La voix du silence au débat des chefs
Le 1er décembre 2008
Article d'André Jacob, votre candidat dans Charlevoix, paru dans le journal Le Devoir, 20 novembre 2008.
Sur les considérations tactiques préparatoires au débat des chefs se greffent des questions beaucoup plus fondamentales. La première : pourquoi madame Pauline Marois et monsieur Jean Charest, vieux routiers de la politique s’il en est depuis une vingtaine d’années, n’acceptent pas de céder la parole à de jeunes partis comme Québec-solidaire (QS) et le Parti vert du Québec (PVQ)? L’ADQ a signifié qu’elle accepterait. La réponse appartient aux partis usés par le pouvoir et par un discours redondant. Ce refus en dit long sur leur conception de la démocratie participative. C’est bien connu, les gens de pouvoir craignent les positions et les questions qui pourraient les faire mal paraître. L’image avant tout, pensent-ils.
Le bâillon imposé à QS et aux PVQ explicite le mépris qu’ils ont des voix alternatives dans la société qu’ils sont sensés gouverner d’une façon démocratique. En coulisse, on entend murmurer qu’il ne s’agit que de groupuscules de rêveurs et d’utopistes décrochés de la réalité. Eux seuls ont le monopole de la vérité sur la vie politique du Québec même s’ils ne proposent plus vraiment de projets de société mobilisateurs. Malgré leur réserve, les deux jeunes partis représentent la voix de quelques centaines de milliers d’électeurs et d’électrices qui n’en peuvent plus du discours politique fait de formules creuses en capsules muettes sur de vrais enjeux sociaux, économiques et culturels comme la lutte à la pauvreté, l’exclusion sociale, le développement régional, l’immigration, l’avenir des forêts et de l’agriculture, la santé, l’éducation, la qualité de l’eau et de l’air, etc.
La deuxième question est tout aussi importante : quelle est leur conception du droit à l’information? Le PLQ et le PQ semblent croire que le droit de promouvoir leurs positions leur est réservé parce qu’ils sont représentés à l’assemblée nationale. Quel argument fallacieux! Ce type de raisonnement ne repose sur aucun fondement sérieux. On dira aussi qu’un débat à cinq serait trop difficile à animer. Pourtant, pendant le débat des chefs lors de la dernière élection fédérale, ils étaient quatre et tout s’est bien passé. Un de plus ne changera rien à la situation. En réalité, ils méprisent d’abord les électeurs et les électrices qui sont capables de discernement quand ils ont en main l’information à laquelle ils ont droit. Il s’agit là d’une question de responsabilité morale des tenants du pouvoir. Une telle approche devrait faire partie de leur trousse d’éthique politique. Partager une tribune publique dans un débat ouvert et transparent ne peut que servir les électeurs et les électrices dans le plus sacré respect de leur le droit à l’information. Le discours des chefs reste trop souvent « tordu». Ils sont devenus des experts de la langue de bois. Il suffit d’écouter attentivement un tant soit peu les pirouettes de madame Jérôme-Forget au sujet du budget pour saisir toute la puissance des libertés qu’elle prend avec les chiffres manipulés à des fins partisanes. Les acrobaties de Jean Charest pour faire porter toute la responsabilité des problèmes des services de santé sur de vieilles tactiques du PQ. On réalise que madame Marois est habile pour faire dévier les débats sur diverses questions. Et que dire des inepties de Mario Dumont sur l’enseignement de l’éthique et la culture religieuse.
Enfin, pourquoi ne pas apporter un peu de sérieux et de profondeur au débat politique actuel? Beaucoup de gens en ont marre du « radotage » et des vulgaires accusations réciproques. Ça fait quelques décennies que les mêmes acteurs politiques (Charest, Dumont, Marois) font tourner leur disque usé. Ça suffit! À l’ère de la politique moderne, les approches alternatives méritent d’enrichir le débat, tout particulièrement au sujet des enjeux cruciaux comme la protection de l’environnement, la conciliation travail-famille, la question nationale, le développement des services de santé, les solutions à la crise économique et toutes les autres questions qui préoccupent les citoyens et les citoyennes.
André Jacob
Candidat – Québec solidaire
Circonscription de Charlevoix
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