Les candidats débattent devant les groupes communautaires

Châteauguay

Le libéral surprend par son aplomb

monteregieweb.com">Sylvain Daignault

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À tour de rôle, des représentants de différents groupes communautaires ont pu poser des questions à Michel Pinard, du Parti québécois, Véronique Pronovost, de Québec Solidaire, Geneviève Tousignant, de l’Action démocratique du Québec, et Pierre Moreau, du Parti libéral du Québec.

En guise de présentation, la candidate adéquiste a souligné qu'elle croyait aux groupes communautaires qui sont, selon elle, un bon exemple du laisser-aller de l'État et de l'autonomie des gens qui décident de se prendre en main.

Pour la candidate de Québec Solidaire, les groupes communautaires ont atteint le fond du baril et doivent absolument être mieux financés.

De son côté, Pierre Moreau, du Parti libéral, a salué le dynamisme des groupes communautaires qu'il a appris à connaître au cours des derniers temps et il s'est dit heureux de pouvoir présenter les positions de son parti.

Enfin, le péquiste Michel Pinard a mis en doute dès le départ les intentions du Parti libéral qui veut instaurer un stationnement payant au nouveau CLSC de Châteauguay dont, a-t-il ajouté, on attend toujours la construction.

Le ton était donné pour la soirée au cours de laquelle MM. Pinard et Moreau n'ont cessé de se contredire.

Pas de dialyse à Châteauguay

Danielle Wolfe, du Centre d'actions bénévoles du Grand Châteauguay, a demandé aux candidats présents si des soins de dialyse allaient un jour être offerts à l'hôpital de Châteauguay. « Notre organisme offre un service d'accompagnement aux aînés qui ont besoin de ces traitements qui ne sont offerts qu'à Valleyfield ou à l'hôpital Charles-Lemoyne et cela coûte cher. Certaines personnes retardent même des traitements parce qu'elles n'ont pas d'argent. »

En guise de réponse, M. Moreau a rappelé les investissements de 6,2 M$ faits au CHAL au cours des dernières années et s'est dit conscient que les soins de dialyse étaient concentrés dans certains secteurs. « Dans la mesure où les budgets (de l'État) le permettront, je suis prêt à faire des pressions auprès du ministère pour que ce dossier avance. Mais je ne crois pas que les budgets le permettent. »

De son côté, la candidate de l'ADQ a ajouté qu'il était difficile de répondre à cette question car cela impliquait également la formation du personnel, donc de coûts supplémentaires.

« Nous au PQ, nous avons fait de la santé notre priorité », de lancer M. Pinard qui a rappelé que la plateforme péquiste prévoyait un ajout de 500 M$ en santé sur cinq ans et qu'une partie de cette somme pourrait aller au transport et aux soins à domicile.

Pour la candidate de Québec Solidaire, l'État doit se porter garant de la santé des citoyens et devrait assumer entièrement les coûts de transport.

Pensions alimentaires

Par la suite, des représentantes de Re-Nou-Vie ont demandé au candidat Moreau pourquoi le gouvernement retenait dans ses calculs le montant des pensions alimentaires versées par le conjoint, que ce soit pour l'accès à l'aide juridique ou pour l'accès à d'autres services. Sur cette question, le candidat libéral y est allé d'explications chiffrées qui n'ont convaincu personne. Les trois autres candidats ont rétorqué que leur programme prévoyait exclure les pensions alimentaires des calculs.

Financement des organismes et pensions des employés de l'État

Rapidement, les candidates adéquiste et de Québec solidaire ont fait figure de figurantes, les questions étant adressées le plus souvent aux candidats libéral et péquiste.

Martin Thériault, coordonateur au Réseau d’information et d’aide aux personnes assistées sociales (RIAPAS), a indiqué que le financement des organismes communautaires de la Montérégie était en-deçà de la moyenne québécoise et a demandé au candidat libéral s'il allait remédier à cette situation. Pierre Moreau a répondu que le gouvernement libéral avait corrigé une situation similaire en santé depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Quand M. Thériault lui a fait remarquer sous les rires de l'assemblée que le RIAPAS recevait moins par année que ce qu'a coûté un Garden party de l'ancienne lieutenant-gouverneur, soit 50 000 $, et demandé si ce budget pouvait être augmenté de 10 % pour atteindre 55 000 $, le candidat libéral ne s'est pas laissé désarçonné, affirmant clairement qu'il allait examiner la question mais qu'il ne pouvait pas « sur le coin d'une table » lui promettre un meilleur financement car cela représenterait une dépense de 5,8 M$ uniquement pour la Montérégie.

Tant du côté du PQ et de l'ADQ, on promet « d'examiner » la question, sans plus, alors que la candidate de Québec Solidaire a indiqué que le financement des organismes communautaires ne constituait pas une dépense mais représentait des économies pour l'État.

Puis, un citoyen, Gilles Presseault, a demandé à M. Moreau si un gouvernement libéral allait enfin indexer les pensions des employés de l'État des secteurs public et parapublics. En 1982, le gouvernement péquiste de René Lévesque avait décidé de ne plus indexer ces pensions au coût de la vie. « Or depuis 1982, ce geste a créé des surplus de 14 milliards de dollars dans la caisse », allègue M. Presseault.

D'emblée, le candidat libéral, qui a déjà travaillé au Conseil du Trésor, a mis en doute les chiffres avancés par le citoyen retraité et a souligné qu'une pleine indexation coûterait 10 milliards de dollars au Trésor québécois. « Sans compter le fait que ce serait les travailleurs actuels qui devraient payer plus cher en cotisation », d'ajouter M. Moreau.

De son côté, le candidat péquiste a affirmé que le PQ était prêt à négocier et a repris la formule de M. Moreau à l'effet «… qu'il ne ferait pas un chèque de 10 milliards de dollars sur le coin d'une table ».

Environnement

Questionné par Dominique Gendron, de Décontamination Mercier, à savoir ce qui allait être fait dans le cadre des lagunes de Mercier et si l'incinérateur allait être fermé , M. Moreau a mentionné que des poursuites entre Québec et la compagnie étaient encore devant les tribunaux et qu'il était optimiste de voir une entente être bientôt conclue. Par ailleurs, il a rappelé l'arrivée prochaine d'un centre de recherche à Mercier.

De son côté, M. Picard a mentionné qu'il n'y avait pas de solution magique et que son parti allait embaucher davantage d'inspecteurs afin de s'assurer qu'une telle catastrophe ne se reproduise plus.

Logement social

Pour clore la 1re partie du débat, François Giguère, du Comité de logement social Roussillon, a fait remarquer au candidat Moreau qu'il manquait encore des logements abordables dans la région et que cette question était complètement absente de la plateforme libérale. À la surprise de tous, le candidat libéral a annoncé le prolongement du programme Accès-Logis en 2009 et la construction de 3000 nouveaux logements sociaux de même que la rénovation des vieux logements.

La candidate adéquiste s'est dite ravie de l'apprendre alors que son voisin péquiste a souligné que la question du logement social était présente dans la plateforme du PQ et que, depuis 2003 sous les libéraux, 20 000 personnes avaient été retirées des listes d'attente en raison de modifications de critères.

Un candidat de Québec Solidaire surpris par le libéral

Dans l'assistance, Pauline Wiedow écoutait attentivement les candidats. « Mon choix n'est pas encore fait. Le sort des personnes âgées m'intéresse et j'espère en savoir plus lors de la suite du débat », de mentionner la dame par ailleurs étonnée de la franchise du candidat libéral.

Au fond de la salle, le candidat de Québec Solidaire dans Huntingdon, Stéphane Thellen, s'est dit surpris de la tenue du candidat libéral, Pierre Moreau. « Il va au front. Il n'hésite pas à répondre franchement aux questions. Dans mon coin, ce sont des peewees que les grands partis ont envoyé ! » signale-t-il après lui-même avoir participé à un débat à Saint-Rémi lundi soir où il a croisé le fer avec les candidats libéral et adéquiste Stéphane Billette et Albert DeMartin.

À l'extérieur, un fumeur qui requiert l'anonymat s'est également dit étonné de la maîtrise des dossiers locaux de la part de M. Moreau. « Pour un gars de l'extérieur, il semble connaître son affaire. »

De son côté, le modérateur de la soirée, Jean-Denis Lefebvre, organisateur communautaire au CLSC Châteauguay, préférait s'abstenir de déclarer un ou une gagnante. L'organisatrice de la soirée, Sylvie Langlois, de la maison d'aide et d'hébergement La Re-Source, n'a pu être rejointe avant l'heure de tombée du Soleil.

Les candidats ont encore neuf jours pour faire campagne.

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