En attendant un meilleur mode de scrutin...
(Lettre ouverte aux médias parue ce matin dans Le Soleil de Québec)
Par Claude Béland
Au Québec, des élections s'annoncent. Elles se feront selon la tradition britannique par un mode de scrutin qui favorise le bipartisme et n'encourage guère le pluralisme politique.
Aux États généraux sur la réforme des institutions démocratiques en 2003, et plus récemment lors de la consultation par une commission parlementaire itinérante, la volonté citoyenne s'est largement exprimée en faveur d'un mode de scrutin qui tiendrait compte de la somme des votes accordés à chacun des partis de façon à ce que des tiers partis puissent être admis à l'Assemblée nationale.
Or, puisque telle est la volonté citoyenne, ne conviendrait-il pas de permettre aux tiers partis qui comptent un nombre significatif de membres et qui présentent des candidats dans pratiquement toutes les circonscriptions électorales, comme le parti Québec solidaire ou le Parti vert, de se faire entendre à l'occasion du débat des chefs - ce grand événement fortement médiatisé qui influence de toute évidence le vote de plusieurs électeurs ?
Les grands partis, me semble-t-il, n'ont pas le monopole des grandes idées. D'autres partis, qui n'ont que le défaut de la jeunesse, ont aussi de grandes idées qui mériteraient certes d'être confrontées à celles des grands partis, dans une même arène. Pourquoi offrir cette visibilité uniquement à ceux qui s'affrontent déjà à l'Assemblée nationale alors que d'autres groupes appuyés par de nombreux membres aspirent légitimement à être représentés à cette même Assemblée ?
Mon expérience de la vaste consultation préalable aux États généraux sur la réforme des institutions démocratiques m'a fait comprendre que les citoyens et citoyennes du Québec sont en déficit d'information en matière d'enjeux politiques. D'ailleurs, une de leurs demandes les plus persistantes est celle d'une éducation citoyenne plus poussée ainsi que la mise en place d'espaces publics qui leur permettraient de mieux s'informer sur les grands enjeux de l'heure.
À cet égard, les grands réseaux de télévision peuvent certes jouer un rôle fort important, au nom de la démocratie et d'une équitable information. Faire entendre les chefs des tiers partis serait certes oeuvre utile, en attendant l'adoption d'un meilleur mode de scrutin.
Claude Béland



