il est raisonnable par exemple, d'interdire le port de signes religieux aux détenteurs de postes d'autorité, tels les policiers, juges ou autres agents de la paix. »
« Le gouvernement vient de faire un pas pour baliser les accommodements, qui se résume à interpréter explicitement la notion d'accommodement. C'est mince et ça ne nous dispense pas de l'exercice de nous entendre au Québec sur les principes de la laïcité et d'en définir les applications », ajoute le député de Mercier.
Selon lui, toute intervention qui touche ce sujet sensible doit être empreinte de la plus grande cohérence possible, et c'est précisément là que le bât blesse : « Le gouvernement ne peut pas prétendre respecter la laïcité qui exige la neutralité de l'État et continuer à subventionner les écoles religieuses et confessionnelles privées. »
De plus, pour M. Khadir, le gouvernement doit être plus actif pour assurer l'égalité hommes-femmes lorsque celle-ci est menacée par des intégrismes religieux. À titre d'exemple, il suggère une campagne de sensibilisation et une offre des services de soutien social et juridique pour répondre aux besoins des femmes qui vivent des situations d'oppression découlant des pressions exercées par un milieu familial, communautaire ou religieux contraignant.


