Pour un budget qui s’attaque aux inégalités sociales

La recette est connue. Le nouveau gouvernement péquiste blâme son prédécesseur libéral pour un déficit budgétaire qui avoisinerait les 1,6 milliards. Apôtre convaincu de l’équilibre budgétaire, le ministre des Finances prépare l’opinion publique à reléguer aux calendes grecques les grands projets de société écologistes et solidaires.

L’austérité est désormais érigée en projet de société. Libéraux, Caquistes et Péquistes, à quelques nuances près, ne semblent pas tirer les mêmes conclusions que nous face à la crise que traverse l’Europe : les politiques d’austérité y entraînent une hausse du chômage et une misère sociale grandissante.

La lutte aux inégalités au cœur du prochain budget

À la suite des grandes mobilisations qui ont rythmé le printemps dernier, les attentes populaires sont élevées. La montée inquiétante des inégalités et de la pauvreté font désormais partie des défis que le gouvernement doit relever.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté nous rappelle qu’en 2012, 750 000 personnes ne réussissent pas à couvrir leurs besoins élémentaires. Une personne sur dix doit faire des choix insupportables entre l’alimentation, le logement, l’habillement et le transport. Le Québec est pourtant suffisamment riche pour permettre à toutes et à tous d’avoir une vie digne.

Il serait indécent que le prochain budget du Québec ferme les yeux sur les 400 000 personnes qui doivent avoir recours aux banques alimentaires pour se nourrir, une hausse de 17% pour cette année. Tout le monde le sait : il est impossible de joindre les deux bouts avec aussi peu que 589 $ par mois à l’aide sociale.

C’est indigne. Indigne aussi que les pensions alimentaires versées pour les enfants soient considérés comme un revenu de travail pour le calcul de l’aide sociale, de l’aide aux études, de l’aide juridique ou de l’aide au logement. Une injustice à éradiquer.

La rigueur budgétaire telle que définie depuis 15 ans débouche toujours sur une augmentation de taxes et de tarifs pour les travailleuses, les travailleurs et leur famille, même en période de crise. Le budget du 20 novembre nous permettra de juger de la volonté réelle du gouvernement d’aller de l’avant avec des mesures qui visent à garantir un revenu décent à la population tout en maintenant l’accessibilité et la qualité des services publics.

Pour permettre ces avancées sociales bien minimales, le gouvernement doit se donner les moyens d’agir. Nos propositions sont connues : augmenter significativement les redevances sur l’eau, hausser la taxe sur le capital des entreprises financières, réduire les crédits d’impôt accordés aux individus qui réalisent un gain en capital, instaurer une taxe sur les produits de luxe. Et mettre en oeuvre Pharma-Québec.

Françoise David

Quelques précisions sur l’une de nos attentes vis-à-vis du budget*

Nous avons indiqué aujourd’hui que nous demandions au ministre des Finances d’augmenter immédiatement les prestations à l’aide sociale des personnes dites « sans contraintes à l’emploi ». Nous avons demandé que les prestations passent de 589$ par mois à 700$ par mois.

Bien sûr, nous continuons de défendre l’alternative du revenu minimum garanti de 12,000$ par année. Mais malheureusement, Québec solidaire ne gouverne pas. Pas encore! Nous avons devant nous un gouvernement péquiste qui n’a pas la moindre intention d’augmenter les prestations des personnes à l’aide sociale. Nous voulons le mettre face à ses contradictions.

Il dit vouloir travailler à la solidarité. Mais il n’abolit pas la taxe santé. Et, comme je l’ai écrit précédemment, ne hausse pas les prestations des personnes les plus pauvres du Québec. Alors, nous le rappelons à ses devoirs en lui indiquant que le début de la longue marche vers un revenu minimum garanti est au moins de rehausser les prestations au niveau où elles devraient être si elles avaient été pleinement indexées depuis 2003.

Donc, soyons clairs : il s’agit d’une demande à très court terme qui ne remet pas en cause notre attachement au revenu minimum garanti.

Solidairement,

Françoise David

* Voici un lien vers le communiqué relatif à nos attentes sur le budget du Québec: http://www.quebecsolidaire.net/budget-quebec-solidaire-propose-dameliorer-le-sort-des-plus-pauvres/

« Ma première question de députée de Gouin à l’Assemblée nationale »

Pour reprendre les billets de ce blogue, j’ai choisi de partager avec vous ma première question à l’Assemblée nationale en tant que députée de Gouin. Elle concerne la pauvreté et les inégalités sociales, des thématiques qui sont trop peu abordées par les autres partis politiques. Il est pourtant urgent d’agir :

« Dans son discours d’ouverture, la Première ministre annonce les couleurs de son gouvernement. Parmi ses priorités figure  la solidarité.

Le mot pauvreté n’apparaît pas dans ce discours.  Le Collectif pour un Québec sans pauvreté nous rappelle pourtant qu’en 2012, 750 000 femmes, hommes et enfants  ne réussissent pas à couvrir leurs besoins. Au Québec, une personne sur 10 doit faire des choix insupportables entre l’alimentation, le logement, l’habillement et le transport.

La lutte à la pauvreté ne doit pas faire les frais d’une orientation budgétaire axée sur l’austérité. Le Québec est suffisamment riche pour permettre à toutes et à tous d’avoir une vie digne.

Le Ministre des finances s’engage-t-il à ce que le prochain budget permette aux 750 000 personnes vivant dans la plus grande pauvreté de couvrir leurs besoins de base ?

Seconde partie de la question: 

Au Québec, 400 000 personnes ont recours aux banques alimentaires pour se nourrir. On parle d’une hausse de 17% cette année.

 Tout le monde le sait : il est impossible de joindre les deux bouts avec aussi peu que 591 dollars par mois à l’aide sociale.

 Est-ce que le Ministre des finances convient avec nous qu’il est indécent que les plus pauvres de notre société doivent survivre avec moins de 600 $ par mois ? Va-t-il y remédier dans le prochain budget ?

Troisième partie de la question:

À l’aide sociale et à l’aide aux études, les pensions alimentaires sont considérées comme un revenu de travail. Elles sont coupées des montants versés aux mères même s’il s’agit d’un soutien aux enfants. La Cour suprême a rendu une décision là-dessus.

 Mardi, la Première ministre disait en chambre «À chaque fois que je pourrai prendre une décision qui fait avancer les conditions de vie des femmes, je le ferai».

 Je demande au ministre des finances s’il a l’intention d’éliminer cette injustice au prochain budget ».

Une grosse menterie!

Qu’est-ce qu’on peut lire en ce moment dans plusieurs stations du métro de Montréal? Une grosse menterie péquiste. Il faudrait, dit ce parti, un gouvernement majoritaire péquiste pour abolir les droits de scolarité universitaires. Faux! Un simple décret ministériel suffirait.

Il faudrait aussi cette majorité pour abolir la loi spéciale. Faux: l’article 36 de cette loi mentionne que « Les dispositions de la présente loi cesseront d’avoir effet le 1er juillet 2013 ou à la date ou aux dates antérieures fixées par le gouvernement. » Cet article met dans les mains du Conseil des ministres d’un gouvernement, majoritaire ou minoritaire, la possibilité de mettre fin à la loi spéciale.

Je suggère vigoureusement aux militants-es sincères du Parti québécois d’exiger de leur direction qu’elle cesse de propager ces menteries qui nuisent à la crédibilité-même de leur parti.

En cette fin animée de campagne, je propose que nous demeurions sur le terrain des idées, des projets, des visions pour un Québec prospère pour tous-tes, vert, souverain.

Françoise David

La pub en question :

Une belle semaine de campagne!

J’ai quitté  Rimouski où je suis allée à la rencontre des gens d’une belle région du Québec. Je travaille pour eux aussi : agriculteurs, artisans, employées des services publics, forestiers, travailleuses communautaires.  Notre candidate, Rosalie, fait une belle campagne. J’ai vécu une soirée exceptionnelle, hier : 150 personnes entassées dans un café pour discuter durant deux heures. Un vrai plaisir!

Mais je reviens en arrière car les derniers jours ont été peu ordinaires.

Le débat des chefs

On est dimanche le 19 août. Il est  17 heures. J’essaie de manger un peu mais j’ai une boule dans l’estomac. « Quand tu as le trac, respire profondément, m’a dit un ami comédien » J’essaie, ça marche… un peu! « Et puis, le trac ça donne de l’adrénaline, de l’énergie, tu veras! »

Je suis bien préparée grâce à une petite et vaillante équipe de recherche et de communications. Surtout, j’ai bien dormi, nagé, marché sous les arbres en Estrie.

Il est 18 heures et nous partons, François mon amoureux, et moi vers Radio-Canada. Nous ne parlons pas beaucoup, nous écoutons de la musique. À 18.45 hrs. maquillage. Je ferme les yeux et récite en silence les déclarations d’ouverture et de clôture. Curieusement, plus on approche du 20 heures fatidique et plus je suis calme. Le sort en est jeté.

Et je participe donc à ce débat des chefs. Un moment tant attendu par Québec solidaire. Je sens peser sur mes épaules l’énorme responsabilité de bien défendre les idées de QS.  Je sais que les attentes sont élevées chez nos membres et sympathisants-es.  Mon plus grand souhait c’est que les gens du Québec, mes concitoyennes et concitoyens puissent dire au terme du débat : « Elle, elle parle pour nous , elle comprend nos besoins, elle propose des solutions ».

J’ai expliqué ailleurs comment j’ai vécu ce débat. Qu’il me suffise de rappeler ici que ce n’est pas évident de se tailler une place dans cet univers de politiciens aguerris et qui ne rêvent que d’en découdre avec les autres. J’y suis arrivée et me suis même permis un brin d’humour. Tout en expliquant mes idées et propositions.

Le soir même, et les jours qui ont suivi, une déferlante  de témoignages affectueux et admiratifs m’a jetée à terre. À la station de métro Beaubien, au marché Jean-Talon, sur la rue, dans la marche étudiante du 22, les mêmes mots revenaient : sincérité, authenticité, contenu, calme, sérénité. On m’a dit très souvent : « Vous me redonnez espoir dans une autre politique, respectueuse, franche, pas toute formatée d’avance, qui fait appel à l’intelligence des gens! ».

Le témoignage qui m’a le plus touchée : une femme, fin trentaine  qui me dit au métro Beaubien : « Je suis une travailleuse précaire et vous m’avez parlé à moi! Pour la première fois un politicien s’intéresse à mon sort et je vous en remercie ». Nous avions toutes les deux les yeux mouillés durant ce bref échange…suivi de tant d’autres.

Je passe donc une belle semaine. Dans mon comté, des indécis m’annoncent qu’ils ont maintenant fait leur choix et qu’ils-elles voteront pour moi. Des jeunes s’inscrivent au bureau de scrutin avec la volonté ferme de voter Solidaire. Tous les espoirs sont permis, non seulement pour Amir et moi mais pour d’autres candidats-es Solidaires. Dans les circonscriptions où nous effectuons du pointage, celui-ci nous est plus favorable depuis dimanche dernier.

Ce que j’entends : « On est tannés de voter stratégique, on veut maintenant voter vraiment utile, avec notre coeur et nos valeurs «

Il faut que ça dure! Car à quoi sert de voter si c’est toujours par calcul, sans enthousiasme, ni conviction? Québec solidaire offre un choix véritable, celui du bien commun, de la justice sociale, d’un Québec vert.

On se fait plaisir et on vote Solidaire?

 

Françoise David