La double mission de Bill Ninacs aux élections

Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Lors du déclenchement des élections, Bill Ninacs avait annoncé qu'il n'avait pas l'intention de se représenter en tant que candidat de Québec solidaire dans la circonscription d'Arthabaska. Il a changé d'idées pour deux raisons.

Désabusé par la tenue d'élections prématurées et victime d'une santé fragile, l'homme handicapé et reconnu pour son implication dans le milieu communautaire avait écarté l'offre de son parti de redevenir candidat jusqu'à ce qu'il croise le chemin de Marianne Morin, une autre handicapée, qui lui a témoigné à quel point elle était fière de ce qu'il avait accompli lors des élections de 2007.

«C'est à ce moment que je me suis dit que, si je ne le faisais pas pour moi, je devais le faire pour les personnes handicapées. Je veux démontrer que nous sommes en mesure de faire autre chose que des loisirs. Je veux donner aux autres personnes atteintes de handicaps le goût de se dépasser et leur montrer que tout est possible», a-t-il indiqué.

Ninacs ne se met pas de «lunettes roses», il ne s'attend pas à être élu député. Il espère toutefois être en mesure de mieux faire passer son message, un message qui n'est pas nécessairement identique à celui de Québec solidaire, même s'il s'agit du parti qui représente le mieux sa façon de penser.

Selon Bill Ninacs, l'enjeu le plus crucial des élections de 2008 est la démocratie. Non seulement le gouvernement Charest n'a-t-il pas respecté la population en enclenchant un scrutin qui n'était pas désiré, mais il a aussi désabusé une majorité de Québécois.

«Plusieurs n'iront pas voter, ce qui est la caractérisation d'une manifestation de perte d'espoir envers la démocratie. Le plus inquiétant c'est que d'autres iront voter, non pas par conviction, mais pour s'assurer que le gouvernement soit majoritaire», dit-il.

«Une majorité permet les bâillons et les coups bas, continue M. Ninacs, on en a vu plusieurs au cours des dernières années. Ce n'est pas ce qui est souhaité. Il est plutôt temps de se rassembler et de travailler ensemble peu importe l'allégeance politique.»