Discours d'Alex Noël pour le lancement de campagne dans Trois-Rivières
Dimanche le 9 novembre 2008 - TROIS-RIVIÈRES - Devant les militants de Québec solidaire en Mauricie, en avant-midi, lors du brunch de lancement. Et devant les médias sur le campus de l'université du Québec à Trois-Rivières en après-midi.
Discours de lancement de campagne d'Alex Noël dans Trois-Rivières
145 000 personnes ont votées pour Québec solidaires aux dernières élections alors que le parti était fondé depuis à peine un an.
Si nous sommes ici aujourd'hui c'est parce que nous avons raison de croire que c'est encore possible, en 2008, de faire de la politique autrement. À Québec solidaire nous pensons qu'il est urgent d'agir immédiatement en matière de justice et d'économie sociale, d'environnement et de développement régionale et durable.
Premièrement, j'aimerais aussi remercier les 4 000 personnes qui ont votées pour nous en Mauricie lors des dernières élections. Nous revenons en force pour la campagne de 2008. Grâce à leur soutien notre organisation et notre financement sont meilleurs cette fois-ci. Il est important de savoir que chaque vote que vous donnez à un parti lui donne un financement de 55¢ par année. Cet argent permet aux petits partis de se construire et de devenir de grands partis.
J'invite donc les gens qui ne savent pas pour qui voter, les gens qui ne se sentent pas interpellés par le discours remâchés des trois vieux partis à donner la chance à une nouvelle voix de se faire entendre.
Maintenant laissez-moi vous exprimer à quel point je suis fier de représenter Québec solidaire, chez moi, dans la circonscription de Trois-Rivières. Je suis fier d'être d'une région où malgré les coups durs, les gens se tiennent encore debout et prennent conscience de leur potentiel. Je suis vieux de 20 ans j'en suis à ma deuxième campagne électorale. J'aurais pu militer pour un autre parti, mais le pareille au même ne m'intéresse pas. Si je vote et que je me présente pour Québec Solidaire, ce n'est pas par stratégie, c'est parce que le parti est actuellement le seul véhicule de mes valeurs au Québec.
Oui, je suis jeune. En 2007, j'ai même été le plus jeune candidat au Québec et je le suis peut-être encore pour une deuxième élection consécutive. Et bien je suis fier d'être le plus jeune candidat au Québec dans une région où la population est vieillissante et où l'exode des jeunes vers les grands centres menace son avenir. Je n'ai pas peur de me lever debout et d'affronter mes adversaires dans Trois-Rivières parce que les jeunes ont aussi leur place sur la colline parlementaire de Québec tout comme ils ont leur place en Mauricie.
Laisser moi vous prouver ce que les étudiants peuvent faire en politique !
D'élections en élections, il n'y a jamais personne qui écoute les gens de Trois-Rivières. J'aimerais que pour une fois Trois-Rivières sorte gagnante des élections. Que la circonscription soit représentée par quelqu'un qui n'est pas là pour sa carrière, mais par amour, par dévouement.
Mais soyons réalistes, nos chances de former le prochain gouvernement sont minces. Je l'ai dit en 2007 et je le répète, si je me présente c'est par engagement. Je veux une campagne dans le respect et la maturité, où l'on mise sur le contenu et non sur le contenant !
Je vais parler d'exode des jeunes vers les grands centres. Je vais parler de logement et de pauvreté. Je vais parler d'environnement. Et je ne me gênerai pas non plus pour parler de culture.
Au lieu de gaspiller notre temps à s'insulter, gardons notre salive pour les vrais enjeux !
Trois-Rivières est une circonscription où il y a beaucoup de pauvreté et on ne parle jamais des mauvaises de conditions de vie et d'exclusion des gens. Trois-Rivières est une circonscription où il y a beaucoup d'établissements scolaires et on ne parle jamais des étudiantEs.
Ce n'est pas normal.
Cet après-midi, je ferai mon lancement médiatique de campagne devant l'UQTR parce que l'université est le véhicule de notre avenir et que le Québec doit investir dans son avenir ! Ce n'est pas normal qu'on ne s'adresse jamais aux étudiantEs pendant les campagnes électorales. Il faut baisser les frais de scolarité pour permettre à toutes les classes sociales d'avoir accès à une éducation de qualité. Il faut s'attaquer à l'exode des jeunes vers les grands centres. Ça passe par des mesures d'aide aux entreprises sociales. Québec solidaire est pour une économie locale et verte, contre l'abandon des régions. Pour retenir les jeunes en région, il faut développer une qualité de vie, des pistes cyclables, des espaces verts, favoriser la revitalisation du centre-ville. Mais il faut cesser de penser que c'est seulement une question d'économie.
L'exode des jeunes ça passe surtout par la culture !
Les 18-30 ans sont attirés par l'effervescence culturelle des grands centres. En 2004, les régions de Montréal, Laval et de Québec recevaient 81% des investissements en matière de culture. Pourtant leur population ne représentait que 38% de la population totale du Québec. Il faut décentraliser la culture parce que c'est inacceptable que les artistes doivent s'exiler dans les grandes villes pour vivre de leur art. La Mauricie est une région qui a une richesse culturelle et qui a vu naître des artistes comme :
- Gatien Lapointe
- Isabelle Blais
- Pauline Julien
- Madeleine Ferron
- Gérald Godin
- Rita Lafontaine
- Fred Pellerin
- Tricot Machine
- Fabiola Toupin
- Denis Villeneuve
- ET FÉLIX LECLERC !
Il faut être conscient que sans l'apport de Trois-Rivières, notre culture nationale ne serait pas ce qu'elle est, ne serait pas aussi riche. Québec solidaire propose de faire participer les élèves du primaire et du secondaire à des activités culturelles, un filet de protection sociale pour les artistes, plus de budget pour soutenir la création.
Trois-Rivières a longtemps été la capitale du chômage au Canada. Même si la situation économique s'est améliorée, il y a encore beaucoup de pauvreté ici. Il est temps que nos éluEs agissent. Et agir ça veut dire arrêter de jouer au casino avec nos retraites et faire des mesures sociales. Québec Solidaire entend hausser le salaire minimum à 10,20$ de l'heure, favoriser l'économie locale, les entreprises sociales et construire des logements sociaux. Ce n'est pas normal que les normes trop restrictives reliées au loyer médian empêchent les acteurs locaux de construire des logements sociaux dans l'une des circonscriptions les plus démunies du Québec.
Le 8 décembre, lançons un message clair. Le 8 décembre, il faut investir dans notre avenir. Et un Québec qui endette ses étudiants, qui ne luttent pas contre la pauvreté et qui ne fait rien pour respecter les engagements de Kyoto c'est un Québec sans avenir !
Qu'est-ce que la politique ? Pour moi c'est d'arriver à trouver comment tous les citoyenEs vont vivre ensembles. Tous les citoyenEs, ça comprends aussi les étudiantEs et les gens des premiers quartiers. Mais on ne parle jamais d'eux dans les campagnes électorales, on ne les écoute pas. Pourtant ils ont des besoins et des gens compétents qui se démènent pour les exprimer. Maintenant il faut quelqu'un pour les écouter.
Le rôle d'un député c'est de représenter les gens, d'entendre leurs besoins. On ne respecte pas la démocratie quand 3000 citoyens se font voler un référendum sur un emprunt de la ville pour un projet qui concerne leur propre argent. Et que le ministère des affaires municipales fait la sourde oreille. C'est inacceptable. On ne respecte pas la démocratie quand tout un quartier de citoyens signe une pétition pour protéger LEUR boisé et qu'on le rase pour un aréna privé. C'est inacceptable. Ce n'est pas de la vraie démocratie non plus quand les citoyenEs ont seulement leur mot à dire tous les 4 ans et qu'on ne les consulte jamais. La population ne se sent plus interpellée par les vieux partis et leurs discours réchauffés quand presque une personne sur trois dans Trois-Rivières ne va pas voter.
Ce n'est pas normal.
Ce qu'il faut pour le Québec et pour Trois-Rivières c'est de la démocratie participative. Il faut que le prochain député développe des outils pour consulter les citoyens. Il faut interdire les poursuites abusives contre les groupes de citoyens qui sont des atteintes à leur liberté de parole. Il faut encourager l'implication citoyenne, entre autres, en reconnaissant le rôle in-dis-pen-sa-ble des organismes communautaires et leur autonomie.
Pendant la campagne électorale, je m'engage d'être le chien de garde des trifluviens et de remettre les vrais enjeux sur la table. Une chose est certaine, c'est qu'au cours des prochains jours, le plus jeune candidat du Québec n'aura pas la langue dans sa poche !
Le 8 décembre, j'invite les gens qui ne se reconnaissent plus dans les vieux partis, qui ne vont pas voter, j'invite les gens dont on ne tient jamais compte dans les campagnes électorales, les gens qu'on n'écoute pas ; c'est-à-dire les étudiantEs, les gens vivant en situation de pauvreté, les écologistes, les gens du milieu communautaire, les aînéEs, les artistes, les gens en région et les autres à se lever et voter en masse pour dire : C'est assez ! Vous êtes allez trop loin ! À partir du 8 décembre, ici à Trois-Rivières, Nous faisons de la politique autrement !
Alex Noël
Candidat de Québec solidaire dans le comté de Trois-Rivières




