Hommage à Louise Laurin, une grande souverainiste progressiste

Aujourd’hui, j’ai déposé une motion à l’Assemblée nationale pour rendre hommage à Louise Laurin, une grande souverainiste progressiste qui s’est éteinte le 7 janvier dernier.

Des membres de la famille et des proches de Mme Laurin étaient présents pour l’hommage de même que Jean Dorion, ex-président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et ancien député bloquiste, ainsi que Nicole Boudreau, elle aussi ex-présidente  de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Voici les quelques mots que j’ai prononcés pour l’occasion :

L’Assemblée nationale rend un  hommage mérité à une grande dame. Louise Laurin a milité, toute sa vie durant pour des causes justes et progressistes.

Mme Laurin aura été une figure marquante de l’histoire du Québec. Son parcours, allant de l’enseignement de l’histoire à celui de directrice d’école, est celui d’une  humaniste engagée. En 1993, elle fonde la Coalition pour la déconfessionnalisation des écoles, projet qui aboutira à un amendement de la Constitution canadienne et donc à l’instauration des commissions scolaires linguistiques.

Active au sein des Partenaires pour la souveraineté, Louise Laurin se voulait résolument rassembleuse autour de l’idéal d’un Québec souverain.

Reconnue pour sa défense d’une citoyenneté québécoise inclusive et ouverte, elle a été honorée du titre de Patriote de l’année en 2005 par la Société St-Jean-Baptiste de Montréal. En 1998, elle  disait : «J’ai toujours transmis le message que la souveraineté doit se faire pour le peuple et par le peuple. Je garde toujours l’espoir».

Au nom de Québec solidaire, je puis assurer que cet espoir est encore vivant. Merci madame Laurin.

À lire : Louise Laurin (1935-2013): une vie consacrée aux jeunes

 

 

Un oui enthousiaste aux centres à la petite enfance!

La Ministre de la famille, Nicole Léger, a annoncé l’ajout de 15,000 nouvelles places en services de garde. Plus important encore, 85% de ces places seront attribuées à des centres à la petite enfance. J’applaudis sans réserve!

Il faut savoir que les CPE sont des entreprises d’économie sociale, dont la qualité est généralement exemplaire et où les parents jouent un rôle administratif important. Les places seront attribuées à des projets retenus par les comités régionaux ou sous-régionaux consultatifs sur les services de garde en tenant compte des besoins des familles et du respect des normes du Ministère. Voilà qui est excellent.

On est loin de l’anarchie libérale et des permis donnés de façon arbitraire à des entreprises commerciales, parfois amies du parti ou du Ministre de la famille. Cela dit…

Un peu de souplesse ne fait jamais de tort

J’ai suggéré hier en point de presse à la Ministre Léger d’ouvrir les 15% de places attribuées à des garderies privées à celles qui ne sont pas conventionnées. À certaines conditions fondamentales : qu’elles fassent la preuve de leur pertinence dans un territoire donné, qu’elles répondent à des normes de qualité élevées et qu’elles démontrent, preuves à l’appui, qu’elles sont en mesure de combler des besoins additionnels de familles qui attendent des places pour leurs enfants. En clair, cela veut dire ceci : si un comité de consultation  estime qu’une garderie privée non-subventionnée remplit toutes ces conditions et que le fait de lui accorder le statut de garderie subventionnée (dont toutes  les places seront à 7$) permet à un quartier, à une petite ville ou à un village d’augmenter réellement le nombre de places disponibles pour des enfants, pourquoi ne pas au moins l’évaluer? C’est ce que j’appelle avoir de la souplesse, ne pas faire du mur à mur alors que les besoins sont tellement variables d’un territoire à l’autre.

Par exemple, je connais au moins une garderie coopérative non-subventionnée en région qui répond adéquatement à des besoins de garde. Pourquoi ne pas la considérer dans l’appel d’offre qui viendra du privé?

Donc, que l’on ne se méprenne pas sur ma position et sur celle de Québec solidaire : dans notre programme, nous proposons que tout le réseau des services de garde à l’enfance soit à but non-lucratif. Toutefois, lorsque nous regardons la situation actuelle, nous croyons qu’une souplesse bien balisée a bien meilleur goût qu’un mur à mur qui peut desservir certaines communautés.

Je termine en disant qu’à Montréal, nous vivons une situation bien particulière. Madame Léger soulignait hier que 85% des services de garde privés non-subventionnés étaient installés dans la métropole! Une situation aberrante alors qu’il faudrait bien plus de CPE dans nos quartiers montréalais. Je signale cependant que certaines  garderies privées non-subventionnées ont été mises sur pied par des femmes immigrantes en quête d’un revenu et que le marché du travail intègre peu et mal. Ce n’est pas une raison pour développer tous azimuts ces garderies privées. Mais il faudra tout de même que le gouvernement du Québec s’occupe de l’intégration au marché du travail de femmes disponibles et qualifiées qui réclament un emploi pour les faire vivre.

Comme quoi une question simple en apparence –on veut développer des services de garde sans but lucratif et contrôlés par les parents- peut en cacher de plus complexes qu’il faudra bien résoudre.

Françoise David

C’est comment à l’Assemblée nationale?

Depuis le 30 octobre, jour où l’Assemblée nationale a débuté ses travaux, on me pose beaucoup cette question. Car, que voient mes concitoyens et concitoyennes des travaux de cette auguste assemblée? L’éternelle période de questions. À la culture immuable, dirait-on. Une culture faite de théâtre, d’effets de toge, de propos à l’humour parfois drôle, parfois douteux, d’agressivité et de compétition.

C’est comment à l’Assemblée nationale? C’est bien mieux que ce que la population en voit car la période de questions, après tout, ne dure que trois heures par semaine. Trois heures seulement…mais on dirait que pour monsieur et madame tout le monde, le travail des députés-es se résume à ces trois heures. De quoi décourager bien des gens qui se demandent si, franchement, il vaut la peine de nous payer pour nous donner ainsi en spectacle.

Je répondrais ceci. Oui il y a des questions impertinentes, quelquefois bizarres, trop partisanes et sur un ton trop virulent. Il y a par contre des questions qui en valent la peine. Comme ce matin où Sylvie Roy a demandé au Ministre de la santé s’il était normal qu’une direction de résidence pour aînés-es ait donné l’ordre de changer les couches des personnes âgées incontinentes seulement si elles étaient « remplies à 80% de leur capacité ». Cette question m’a frappée plus que toute autre. Le silence qui a alors régné dans le Salon bleu était éloquent. Serions-nous rendus à ce degré de déshumanisation? C’est ça les conséquences des coupures, des privatisations? Le ministre a répondu avec sérieux qu’il agirait avec diligence.

Nous avons besoin d’une période de questions. Il faut cependant en changer la culture pour que les affrontements stériles laissent place à plus de coopération sans exclure les débats nécessaires en démocratie. Mais j’ajoute ceci : le travail parlementaire, c’est bien plus que la période de questions. Durant la session écoulée, par exemple, Amir Khadir et moi avons déposé deux projets de lois et plusieurs motions sur des sujets comme le calcul des pensions alimentaires pour enfants dans les revenus des mères à l’aide sociale, ou la prise en compte du nouveau statut du peuple palestinien à l’ONU. Nous avons réagi au discours inaugural de Pauline Marois, puis au budget et aux crédits, exprimant notre déception devant des mesures issues tout droit d’une pensée libérale. Nous avons participé à des commissions parlementaires, là où un travail considérable est abattu avec rigueur pour améliorer les projets de lois qui sont sur la table. Par exemple, sur le financement des partis politiques, j’ai pu plaider avec succès la cause des partis émergents. Voilà l’essentiel de notre travail. Il se fait dans le respect des opinions divergentes. Plusieurs recherchent les  compromis nécessaires à la mise en œuvre de politiques utiles à nos concitoyennes et concitoyens.

J’aime ce travail qui demande de la fermeté sur les principes et de la souplesse dans leur application. J’adore aussi mon travail de députée dans Gouin. J’y ai des racines profondes. Rosemont-La Petite-Patrie est un quartier vivant, engagé. Dans un autre blogue, je vous raconterai ce que j’y fais, avec une équipe formidable.

Pour l’instant, qu’il me suffise, encore une fois, de remercier tous ceux et celles qui m’ont accordé leur confiance le 4 septembre dernier.

De très heureuses Fêtes à tout le monde. Et une année 2013 qui nous rapproche de la justice et de la paix.

Françoise David
Députée de Gouin

Ma première fois

Je l’avoue: c’était ma première fois… ma première commission parlementaire à titre de députée.

Nous y étions pour étudier et modifier le projet de loi 2 limitant à 100$ les dons des citoyens aux partis provinciaux. Passionnant n’est-ce pas!

 Honnêtement, j’ai préféré de beaucoup ce travail à celui de la période des questions. Nous étions tous et toutes animés par un même esprit. Nous voulions nous entendre sur un changement important dans nos institutions politiques avec le moins de partisanerie possible. L’exercice démontre qu’au-delà de nos différences nous sommes capables de trouver des terrains d’entente. En fait, c’est ce genre de comportement que, je crois, la population du Québec attend de nous.

 Québec solidaire a proposé l’ajout de mesures pour que les nouveaux partis ou les partis en émergence soient en mesure de grandir, malgré un plafond de contributions individuelles très bas. Pour eux, contrairement à nous ou aux autres plus gros partis, l’augmentation du financement public n’aurait pas compensé pour la chute des dons.

 Heureusement, tout le monde a fait preuve d’ouverture. En conséquence, la loi que nous adopterons bientôt favorisera l’expression de la pluralité des opinions politiques au Québec.

 Je suis très heureuse aussi que l’on ait adopté un abaissement du plafond des dépenses électorales. À Québec solidaire, nous y tenions, et ce, depuis longtemps.

 J’espère qu’il y aura d’autres discussions sur notre système démocratique parlementaire. En fait, j’attends avec impatience le jour où nous discuterons du mode de scrutin. Nous avons apporté des changements importants au mode de financement de partis politiques. Mais nous n’avons pas disposé de la question de fond, celle du mode de scrutin, un enjeu fondamental pour Québec solidaire.

 Le système électoral actuel est largement injuste et discriminatoire. Plusieurs partis politiques à travers l’histoire du Québec en ont souffert. Je fais donc le souhait qu’un jour rapproché, les partis politiques acceptent de discuter d’un système électoral qui reflète vraiment le pluralisme des idées et des intérêts dans la population.

 Françoise David

Ma lettre pour soutenir Sami Sheikh, menacé d’expulsion vers le Pakistan*

Ma lettre pour soutenir Sami Sheikh, menacé d’expulsion vers le Pakistan:

À qui de droit,

J’ai été mise au courant de la menace d’expulsion qui pèse sur monsieur Sami Sheikh, un Canadien-Québécois d’origine pakistanaise. Je viens apporter ici mon appui le plus total à monsieur Sheikh. Il doit demeurer au Canada, et à Montréal. Sa vie est ici. Son histoire est celle des gens d’ici puisqu’il est arrivé au Canada à l’âge de 12 ans. Qu’irait-il faire au Pakistan? Que deviendrait-il?

Je ne puis croire que le ministère canadien de l’Immigration lui refuse un statut de résident permanent. Ce jeune homme travaille et est apprécié de son employeur qui est prêt à le parrainer. Il a étudié, payé ses impôts, s’est comporté en citoyen honnête, pourquoi le chasser du Canada, son pays depuis longtemps?

Le Canada doit agir comme un réel pays d’accueil. Je demande au ministère de l’Immigration du Canada de faire preuve d’humanité et de permettre à Sami Sheikh de s’installer définitivement au Canada.

 Bien à vous,

Françoise David
Députée de Gouin et co-porte-parole de Québec solidaire

* Pour plus de renseignements, je vous invite à prendre connaissance du témoignage de Sami Sheikh : http://famillesheikh.wordpress.com/a-propos-de-about-sami/

** Une conférence de presse aura lieu ce mercredi 5 décembre au Café l’Artère à 10h à Montréal. Elle sera organisée  par le comité des citoyennes et des citoyens de Parc-Extension et de Solidarités sans frontières. Notre nouveau président et porte-parole, André Frappier y représentera Québec solidaire. Notre ancien candidat dans la circonscription de Laurier-Dorion, Andrès Fontecilla, sera également présent.