Jeu questionnaire sur la réussite scolaire
Répondez aux différentes questions et consultez ensuite les réponses de l'auteur, c'est parfois surprenant mais toujours instructif.
1.
De 1979 à 2004, les taux de décrochage scolaire des garçons et des filles de 19 ans se sont accrus.
Vrai ___ Faux ___
2.
Les garçons n’affichent aucun retard particulier par rapport aux filles sauf en lecture et en écriture.
Vrai ___ Faux ___
3.
Des écoles non mixtes aident les garçons à réussir leurs études.
Vrai ___ Faux ___
4.
Un plus grand nombre de professeurs masculins aident les garçons à réussir leurs études.
Vrai ___ Faux ___
5.
Une intervention contre les stéréotypes sexuels aide les garçons et les filles à réussir à l’école.
Vrai ___ Faux ___
6.
Les pratiques de lecture assidues et diversifiées contribuent à une augmentation de la compréhension à l’écrit tant pour les garçons que pour les filles.
Vrai ___ Faux ___
7.
Les jeunes qui prennent en charge leur scolarisation sont plus performants à l’école.
Vrai ___ Faux ___
Les réponses au Jeu questionnaire
- De 1979 à 2004, les taux de décrochage scolaire des garçons et des filles de 19 ans se sont accrus.
Faux, selon les données du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), le taux de décrochage scolaire des garçons est passé de 43,8 % en 1979 à 24,3 % en 2004. Celui des filles est passé de 37,2 % à 13,9 %. C’est une amélioration très nette dans l’obtention d’un diplôme. Il ne s’agit pas d’une situation catastrophique pour l’une et l’autre sexe. Pourtant, seulement 11 % du personnel enseignant pense que le taux de décrochage scolaire des garçons a diminué au cours de cette période.
2. Les garçons n’affichent aucun retard particulier par rapport aux filles sauf en lecture et en écriture.
Vrai, les données statistiques de 1999, 2005 et 2006 à l’épreuve unique du MELS démontrent que les garçons et les filles obtiennent des résultats similaires peu importe la matière sauf en langue d’enseignement (lecture et écriture). Pourtant 55 % du personnel enseignant croit que les filles dépassent les garçons dans toutes les matières.
Ce phénomène n’est pas propre au Québec. C’est une tendance lourde dans les pays de l’OCDE qui signale qu’en quatrième année déjà les filles surpassent généralement les garçons pour la compréhension de l’écrit alors qu’à 15 ans, l’écart entre les filles et les garçons est considérable.
3. Des écoles non mixtes aident les garçons à réussir leurs études.
Faux, des analyses en profondeur des diverses interventions dans les écoles et l’évaluation de leurs effets sur les garçons tant au Québec qu’en Australie ont démontré que l’introduction de la non mixité dans les écoles ne produits en soi aucune amélioration des apprentissages des garçons, ni de leurs résultats scolaires.
Il existerait même certains risques associés à la formation de classes non mixtes. En effet, ce ne sont pas tous les garçons qui ont des difficultés scolaires mais seulement une partie d’entre eux. Tout comme les classes de filles, les classes de garçons comprennent une bonne proportion de jeunes qui évoluent sans difficulté particulière. Au plan pédagogique, il serait plus productif d’intervenir seulement auprès du nombre restreint de jeunes en difficulté qui a besoin d’une attention spécifique.
D’autre part, certaines interventions pédagogiques ont entraîné une diminution des attentes du corps professoral à l’égard des garçons et une réduction des exigences et des contenus d’apprentissage. Le fait d’adapter les contenus aux intérêts masculins n’est pas avantageux puisque les représentations stéréotypées de la masculinité ne sont pas remises en question. Cela peut nuire aux jeunes qui ne correspondent pas aux modèles masculins dominants.
4. Un plus grand nombre de professeurs masculins aident les garçons à réussir leurs études.
Faux, le sexe du personnel enseignant n’a pas d’impact sur les résultats scolaires qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme avec groupe de garçons, ou d’une femme ou d’un homme avec groupe de filles. C’est la qualité de la relation entre la personne qui enseigne et les élèves qui constitue le facteur primordial dans l’atteinte de bons résultats scolaires, tant chez les garçons que chez les filles. Ce résultat de recherche contredit encore la théorie du déficit de modèles masculins à l’école.
5. Une intervention contre les stéréotypes sexuels aide les garçons et les filles à réussir à l’école.
Vrai, l’affranchissement des stéréotypes sexuels s’accompagne d’une meilleure réussite scolaire. Cet affranchissement est plus marqué dans les milieux favorisés que dans les milieux modestes. Sous ce rapport, les filles sont moins marquées par l’origine sociale que les garçons. Il y a une plus petite proportion de garçons que de filles qui réussit à se dégager des stéréotypes sexuels. D’où l’importance pour le réseau scolaire de se doter d’une politique d’intervention favorisant l’égalité entre les sexes, centrée sur la déconstruction des stéréotypes sexuels masculins et féminins. Elle aura pour effet de rapprocher les garçons et l’école et de réduire d’autant les écarts de réussite entre les sexes. Cette politique sera également bénéfique aux filles.
6. Les pratiques de lecture assidues et diversifiées contribuent à une augmentation de la compréhension à l’écrit tant pour les garçons que pour les filles.
Vrai, les enquêtes internationales de l’OCDE ont démontré un lien statistique très étroit entre des profils de lecture et l’augmentation des compétences en compréhension de l’écrit dans tous les pays. Le fait de diversifier ses lectures et de lire des textes longs, par exemple des livres plutôt que des bandes dessinées, caractérise ceux et celles qui obtiennent de meilleurs résultats. L’effet positif des pratiques de lecture fréquente et prolongée serait même apte à compenser certains effets négatifs liés au statut socio-économique des jeunes vivant en milieu modeste. Le choix des lectures proposées doit se faire en fonction de la stimulation intellectuelle qu’elles procurent, non en fonction d’intérêts manifestes ou présumés stéréotypés. Il s’agit de lire pour ouvrir ses horizons.
7. Les jeunes qui prennent en charge leur scolarisation sont plus performants à l’école.
Vrai, si l’école et les parents jouent un rôle extrêmement important dans l’atteinte des objectifs de réussite, il faut reconnaître aux jeunes leur part de responsabilité propre en ce domaine et, conséquemment les former à l’assumer. Retenons que la motivation et le plaisir d’apprendre accompagnent la réussite scolaire des garçons et des filles. Apprendre aux jeunes la prise en charge de leur scolarisation, c’est aussi leur transmettre le plaisir de le faire. Son pouvoir de motivation devient alors beaucoup plus efficace que le discours dominant sur la nécessité d’un diplôme. Il ne leur reste plus qu’à fournir les efforts nécessaires pour y arriver.
Vos résultats !
7 bonnes réponses : vous êtes très au courant du phénomène de la réussite scolaire
6 et 5 bonnes réponses : vous avez une bonne connaissance du dossier
4 bonnes réponses : vous avez une connaissance embryonnaire qui mérite d’être approfondie
3 et 2 bonnes réponses : vous avez intérêt à vous documenter davantage sur le sujet
1 seule bonne réponse : vous ne connaissez rien du tout à la chose
Jean-Claude St-Amant
Chercheur en éducation, Jean-Claude St-Amant a commencé sa carrière professionnelle comme historien et a enseigné pendant plusieurs années à l’Université du Québec à Rimouski. Des interrogations sur les rapports sociaux en contexte pédagogique l’amènent ensuite à réorienter ses réflexions et ses recherches vers la sociopolitique de l’éducation. Il se joint au Groupe d’experts à l’origine du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), issu d’un partenariat entre l’Université Laval, (Québec) et
la Centrale
des Syndicats du Québec (CSQ), et participe à divers travaux de
la Chaire
d’étude Claire-Bonenfant sur la condition féminine.
Intéressé par diverses formes d’inégalités sociales et leurs effets sur la scolarisation, Jean-Claude St-Amant mène des recherches qui portent principalement sur les écarts de réussite entre les filles et les garçons et leurs milieux sociaux ; sur la contribution respective des parents et du personnel enseignant à la réussite des jeunes ; sur les dynamiques scolaires dans les familles de milieu populaire ; sur la mixité à l’école et enfin sur les conditions de retour aux études réussi en milieu autochtone.
Conscient du lien étroit entre la production de nouvelles connaissances et certains enjeux sociaux, il participe volontiers à des débats publics dans le domaine de l’éducation et dans celui des rapports inégalitaires entre les hommes et les femmes.
Vous voulez en savoir davantage sur la réussite scolaire des garçons et des filles, alors consulter l’ouvrage de Jean-Claude St-Amant, Les garçons et l’école, Éditions Sisyphe, collection Contrepoint, ISBN : 978-2-923456-06-5


