J’ai eu le plaisir de partager une soirée de débat avec madame Viviane Michel, présidente des Femmes autochtones du Québec au Über Cafbar lundi dernier. Une soixantaine de personnes- très curieuses- ont participé à cette assemblée publique inédite dans mon comté- Crémazie. Pourquoi? Parce que la lutte des peuples autochtones et le mouvement Idle No more intéressent la population et nous concernent toutes et tous. Madame Michel a évoqué un mouvement initié et dirigé par des femmes, de démocratie à la base, de nécessaires alliances entre les peuples, de respect des droits linguistiques. Une vision du monde qui fait écho à celle partagée par Québec solidaire mais surtout une perspective inspirante, rafraichissante et porteuse d’espoir pour des populations qui vivent les pires discriminations. Cette perspective contraste surtout avec l’arrogance d’un gouvernement conservateur qui est sourd aux aspirations des Premières Nations.

Pour faire une histoire courte, le gouvernement Harper veut faciliter l’exploitation pétrolière pour les grandes compagnies. Il adopte des lois (C-38 et C-45) qui limitent drastiquement le processus de consultation des Premières nations et qui réduisent les protections environnementales pour des milliers de lacs, de rivières et de cours d’eau. La Déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones, signée (à reculons!) par le gouvernement canadien n’est donc pas respectée et la souveraineté des Premières nations complètement ignorée. En plus, des députés conservateurs se permettent de se moquer du mouvement. Le mépris institutionnalisé.

Cette situation ne date pas d’hier. Depuis des décennies, les peuples autochtones du Canada voient leurs droits bafoués par les gouvernements qui se succèdent à Ottawa. La pauvreté mine plusieurs communautés. Soixante mille autochtones n’ont pas accès à une eau potable de qualité.  Plus encore : les nations autochtones attendent toujours de véritables négociations sur les terres qu’elles jugent leur appartenir de plein droit ou à partager avec les autres occupants du territoire canadien. Saviez-vous que même si les autochtones ne représentent que 2% de la population civile, ils représentent 20% de la population carcérale. Ces faits sont révoltants et permettent de comprendre les racines du mouvement Idle No More.

Pour contrer l’injustice : un dialogue de Nation à Nation

Face à ces injustices, Viviane Michel et les femmes autochtones insufflent une lueur d’espoir. Les luttes de ces femmes appellent à une solidarité sans borne.  Le peuple québécois ne peut refuser aux autres peuples ce qu’il revendique pour lui-même. Si son existence même, comme peuple, lui confère le plein droit à l’autodétermination, la même chose devrait s’appliquer dans le cas des peuples autochtones. Il ne s’agit pas là d’une question de nombre, mais de droit fondamental. C’est la vision de Québec solidaire.

Une telle reconnaissance devra évidemment avoir des répercussions bien concrètes, territoriales et qui permettront de réparer les injustices dont sont toujours victimes les peuples autochtones afin d’assurer leur plein développement social, culturel, économique et politique.

Dans ce processus, le respect de l’environnement devra être central et colorer toute négociation future. Les discussions ne seront assurément pas les mêmes si l’occupation d’un territoire est considérée comme une responsabilité que nous devons partager, autochtones comme non autochtones, plutôt que comme une façon d’exploiter et de marchander des ressources jusqu’à leur épuisement. Les considérations des populations avant celles des multinationales. Voilà une devise dont devrait s’inspirer nos gouvernements.