Pour se faire du bien : un 5 à 7 poétique!

Lundi soir prochain, le 14 mai, aura lieu un événement rare dans le monde politique : un 5 à 7 poétique, dans un bar célèbre de la Petite-Patrie, le Petit Medley. De quoi s’agit-il?

J’ai décidé, avec l’appui de mon association locale, d’organiser une petite soirée à l’enseigne de la poésie. Une soirée de financement pour ma campagne électorale. Mais surtout un beau moment d’écoute et de partage autour de poètes et d’écrivains qui mettent des mots sur nos états d’âme. Qui sont-ils?

D’abord, Brigitte Haentjens, formidable metteure en scène et auteure. Son dernier livre « Une femme comblée » est une petite merveille. Écrit en vers, le livre raconte un amour foudroyant et voué à l’échec. Une femme d’âge mûr aime un jeune homme et ne sait comment échapper à ce sentiment qui l’envahit tout entière. Brigitte Haetjens nous lira quelques passages de ce beau livre. Thomas Hellman est un auteur-compositeur interprète à la voix d’or. Je l’ai rencontré au combat des livres où il défendait courageusement le livre « L’homme invisible » de l’auteur franco-ontarien Patrice Desbiens. Un beau livre sur l’identité. L’audace de Thomas m’avait impressionnée. Je l’ai ensuite entendu lire des textes et chanter à la 5e salle de la Place des Arts. Un rêve! Thomas Hellman est un homme de culture, de mots magiques, tout en sensibilité. Il vous plaira!

Paul Bélanger, poète, auteur d’une dizaine de recueils, est aussi professeur en littérature à l’UQAM. Il est le directeur apprécié et persévérant de la maison d’édition le Noroît qui publie de la poésie québécoise. Il viendra lui aussi partager ses mots et ses images fabuleuses avec nous. Amir Khadir est député mais aussi amoureux de poésie. On l’a vu dans des discours électoraux réciter du Godin ou du Miron! Lundi prochain, il nous lira un poème perse, issu de la magnifique tradition littéraire iranienne.

Et puis, nous demanderons aux personnes présentes de nous lire un poème de leur choix. Bref, une heure trente de pur bonheur pour rechercher les batteries, comme on dit!

Ça se passe au Petit Medley, rue St-Hubert, coin Bellechasse, le 14 mai, à 17 heures. Il faut s’inscrire sur le site de Québec solidaire. Coût des billets : 50$ (30$ pour personnes à revenu modeste). On paie à la porte.

Venez vous faire du bien!

Françoise David

Quel beau peuple!

Ce soir,  je suis fière de mon peuple. Fière des centaines de milliers de gens qui ont dit non! Non aux gaz de schiste, au pétrole, à l’uranium. Non au mépris d’un gouvernement qui entend régner en dépit du bon sens. Non à la hausse des droits de scolarité. Non à la grande braderie qui consiste à vendre le Québec au moins offrant.

Mais oui aux énergies vertes. À la démocratie citoyenne et représentative. Oui à un autre Québec possible, dont l’atteinte du  bien commun est un socle vital. Oui à la justice sociale, à une réduction sensible des inégalités.

Oui à nous-mêmes, en toute fierté, en toute conscience.

Ce soir, avec quelques autres soirs de ma vie, « Je n’ai jamais été aussi fière d’être Québécoise! »

Merci du fond du cœur aux groupes organisateurs, à ces milliers de citoyennes et de citoyens qui nous redonnent espoir jour après jour par leurs actions et leur lutte.

Merci à la jeunesse québécoise qui doit avoir le droit de respirer l’odeur des fleurs plutôt que celle des gaz de la répression.

On continue le combat, sans relâche!

Françoise David

Discours de Françoise David en hommage à Madeleine Parent*

J’ai connu Madeleine alors que je travaillais dans le mouvement des femmes. J’avais peu entendu parler d’elle. C’est pareil aujourd’hui. Peu de jeunes femmes et hommes connaissent cette extraordinaire syndicaliste et féministe, cette rassembleuse hors-pair. Serions-nous encore devant une remarquable oubliée de l’histoire du Québec?

Cet après-midi, nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir dire notre amitié et notre admiration pour Madeleine Parent. Espérant que nos paroles résonnent partout, dans tous les milieux.

Madeleine était une féministe engagée aux côtés des plus mal prises, des exclues, des sans-voix : ouvrières, immigrantes, autochtones, femmes pauvres des villes et des régions.  Plusieurs l’ont dit : d’une voix douce, elle exprimait des réalités implacables. Sa parole sonnait juste et vrai, sans effet de toge. Son engagement venait du cœur et d’une analyse longuement méditée. Elle était notre sage, notre inspiratrice et nous l’aimions, tout simplement.

Elle nous a appris, à nous féministes du groupe majoritaire au Québec, que d’autres femmes, nées ailleurs ou Autochtones, n’avaient pas les mêmes chances, souffraient de multiples discriminations et exigeaient d’être entendues. D’avoir leur place au sein du mouvement des femmes et de la société québécoise. Elle a construit des passerelles entre féministes de toutes origines. Il ne faut pas l’oublier à un moment ou plusieurs s’attardent à la réalité des femmes immigrantes uniquement lorsqu’un voile fait son apparition. Madeleine n’aurait pas apprécié.

Nous avions des rencontres en soirée. Elle avait déjà 75 ans. Une fois la réunion terminée, elle repartait en métro, tout bonnement. Je lui disais : « On pourrait t’appeler un taxi ». Elle me répondait : « Pourquoi? Non! Je veux prendre le métro comme tout le monde! » C’était ça, Madeleine, une tête de mule et une grande dame!

Elle a été de tous les combats dans le mouvement des femmes des années 80 et 90. Participant aux grands événements qu’ont été la marche Du pain et des roses et la Marche mondiale des femmes en l’an 2000. En 2001, elle marchait contre le Sommet des Amériques. Infatigable!

Je garde d’elle un souvenir impérissable. Un jour, elle m’a dit : « Tu sais, il ne faut jamais se décourager. Dans les moments difficiles, il faut se rappeler que l’histoire est faite d’avancées et de reculs. Aujourd’hui, le temps est gris, demain il fera beau. » Elle avait tout vu, tout vécu. Elle avait donc  le droit de me dire cela. Je ne l’ai jamais oublié et j’avoue qu’à certains jours, cette parole résonne en moi, comme un baume réconfortant.

Ces derniers temps, je me suis demandé comment Madeleine aurait réagi devant des événements qui nous interpellent. Aurait-elle porté le carré rouge? Oui, certainement.  Aurait-elle eu envie de camper avec les indignés-es? Je n’en doute pas un instant.  Aurait-elle soutenu les femmes immigrantes qui veulent s’intégrer à la société québécoise tout en conservant leur identité? Je pense que oui. Se serait-elle insurgée contre le projet conservateur de porter l’âge de la retraite à 67 ans? Évidemment! Et elle aurait rappelé à ces messieurs combien cette mesure est discriminatoire envers les femmes qui  occupent trop souvent  des emplois mal-payés et tellement exigeants physiquement et mentalement.

Elle aurait pourfendu le plan Nord qui se développe malgré l’opposition de plusieurs communautés autochtones. Elle serait opposée à la privatisation des services publics qui repose souvent sur le travail gratuit ou sous-payé des femmes. Elle se serait tenue au premier rang des marches, blocages, occupations qui traduisent un ras-le-bol de plus en plus considérable dans la population.

Madeleine Parent ne choisissait pas les causes populaires, elle défendait les causes justes.

Avec vous, je veux la remercier. Lui dire qu’elle m’accompagne dans tous mes combats, qu’elle est présente dans les combats de toutes les femmes.

En terminant, je tiens à remercier les organisatrices de ce bel événement qui nous réunit et nous fait du bien. Merci aussi au Devoir qui a pris le temps de préparer un cahier spécial  en souvenir de Madeleine Parent, grande syndicaliste, grande féministe et tellement grande humaniste.

Merci à toutes celles et ceux qui poursuivent le rêve de Madeleine Parent : un monde plus juste, plus solidaire, plus égalitaire. Le monde du bien commun.

 

Françoise David

Ex-présidente Fédération des femmes du Québec

Porte-parole Québec solidaire

 

* Discours prononcé au Complexe funéraire Côte-des-Neiges, le 1er avril 2012


 

Lettre à une femme remarquable qui nous a quittés*

Chère Madeleine Parent,

Comme je t’ai aimée et admirée! À plus de 80 ans, lors de la Marche mondiale des femmes en l’an 2000,  tu luttais avec nous contre la pauvreté et les violences faites aux femmes. Tu n’avais rien perdu de ta fougue, de ta capacité à t’indigner bien avant que le mot soit à la mode. Ta voix de velours, loin des expressions tonitruantes d’un Michel Chartrand, n’en disait pas moins des mots redoutables : exploitation, aliénation, néolibéralisme. Mais aussi tu nous appelais inlassablement à l’unité des forces progressistes sans laquelle rien n’est possible. Tu fus solidaire de tous ceux et celles que les pouvoirs politiques et économiques négligent. Tu souhaitais l’indépendance du Québec mais refusait de tomber dans un  nationalisme étroit qui exclut.

Madeleine, tu m’as appris la persévérance car tu avais l’engagement têtu. Tant qu’il y avait une personne à aider, la journée n’était pas terminée.  Il y a des jours où ton souvenir m’habite et me fait du bien.

J’espère que tu ne t’ajouteras pas à la longue liste des femmes remarquables et oubliées d’une histoire qui n’a jamais fait la part belle aux femmes. Je souhaite que l’on parle de toi dans les écoles, que des jeunes femmes s’inspirent de ton parcours pour s’engager dans la transformation du monde.

Dimanche prochain, je marcherai aux côté des étudiantes et étudiants. En pensant à toi, fière combattante! Merci Madeleine, pour tout.

Françoise David

*Cette lettre est parue dans le Devoir du 13 mars 2012: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/344864/lettres-lettre-a-une-femme-remarquable

Un dialogue sincère et enthousiasmant!

Au terme de quatre soirées-rencontres avec des centaines de gens de mon comté, je retiens leur  vibrant intérêt pour ce qu’on appelle souvent « la politique autrement » et pour des idées novatrices. Celles de Québec solidaire.

Ils et elles sont venus des quatre coins de la Petite-Patrie et de Rosemont. Le même scénario s’est répété à chaque fois : à 18.45 hrs, nous étions une demi-douzaine à nous demander si les gens seraient au rendez-vous. À 18.55 hrs, une petite foule  compacte cherchait, qui  une chaise, qui un tabouret ou plus prosaïquement, un café ou une bière. À 19.10 hrs, nous étions entre 40 et 70, souvent tassés comme des sardines  et la conversation commençait.

Certaines questions sont revenues à chaque rencontre : comment développer une économie prospère et en même temps écologique? Comment nous assurer que l’État québécois ait les moyens de redistribuer la richesse? Quelle est la position de Québec solidaire sur le plan Nord, la langue, l’éducation, la privatisation du système de santé, le mode de scrutin.

Ce qui m’a beaucoup frappée : les participants-es étaient souvent dans la trentaine.  Avides de nouvelles idées, d’espoir, de politiques porteuses de sens. Solidaires.

On a parlé  de souveraineté. Après tout, nous sommes dans Gouin, une circonscription qui a largement voté oui en 1995. La proposition de Québec solidaire de mettre en place une assemblée constituante élue au suffrage universel pour organiser les débats sur l’avenir du Québec,  produire un projet de constitution et soumettre le tout à un référendum, a séduit. Pourquoi? Parce que c’est mobilisant, rafraîchissant, dynamique. Parce que QS a confiance dans la capacité des citoyennes et citoyens de discuter d’un projet de société et de l’avenir du Québec. Confiance qu’une fois engagés dans une démarche collective, les Québécoises et les Québécois auront vraiment le goût du pays.

Évidemment, la question de la division du vote souverainiste a été soulevée. Normal. Nous en avons discuté franchement. Faut-il le rappeler : dans Gouin, une victoire souverainiste est assurée car ni la CAQ ni les Libéraux n’ont la moindre chance de l’emporter. Il s’agit donc pour les électrices et électeurs de ce comté de décider pour lequel des candidats souverainistes, en l’occurrence monsieur Girard et moi-même, ils voudront voter.

Le choix existe et nous en avons débattu. Pour des participants-es aux soirées, le PQ a « fait son temps », comme on dit. Certains-es n’en peuvent plus des positions changeantes de ce parti suivant les conjonctures : plus à droite quand l’ADQ est en avance, plus à gauche quand QS commence à être une menace pour le PQ dans certains comtés.

On regarde donc du côté de Québec solidaire. Un parti aux convictions solides. Les personnes que j’ai eu le bonheur de rencontrer étaient  curieuses et  intéressées par ce nouveau parti qu’elles apprivoisaient lentement…mais sûrement.

Elles et ils sont de plus en plus nombreux à appuyer un parti à la fois souverainiste, écologiste, féministe et de gauche. Loin de les inquiéter, notre parti-pris pour les travailleurs-euses, les personnes  âgées, pauvres ou immigrantes, pour toute la classe moyenne,  sourit à nombre de personnes. Car de plus en plus de gens se sentent partie prenante du fameux 99% et sont scandalisés par l’arrogance des bien-nantis.

On m’a demandé, au cours d’une soirée, si j’avais l’intention de poursuivre ces rendez-vous citoyens  une fois élue. Ma réponse fut sans équivoque : oui! C’est entre autres cela, faire de la politique autrement : rendre des comptes à la population et la consulter sur les dossiers que l’on doit défendre à l’Assemblée nationale.

Je me sens nourrie par les questions et prises de position de toutes ces personnes de mon quartier qui sont venues discuter avec moi. Plusieurs ont donné leur nom pour être bénévoles lors de la campagne électorale.  Il y aura d’autres rendez-vous, c’est certain!

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont participé aux soirées-rencontres de février.  Merci au comité de coordination de QS-Gouin qui les a organisées.

Françoise David