Dans le cahier du participant, il est mentionné que « le gouvernement s’engage à favoriser et à améliorer l’accès aux Québécois aux études collégiales et universitaires ». Un objectif auquel nous souscrivons, à Québec solidaire. J’y ajouterais ceci : les jeunes ne doivent pas se retrouver endettés pour 15 ou 20 ans au terme de leurs études. Or, ce qui est sur la table ne diminue pas l’endettement étudiant et maintient des droits de scolarité élevés puisqu’ils ont augmenté beaucoup sous l’ex gouvernement libéral.

On ne doit pas augmenter les droits de scolarité universitaires. Ils sont l’un des obstacles à l’accès aux études supérieures. Déjà, certaines catégories d’étudiants sont désavantagés, ceux et celles qui ont des enfants, par exemple, et qui doivent recourir à l’aide financière. On y retrouve près de 70% de femmes. Déjà l’endettement est un problème et là encore, plus particulièrement pour les femmes diplômées dont le salaire sur le marché du travail est souvent moindre que celui des hommes. Voilà des groupes qui ont des contraintes particulières, comme le cahier le dit si bien.

Notre proposition : le gel immédiat des droits de scolarité universitaires dans une perspective de gratuité scolaire d’ici 5 ans. Comment y arriver? Un simple exemple : une taxe annuelle  de 0.8% appliquée au capital des entreprises financières et une taxe de 1.6% appliquée aux banques, contribuerait largement au financement de la gratuité des études universitaires d’ici 5 ans. On parle ici d’un montant minimum de 700 millions de dollars.

Il y a de l’argent au Québec, dans les minières, les pharmaceutiques, les entreprises financières, dans les poches de contribuables aux revenus très élevés. Dans la réintroduction de la taxe sur les gains en capital et en dividende. Dans des redevances sur l’eau plus élevées. Pourquoi en priver l’État québécois?

Certains affirment qu’une hausse modérée des droits de scolarité n’aurait pas d’impact sur l’accès aux universités. Que le milieu social est bien davantage responsable de la motivation ou non des jeunes à s’instruire. Oui, le milieu social compte mais justement : il est si difficile pour un enfant de quartier pauvre de s’imaginer universitaire, faut-il, en plus, l’assujettir à un endettement qui aura pour seul effet de l’effrayer?

Ce Sommet doit être celui où tout le Québec reconnaîtra que le collège et l’université appartiennent à la sphère du bien commun, du bien public. Une grande partie de la jeunesse québécoise, appuyée par de nombreux citoyens et citoyennes, s’est mobilisée magnifiquement lors d’un printemps qui demeure bien vivant dans tous les esprits. Elle veut s’instruire pour contribuer à la société québécoise. N’apportons pas une réponse qui ressemblera comme deux gouttes d’eau  à l’augmentation de 2007 sous le précédent gouvernement. Trop de jeunes espèrent aujourd’hui un geste significatif : le gel des droits de scolarité. Ne les décevons pas!