Au sujet des problèmes d'attraction et de rétention soulignés par le SPGQ

Nous tenons d’abord à vous remercier de l’opportunité que vous nous offrez de présenter les idées de notre parti et de M. Bill Clennett aux membres de la SPGQ. Comme Québec solidaire est un parti résolument de gauche qui rejette le néolibéralisme et propose une alternative politique fondée sur des valeurs progressistes telles que la justice sociale et un partage équitable de la richesse, l'égalité entre les femmes et les hommes, vous ne serez pas étonnés d’apprendre que ses membres sont pleinement conscients des difficultés que vivent les employés de l’État québécois. Nous savons aussi, comme le montrait une étude récente, la détermination et l’attachement qu’ont les travailleuses et les travailleurs du secteur public à la mission de leurs institutions.

Les questions de rétention et du recrutement du personnel sont des questions urgentes sur lesquelles il est impératif de se pencher. Or, si ces problématiques paraissent particulièrement évidentes dans la région outaouaise, elles existent à différente échelle partout dans la province et affectent l’ensemble de la fonction publique québécoise. Ces problématiques exigent donc des solutions à portée nationale. À ce titre, non seulement Québec solidaire est le seul parti politique qui s’est formellement engagé, lors des dernières élections générales, à rouvrir les conventions collectives imposées aux travailleuses et travailleurs du secteur public par le gouvernement Charest en décembre 2005 (mesure d’ailleurs sévèrement critiquée par le Bureau international du travail), mais il est aussi le seul qui s’engage à abolir les lois antisyndicales existantes. Nous sommes on ne peut plus conscients du fait que l’adoption de la loi 43 du gouvernement libéral a laissé un goût amer aux employés de l’État, et à juste titre.

Par surcroît, Québec solidaire connaît l’importance du secteur public et a inscrit, dès sa fondation, l’importance du rôle que joue et doit jouer l’État dans la société québécoise. C’est en ce sens qu’un gouvernement de Québec solidaire assurerait la consolidation d’une fonction publique forte et efficace et ne saurait accepter de laisser l’expertise québécoise diminuer au profit du secteur privé ou des fonctions publiques ontarienne ou canadienne. Québec solidaire soutient qu’il importe de s’assurer que l’État québécois ait la taille et les ressources qui lui sont indispensables pour assurer un développement socialement et écologiquement viable du Québec.

En ce sens, les membres de Québec solidaire estiment que les conditions d’emploi et de travail des employés de l’État présentent de plus en plus d’irritants. Outre la négociation par décrets qu’offre le gouvernement du Parti libéral du Québec — sans oublier les mesures d’austérité adoptées à l’époque du « Déficit Zéro » par le gouvernement péquiste —, le secteur public présente des défis de taille où le manque de ressources et la gestion souvent hiérarchique augmentent la présence de fatigue chronique ou d’épuisement chez les travailleuses et les travailleurs. Nous ne saurions tenir rigueur à ces travailleuses et ses travailleurs qui choisissent — souvent à contre-cœur — de quitter la fonction publique québécoise. Il faut néanmoins admettre, de la façon la plus sévère et rigoureuse qui soit, que les difficultés de rétention et de recrutement que connaît la fonction publique québécoise sont une perte dramatique contre laquelle il est impératif de mobiliser nos efforts.

Québec solidaire s’est résolument engagé sur la voie de la négociation de bonne foi avec les différents groupes de la société québécoise. Les travailleuses et les travailleurs du secteur public sont des alliés avec qui il est primordial de discuter et de négocier. Personne ne connaît les problématiques de la fonction publique québécoise mieux que les employés de l’État. Non seulement Québec solidaire s’est-il déjà engagé à renégocier les conventions collectives imposées, à abolir les lois antisyndicales, à augmenter la durée des vacances, à engager un débat en profondeur sur le temps de travail, mais il est le seul parti politique québécois qui considère les employés de l’État comme de véritables partenaires dans les défis que doit relever la société québécoise. Ainsi, bien que Bill Clennett et Québec solidaire estiment que la situation outaouaise est particulièrement préoccupante et mérite des actions ciblées, il leur paraît tout aussi indéniable que la situation des travailleurs et des travailleuses de la fonction publique québécoise dans son ensemble exige des solutions à portée nationale.