Québec solidaire n’a pas abandonné l’objectif de la souveraineté
Depuis le référendum de 1995, la plupart des souverainistes semblent avoir abandonné l’objectif de convaincre une majorité solide de la population de se rallier à leur projet. Au Parti québécois, on hésite entre promettre de tenir un troisième référendum qu’on ne croit pas vraiment pouvoir gagner et remettre cette échéance aux calendes grecques. Le manifeste pour la souveraineté qu’il vient de produire ne fait que ressasser les arguments qui n’ont pas été suffisants en 1980 ou en 1995 ; rien de neuf ou de bien enthousiasmant.
Certains indépendantistes (dont les membres du Parti indépendantiste) proposent de réaliser la souveraineté à partir d’une simple victoire électorale, ce qui signifie, avec notre mode de scrutin actuel, qu’on n’aurait pas besoin de l’appui de plus de 40% de la population. Cette option est tout simplement irréaliste puisqu’elle ne permettrait pas de créer le rapport de force nécessaire pour obtenir la reconnaissance internationale du nouvel État et briser la résistance du gouvernement fédéral et de ses alliés. Elle est aussi évidemment antidémocratique et repose sur une définition étroite de ce qu’est et de ce que peut devenir la nation Québécoise, de ce « nous » dont parlait Parizeau le soir du référendum.
D’un côté comme de l’autre, on abandonne en pratique le travail politique nécessaire pour convaincre la majorité de la population qu’il est dans son intérêt de faire du Québec un pays. À Québec solidaire, on croit encore pouvoir convaincre cette majorité. Pour ce faire, nos proposons un projet de société emballant incluant des politiques sociales, économiques et écologiques différentes de celles qu’on subit présentement de la part du gouvernement fédéral (et du gouvernement Charest). On met de l’avant des propositions qui visent à améliorer les conditions de vie et de travail de la grande majorité de la population. On propose aussi de remettre entre les mains du peuple la démarche menant à la souveraineté par le biais d’une assemblée élue spécialement pour élaborer un projet de constitution et débattre de la place du Québec dans le monde. C’est cette assemblée constituante qui déciderait du contenu du projet à soumettre à un éventuel référendum, pas un petit comité autour du premier ministre.
En réponse à la vision du « pays comme les autres » du mouvement souverainiste traditionnel, le peuple a répondu qu’on a déjà un pays comme les autres, le Canada. Alors pourquoi faire l’effort d’en créer un nouveau ? À Québec solidaire nous disons : « un autre Québec est possible », un Québec plus démocratique, plus juste, et bien entendu plus solidaire, un Québec qui donne l’exemple au reste du monde de ce qu’on peut faire au 21e siècle pour développer une société à la fois écologique, prospère et égalitaire. Nous croyons que bien des gens qui ne se sont pas sentis interpelés par le discours nationaliste des 40 dernières années, dont beaucoup d’anglo-québécois et de membres de diverses minorités culturelles, sont susceptibles de se rallier à une telle vision de l’avenir du Québec et, ce faisant , de nous donner cette majorité forte dont nous avons besoin pour réaliser notre projet.
Benoit Renaud
Candidat de Québec solidaire dans Chapleau




