Cercles citoyen: Immigration
Cercle citoyen le 9 mai 2009 à Rimouski
Thème 3. Comment concevoir l'intégration des personnes issues de l'immigration?
Déroulement : Présentation de Madame Mahnaz Fozi, directrice de l'organisme Accueil et immigration Bas Saint-Laurent, un échange suit pour permettre de dégager les éléments de constat. Nous traitons de l'immigration en région, une réalité fort différente de ce qui se vit dans les grands centres. (9 personnes participantes)
En région, nous avons une expérience assez récente de l'immigration, soit environ 20 ans, pour une population immigrante de 0.3 %. Il fut un temps où le gouvernement voulait régionaliser l'immigration. Cependant, les mesures n'ont pas été ajustées à la réalité des régions. Nous pouvons constater que si ce n'est pas un échec, le processus, quoique stable, demeure lent et il y a un manque sérieux de ressources financières.
Constat 1 : Manque de ressources financières en général pour favoriser l'intégration des immigrants.
Les fonds d'aide manquent, car le territoire est vaste et les ressources de base manquent, comme par exemple les services de traduction dans les centres de santé ou les services gouvernementaux qui sont la plupart du temps absents.
Constat 2 : Problématique de traduction dans les services - les bénévoles ne suffisent pas en région et les centres de santé disent ne pas avoir les fonds nécessaires pour financer des traducteurs.
Il faut assouplir les règlements des différents programmes d'aide à l'intégration des immigrants. Nous pensons par exemple au nombre minimal de participants qui ne peut être atteint en région. (Ex : Avoir 19 personnes, c'est impossible en région. Nous ne pouvons donc pas ouvrir une classe de francisation.)
Constat 3 : Assouplissement des programmes et des normes selon les réalités des régions.
Le travail est souvent le premier lieu réel d'intégration dans une société. La réalité du travail devrait être la même chez les personnes immigrantes, à compétence égale avec les autres citoyens. Pourtant, le taux de chômage est trois fois plus élevé chez les immigrants. Cette réalité se vérifie même chez la nouvelle génération des jeunes qui ont toujours vécu ici. Nous avons en région besoin de main d'œuvre et l'immigration apporte une solution si elle est soutenue. Les démarches pour démontrer cela auprès des employeurs se fait ici avec AIBSL mais, encore là, les ressources manquent pour développer ce champ d'action.
Constat 4 : Droit de travailler chez les immigrants et leurs enfants - davantage de programmes de sensibilisation auprès des employeurs.
Avec les ordres professionnels, l'immigrant doit être membre pour travailler. Plus l'ordre est prestigieux, plus c'est difficile pour l'immigrant (en médecine, par exemple).
Celui-ci doit souvent reprendre ses études à la base (le CEGEP, par exemple). Il arrive souvent qu'une fois cette étape franchie, on demande de l'expérience au Québec, puis d'autres obstacles se mettent en place. Comme les exigences ne sont pas claires au départ, il y a beaucoup de désillusion. L'immigrant aurait pris d'autres décisions si tout cela avait été clair. Certaines personnes ne seraient pas venues au Canada. Beaucoup de messages sont contradictoires dans les faits.
Il y a des étapes justifiables (devoir posséder les compétences, par exemple), mais il n'est pas justifiable de toujours mettre des barrières qui apparaissent soudainement à chaque étape.
Constat 5 : Clarification des attentes de la société québécoise dans le domaine de la formation et de la reconnaissance des acquis pour les immigrants, particulièrement dans les domaines où il existe des ordres professionnels.
La question du rejet au primaire s'accentue parfois au secondaire, ce qui favorise la montée de l'intégrisme chez certains jeunes ou, du moins, beaucoup de frustration. C'est un échec de la société d'accueil, car le jeune n'a pas réussi à s'y identifier. Malheureusement, les écoles ne croient pas toujours nécessaire d'agir dans ce domaine, les jeunes immigrants étant peu nombreux.
Constat 6 : Davantage de mesures de sensibilisation dans les écoles en région.
Garderies : L'accès est encore plus difficile pour les immigrants car ils ne sont pas sur des listes depuis longtemps.
De plus, ils n'ont pas de famille élargie qui peuvent aider à garder les enfants.
Il en va de même pour le logement.
Constat 7 : Garderie et logement plus difficile pour les immigrants en région - besoin de mesures de soutien.
Conclusion :
Nous devons constater que les normes sont établies en fonction des grands centres, à partir de leur réalité immigrante dont la population est beaucoup plus nombreuse. Il est donc plus difficile d'offrir les services en région. Par contre, les immigrants n'étant pas assez nombreux pour constituer une communauté à part comme dans les grands centres, il est plus facile de s'intégrer socialement et économiquement en région.
Dans notre région, nous sommes les premiers à avoir mis sur pied une politique d'accueil, une réflexion pour les acteurs sociopolitiques, qui fut adoptée par la MRC. C'est une première au Québec grâce à l'organisme Accueil et Immigration BSL.
http://aibsl.org/rubriques/documentation/politique-air-mrc-rimouski-neigette (Politique en ligne)


