En réponse aux actions successives du gouvernement péquiste qui s’apprête à propulser le Québec dans un État pétrolier, l’association de la circonscription d’Argenteuil de Québec solidaire dénonce vivement l’incohérence de ce gouvernement en matière de stratégie énergétique.

Lors de l’élection du 4 septembre 2012, le PQ semblait avoir le vent dans les voiles côté environnement et développement durable avec de « grosses pointures»  et ex-militants écologistes dans ses rangs, ce qui était plutôt encourageant pour Québec solidaire et les groupes écologistes, il faut l’avouer! Puis, peu après les élections, les pas de danses ont commencé. Avance, recule, avance, recule et recule, recule…

Un an plus tard, le gouvernement péquiste annonce en grande pompe, sa stratégie d’électrification des transports. Québec solidaire invitait le parti au pouvoir à la cohérence. La réduction de consommation de pétrole et d’émission de gaz à effet de serre serait modeste si la stratégie du gouvernement était trop centrée sur l’automobile et si la transition n’était pas mise en place rapidement.

« L’objectif de la Stratégie d’électrification des transports est de faire du Québec un leader mondial des transports électriques », a déclaré Mme Marois qui, du même coup,  allouait un budget d’un peu plus de 500 millions sur 5 ans. En guise de comparaison, les travaux d’aménagement de la La Phase 1 du projet de la Baie James construite dans les années 70 ont nécessité un investissement de $13,7 milliards sur 13 ans. Ce $13 milliards équivaudrait aujourd’hui à un peu plus de $54 milliards. Peut-on espérer devenir un leader mondial avec de tels investissements ?

Harper et Marois main dans la main.

En janvier 2012, Pauline Marois, alors chef de l’opposition, avait déclaré, sur un ton électoraliste, que le Canada était en train de se transformer en État pétrolier et que le Québec devait aller dans la direction exactement contraire. Aujourd’hui au pouvoir, elle annonce, entre autres, un investissement de 115 millions de dollars d’argent public pour faire de l’exploration pétrolière sur l’Île d’Anticosti dans le but de permettre éventuellement l’exploitation, par fracturation, du pétrole de schiste et du même coup d’en saccager le territoire.

À Anticosti, le gouvernement provincial entrevoit la possibilité d’engranger environ 50 milliards $ sur 30 ans sans toutefois exposer la colonne des dépenses à la population. En exemple, on estime qu’il faudra entre autres, construire 12 000 puits de forage à 10 millions $/puits. Une jolie dépense de 120 milliards $ pour ne récupérer que de 1 à 2 % de pétrole non conventionnel.

Il faut ajouter à ces décisions douteuses toutes les autres mesures politiques mises en place pour favoriser le développement pétrolier. Après la saga des Gaz de schiste du gouvernement libéral, on accueille entre autres et à bras ouverts, la construction d’un oléoduc par Trans Canada Pipeline, la promotion des sables bitumineux par le gouvernement canadien, Old Harry et l’inversion de l’oléoduc de la ligne 9b d’Enbridge qui concerne directement St-André d’Argenteuil et Mirabel.

Plutôt que de penser faire fortune avec la course folle à l’or noir, Québec solidaire propose des alternatives par une série de mesures concrètes et réalistes afin de récupérer les sommes d’argent dont nous avons grand besoin pour l’éducation, la santé, la lutte à la pauvreté, etc.

Par exemple :

  • mettre fin aux cadeaux fiscaux (800 millions $ par année)
  • taxer le capital des entreprises financières (600 millions $ par année)
  • instaurer une politique d’achat groupé de médicaments (économie de 1,5 milliard $ / an)

Québec solidaire invite le gouvernement du Parti québécois à la cohérence et à cesser de défaire d’une main ce qui est fait de l’autre.