Rendez-vous de la solidarité du ministre Sam Hamad : « C’est bien mal parti ! », Françoise David

 

Montréal, le 15 juin - En marge du Rendez-vous de la solidarité 2009, le député de Mercier Amir Khadir et la porte-parole de Québec solidaire Françoise David ont vivement critiqué le plan d'action de lutte à la pauvreté du ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale Sam Hamad.

 

« Son document de consultation se refuse à opérer le virage nécessaire pour éliminer la pauvreté au Québec, d'indiquer la porte-parole de Québec solidaire Françoise David.  Pourtant, la loi 112, adoptée à l'unanimité par les députés de l'Assemblée nationale en 2002, oblige notamment le gouvernement à réduire les inégalités et à créer un filet de sécurité sociale non seulement pour les familles, mais également pour les personnes seules.  Or, aucune amélioration des revenus des personnes pauvres n'est proposée. Les personnes seules à l'aide sociale ont vu leurs maigres revenus diminuer de 7% entre 2003 et 2008.  Beaucoup d'aînés, surtout des femmes, vivent dans le dénuement : le ministre leur suggère de demeurer au travail plus longtemps! Les personnes pauvres sont souvent malades : le ministre leur propose de développer de saines habitudes alimentaires. Vous avez déjà essayé de manger bio avec un revenu de 600$ par mois? Décidément, cette énième réforme est mal partie! »

 

Françoise David ajoute que le plan Hamad s'inscrit en droite ligne avec les plans présentés au cours des dernières années, autant par des gouvernements du Parti Québécois que du Parti libéral.  « Ce plan s'inscrit dans une longue suite de réformes gouvernementales qui n'ont jamais permis aux citoyennes et citoyens les plus mal pris d'atteindre un niveau de vie décent. Le plan Hamad n'est pas différent des autres plans présentés par le passé, notamment par Pierre Paradis en 1988 et Louise Harel en 1997 : il s'inspire largement lui aussi du                  « workfare », qui vise à accorder le strict minimum aux prestataires, de façon à les forcer à prendre n'importe quel emploi, dans n'importe quelle condition, pour survivre. »

 

Le député de Mercier invite pour sa part le ministre Hamad à « écouter les propositions des mouvements de lutte à la pauvreté : un salaire minimum permettant de sortir de la pauvreté, une réforme des lois du travail pour contrer la précarité des emplois, une hausse des prestations à la Sécurité du revenu permettant d'atteindre la mesure du panier de consommation, un vaste chantier de logements sociaux, un système d'éducation qui instruit et diplôme tous les enfants, des services publics, accessibles partout, une hausse substantielle du supplément au revenu des personnes âgées. Mission impossible? Pas du tout puisque le Québec dispose des ressources nécessaires pour faire vivre décemment tout son monde. Cela exige simplement de réformer la fiscalité pour que les entreprises et contribuables aux revenus élevés partagent leur richesse avec la majorité.

 

« Le ministre Hamad propose des partenariats entre organismes communautaires, élus municipaux et organismes philanthropiques. Doit-on y voir le spectre de la fondation Chagnon? Va-t-elle, une fois de plus, dicter ses priorités ? Il est urgent de remplacer la charité institutionnalisée par des politiques publiques résolues de lutte à la pauvreté et à l'exclusion fondées sur le respect des droits économiques, sociaux et culturels. Le Québec peut et doit agir avec audace et fermeté », de conclure Amir Khadir.