Faudra-t-il payer deux fois pour « leur crise » ?

LETTRE OUVERTE de Québec solidaire Capitale-Nationale

FINANCES PUBLIQUES

La consultation pré-budgétaire du ministre des Finances du Québec s’achève. Cette
période était l’occasion pour les citoyennes et les citoyens de faire connaître leur point
de vue avant que le Budget 2010-2011 ne soit déposé à l’Assemblée nationale.
 
De toute évidence les dés étaient pipés. Des «économistes experts» ont reçu mandat
de nous éclairer sur l’état des finances publiques et les conséquences de la crise
économique et financière que nous avons vécue depuis 2007. Des rapports sont venus
conforter le ministre des Finances et le gouvernement libéral tout entier. Ces rapports
ont aussi «intéressé» l’opposition officielle.
 
Maintenant, il faudrait nous résigner à des hausses de taxes et de tarifs pour permettre
à ce gouvernement de prendre dans nos poches les argents nécessaires au retour à
l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Il n’y aurait pas d’autres moyens puisqu’il ne faut
surtout pas parler d’imposer équitablement les plus riches et les entreprises qui font des
profits grâce au travail des employéEs.
 
En fait, ce que nous propose le gouvernement, les milieux d’affaires et financiers ainsi
que les économistes intégristes du marché c’est de payer une seconde fois pour une
crise dont nous ne sommes aucunement responsables et qui ressemble davantage à
une immense fraude qui a profité à quelques uns. Les gouvernements sont venus au
secours des banques et des entreprises en mauvaise posture avec de l’argent public.
De plus, on veut maintenant que le commun des mortels renfloue la caisse «vidée» par
le mauvais fonctionnement de notre chère économie de marché capitaliste. Les vrais
responsables sont ainsi disculpés. Plus, ils continuent à s’en mettre plein les poches à
coup de bonus et de hausses de rémunération déjà excessives.
 
Nous appelons les citoyennes et les citoyens du Québec à se méfier du discours des
gouvernants, des financiers et de leurs acolytes. À bien y regarder, il se pourrait qu’il y
ait d’autres solutions. Des économistes progressistes le suggèrent. Nous pourrions
d’abord remettre en question le délai choisi pour revenir au «déficit zéro» comme l’ont
décidé d’autres gouvernements au Canada et dans le monde. Ensuite, le ministre des
Finances doit renoncer à verser plus de 800 millions $ au Fond des générations ce qui
ne réduira aucunement la dette. En utilisant cette somme pour maintenir, voire
consolider, les services publics et les programmes sociaux nous assurerons un meilleur
niveau de vie à la population.
 
D’autres mesures sont de nature à améliorer la situation dans un contexte où nos
«experts» affirment eux-mêmes que le taux de chômage commence à diminuer et que
le PIB a recommencé à croître. Nous pouvons fort bien envisager une contribution de
4% supplémentaire pour les 3% de contribuables les plus riches, le maintien de la taxe
sur le capital pour les banques et les compagnies d'assurance, une baisse des
subventions et des mesures fiscales profitables surtout aux grandes entreprises, un
plafonnement des contributions aux REERS à 10 000 $ par année.  Il devient de plus en
plus urgent que les entreprises qui réalisent des profits paient leur juste part. De plus,
des redevances devraient être prélevées sur l’eau utilisée par les secteurs miniers et
manufacturiers et leur perception grandement améliorée sur l’exploitation des mines.
Enfin, on  pourrait faire passer de 50% à 100% l'imposition des gains en capital pour les
particuliers et les entreprises. Il y a là des milliards à ajouter à la colonne des revenus.
 
Il est aussi bien connu que nous pourrions récupérer des sommes importantes par un
programme efficace de lutte à l’évasion fiscale et au travail au noir, par la réduction des
coûts des médicaments en créant un organisme public de négociation des prix, par la
nationalisation de l’énergie éolienne, par l’abolition des subventions aux écoles privées,
par l’abandon des privatisations, des PPP et de l’octroi injustifié de certains grands
contrats à l’entreprise privée pour plutôt se servir des compétences de la fonction
publique. Toutes ces mesures auraient pour effet d’éviter d’augmenter le fardeau fiscal
des classes moyennes et à faible revenu.
 
À l’inverse, l’augmentation de la taxe à la consommation, des diverses tarifications et,
particulièrement, celle de l’électricité des particuliers auraient pour conséquence de
compresser davantage cette classe moyenne travailleuse de même que les moins
nantis.
 
Nous invitons la population à faire savoir au gouvernement et au ministre des Finances
qu’elle rejette les propositions dépassées soutenues par les «experts». Avec nous,
faites-leur savoir que vous vous opposez aux augmentations de taxe et de tarifs et que
vous appuyez les mesures progressistes qui visent la justice sociale.
 
Monique Voisine et Serge Roy
Co porte-parole
Québec solidaire Capitale-Nationale