Déplafonner les frais de scolarité : une incohérence néolibérale de plus!
Québec solidaire - Université Laval dénonce durement les « nouvelles solutions » que viennent de répéter, encore une fois, ces lucides de service que sont M. Lucien Bouchard, M. Joseph Facal, Mme. Monique Jérôme-Forget, ainsi que leurs autres alliés idéologiques.
En plus de n'avoir rien de nouveau, ces soit-disant solutions ne prennent aucunement en compte notre contexte québécois en matière d'éducation supérieure, en plus d'en offrir une vision simpliste et souffrant de lacunes quant à sa finalité philosophique.
Une éducation de qualité pour faire quoi?
Selon plusieurs, le Québec aurait besoin d'un système d'éducation d'une plus grande qualité. La « société du savoir » nous y obligerait, ainsi que la complexité des recherches sur les technologies appliquées. Mais l'éducation n'a-t-elle comme rôle que de répondre aux exigences des entreprises privées, ou n'a-elle pas une finalité supérieure?
À Québec solidaire, nous pensons que le rôle premier de l'éducation est de favoriser l'émancipation sociale. Selon M. Jean-Nicolas Denis, porte-parole de Québec solidaire - Université Laval, « l'éducation doit principalement servir à former des citoyens et des citoyennes qui seront en mesure de s'intégrer à la société, de la critiquer d'une façon cohérente, tout en s'y impliquant activement pour l'améliorer. L'éducation doit servir en premier les intérêts de la collectivité, non pas ceux des entreprises privées. »
Les sciences sociales et la recherche fondamentale sont présentement abandonnées au Québec, que ce soit dans l'opinion publique, que dans le discours des politiciens, que dans les subventions aux recherches. Selon Québec solidaire, pour former des citoyens autonomes et bien outillés, nous devons miser bien davantage sur ces domaines (philosophie, histoire, sociologie, science politique, anthropologie, ainsi que les sciences pures fondamentales...).
Promouvoir l'accessibilité en éducation
Selon les signataires de ce « pacte », l'éducation serait utile, car elle favoriserait la mobilité sociale. Néanmoins, étant donné que les citoyens provenant des 10% des familles les plus riches du Québec représentent presque 40% des étudiants universitaires, il apparaît clairement que cette mobilité n'est pas atteinte en pratique. Il faut cesser de nous mentir à nous-mêmes : une réelle accessibilité, égale et équitable, n'est pas assurée au Québec.
De plus, n'oublions pas que même les études du Ministère de l'éducation démontrent qu'une augmentation des frais de scolarité entraînera une diminution des inscriptions à l'université (le dégel décrété par le gouvernement de Jean Charest a déjà cet effet dans la pratique). Ce faisant, proposer de déplafonner encore davantage les frais de scolarité, tout en affirmant vouloir favoriser l'autonomie et la mobilité sociale par l'éducation supérieure, démontre la profonde incohérence du discours « lucide ».
Aussi, n'oublions pas que l'endettement des étudiants ne cesse d'augmenter au Québec. Cette situation oblige nos diplômés à repousser la fondation d'une famille après leurs études. Ce faisant, les propositions contenues dans ce pacte ne peuvent qu'empirer notre situation.
Si nous voulons favoriser l'émancipation sociale de nos citoyens, tout en combattant la concentration des pouvoirs et des richesses dans les mains d'une élite économico-politique, d'autres solutions doivent absolument être appliquées. Voici les solutions que proposent les membres de Québec solidaire - Université Laval :
1) Que le dernier 1% de TPS coupé par le gouvernement fédéral soit utilisé pour mieux financer notre système d'éducation (cela représenterait environ 900 millions de $).
2) Que 1% de la masse salariale des entreprises québécoises soit utilisé pour financer le système d'éducation, ces entreprises en bénéficiant directement. Cette proposition représente un montant de plus de 700 millions de $ et est notamment mise de l'avant par la CADEUL, le plus important regroupement d'étudiants dans la région de Québec.
3) Que soient doublé les subventions pour la recherche fondamentale et pour les recherches en sciences sociales.
4) Que soit réformé en profondeur le programme d'aide financière aux étudiants (AFE) du gouvernement du Québec, notamment pour s'assurer :
- Pour que les prêts proviennent désormais du gouvernement du Québec, plutôt que des banques (pour diminuer les intérêts que le gouvernement doit leur payer).
- Pour que les montants offerts en bourses soient augmentés pour correspondre à ce qu'ils étaient dans les années 1980.
- Pour que les pansions alimentaires ne soient plus calculées comme étant des revenus pour les parents retournant à l'école, particulièrement pour les mères de famille monoparentale (et les hommes dans la même situation). Ce faisant, ces personnes se voient attribuer injustement moins de prêts et bourses.
Finalement, Québec solidaire - Université Laval rappelle que le meilleur moyen d'assurer une véritable accessibilité à l'éducation supérieure reste la gratuité scolaire. À ce sujet, l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) en a déjà démontré la faisabilité.
L'éducation est un droit, une nécessité économique, une responsabilité sociale et une question de justice intergénérationelle. Nos choix de société doivent donc en assurer la qualité, mais aussi son accessibilité la plus universelle.
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Renseignements : Jean-Nicolas Denis, porte-parole de Québec solidaire - Université Laval
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