Cri d'alarme au nom du covoiturage

Artcle paru dans l'hebdomadaire  L'Oeil Régional - Édition du 5 novembre 2005

 

Journaliste : Catherine Bachaalani

Julie Raby, une résidante d'Otterburn Park, mère de deux enfants, travaille de 9 h à 17 h et doit faire quotidiennement le trajet vers Montréal, aller-retour. Cet itinéraire, elle le fait seule, au volant de sa voiture, comme les milliers de personnes qui partagent la route avec elle. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé de rechercher une personne avec qui covoiturer. "J'ai placé des annonces dans les commerces autour de chez moi et je me suis inscrite sur quatre sites de covoiturage. Pourtant, depuis un an, rien ne bouge. Je vais bientôt afficher des annonces dans les abribus", relate-t-elle. Elle est à la fois déçue de ne pas pouvoir préserver l'environnement et de ne pas avoir l'occasion d'économiser sur les coûts de transport.

Résultat : elle cherche toujours! Y a-t-il un manque de volonté? "Je crois que le covoiturage, ça vient chercher les gens dans leur liberté et leur autonomie..."

Il y a un an presque jour pour jour, Julie Raby écrivait, dans le courrier des lecteurs de L'Œil Régional : "Je suis frustrée d'encourager l'industrie automobile et d'engager d'autres dépenses alors que nous sommes aussi nombreux à nous rendre tous les jours sur l'île, seuls dans notre petit confort." Depuis, elle n'a eu aucune réponse aux annonces qu'elle a publiées sur des sites Internet (www.toutmontreal.com, le site du ministère des Transports, etc.), même si elle y était inscrite en tant que transporteur et en tant que passager. "Le train de banlieue est intéressant, mais il ne répond pas à tous les besoins. Il m'en coûterait plus cher que la voiture. De plus, le soir, en arrivant, il arrive qu'on rate l'autobus local pour se rendre à la maison. Ça ne me dérange pas de marcher, mais pas lorsqu'il faut aller chercher les enfants! Je suis sûre que je ne suis pas la seule dans ce cas." Au sujet de l'autobus qui se rend jusqu'à Longueuil, Mme Raby constate qu'il ne s'agit pas d'une formule idéale, puisque le trajet est long.

"Alors que l'organisme Équiterre lance son opération "Cocktail transport" pour développer des solutions de rechange à la voiture solo, est-ce que notre région peut entreprendre des actions? Il y a énormément de gens qui vont chaque jour à Montréal. Et les questions environnementales rejoignent les valeurs des gens", rappelle-t-elle.