M. Charest n’est pas le héros de nos intérêts économiques que l’on croit…

Le dernier sondage publié hier par Léger-marketing révèle que les Québecois et les Québécoises considèrent Jean Charest comme le meilleur gestionnaire de l’économie en crise. D’ailleurs, opportuniste, monsieur Charest a déclenché des élections en jouant cette fausse carte. Le résultat des sondages m’étonne et soulève bien des questions. J’ai de la difficulté à comprendre cet engouement pour un chef qui pense d’abord aux intérêts des entreprises. Voilà un bien curieux paradoxe! Pourquoi le considère-t-on comme le héros de l’économie? L’explication n’est pas facile. Sommes-nous devenus aveugles? Serions-nous obnubilés par les discours enflammés de Jean Charest qui le font paraître crédible? Pourtant, chaque jour, il ne parle que de grands chantiers en béton  (autoroutes, barrages, hôpitaux, etc.)? La plupart des propositions libérales parlent d’abord d’investissement dans des infrastructures matérielles. Il en faut, bien sûr, mais d’autres mesures sont aussi nécessaires. Par contre, le PLQ fait rarement référence aux difficultés des gens au quotidien. Le PLQ ne parle jamais de la lutte à la pauvreté. En situation de crise financière et économique, c’est pourtant un enjeu majeur. Que dit-il sur la perte du pouvoir d’achat des gagne-petits? Rien. Que dit-il sur les pertes de revenus pour les personnes retraitées qui voient leurs économies s’envoler en fumée? Rien.

Dans l’ensemble des politiques libérales depuis 2003, on ne voit pas beaucoup de solutions originales aux problèmes économiques. Bien au contraire, l’équipe de Jean Charest a adopté une position plutôt conservatrice fondée sur le credo néo-libéral qui dit à peu près ceci : laisser faire le marché, il va se discipliner et il va trouver des solutions aux problèmes sociaux. La crise financière et économique actuelle illustre très bien dans quel fiasco cela nous conduit… Alors, que proposent les libéraux au plan économique? Ce n’est pas très clair. Ils tournent autour du pot, endorment les électeurs et les électrices, présentent une belle image et nous achetons leurs slogans creux comme des vérités. Surprenant! Que proposent-ils, par exemple, au plan de l’exploitation de nos ressources naturelles comme l’eau, la forêt, les mines? Qu’apportent-ils de neuf au développement agricole? Au développement touristique? Au développement culturel? À vrai dire, rien de nouveau.

Dans les plans des libéraux, on ne voit rien qui prévoit un meilleur contrôle des organismes financiers. Comment le PLQ peut-il prétendre être le meilleur défenseur de nos intérêts quand il n’a rien à proposer suite au scandale de Norbourg? Comment compte-t-il donner plus de dents à l’Autorité des marchés financiers?

Au plan de la gestion des services publics, le PLQ a cessé de parler de « réingéniérie » de l’État quand il a constaté que le terme n’était pas très populaire, mais il a poursuivi son œuvre de sape des services publics fondés sur la justice sociale en se dotant d’une arme de destruction massive, l’agence de partenariat-public-privé (PPP). Personne ne connaît encore les vrais résultats de cette pratique, pourtant monsieur Charest répète sans cesse que les ppp font économiser à l’État québécois. Rien n’est moins sûr. Au contraire. Il faut abolir cette agence au plus vite avant que ce gouvernement achève de vilipender les acquis au plan des droits sociaux et économiques en ouvrant toute grande la porte aux multinationales voraces des assurances et des services de santé. La maladie n’est pas une marchandise, mais un risque. Pourtant, des gens croient encore le PLQ quand il fait miroiter que le secteur privé va régler les problèmes d’accès aux services et contribuer à désengorger les services d’urgence. Voilà un autre miroir aux alouettes! Le secteur privé veut s’accaparer les secteurs rentables et compter sur les gens capables de se payer des assurances privées pour bénéficier de leurs services. Considérant, par exemple, les coûts exorbitants des services de santé aux Etats-Unis et les coûts des services dentaires ici, au Québec, des gens doivent s’endetter pour payer de tels services. Est-ce cela que nous voulons comme projet de société? Non. Est-ce cela la meilleure gestion de nos intérêts? Non.

Dans d’autres secteurs, le PLQ nous enfonce de gigantesques projets dans la gorge sous prétexte de développement. D’une façon pas très transparente ni très démocratique, il force la mise en œuvre de grands chantiers risqués comme la méga-centrale du Grand-Nord sur la rivière Romaine, le projet du port méthanier Rabaska, en face de Québec, le développement de centrales privées sur diverses rivières, par exemple, la rivière Batiscan.

En outre, ce gouvernement a refusé les projets coopératifs régionaux de développement des éoliennes et a laissé filer cette industrie entre les mains de grandes compagnies venues de l’extérieur du Québec. Il fait la même chose avec la construction d’autoroutes à péages (le pont de la 25 et l’autoroute 30 dans la région de Montréal). Il est temps de l’arrêter avant qu’il finisse de vendre le Québec au complet  à des intérêts étrangers. Arrêtez cet homme au plus vite! Ne votez surtout pas libéral!

De nouveaux dirigeants pourraient apporter des idées novatrices. Quant aux deux autres chefs, madame Marois et monsieur Dumont, ils n’apportent pas plus de perspectives stimulantes. Nous les entendons depuis 20 ans. Personnellement, mon choix est fait. J’imite les Américains qui ont voté pour le changement en votant pour Barak Obama, je vais voter Québec solidaire. 


André Jacob, candidat
Québec solidaire/Charlevoix

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