Journée nationale des Patriotes
Au-delà du devoir de mémoire des Québécois-es pour les femmes et les hommes patriotes qui ont lutté pour l'émancipation sociale et culturelle, pour la liberté et pour l'indépendance, nous devons faire plus qu'un vibrant hommage.
Pour ne pas enfermer les Patriotes dans le folklore, il nous faut refuser la corruption de nos démocraties et ne nos pouvoirs publics par l'intérêt privé et les multinationales. Pour célébrer la mémoire des Patriotes, il nous faut protéger l'intérêt général en luttant contre la pauvreté et en proposant un modèle alternatif de développement plus respectueux de notre environnement.
C'est ce qu'Amir Khadir, entouré de plusieurs membres montréalais de Québec solidaire, a déclaré sur le Mont-Royal à l'issue de la longue marche qui avait débuté au Pied-du-courant en ce beau et frais lundi 18 mai. Organisée par les Jeunes patriotes du Québec, en collaboration avec la Société Saint-Jean-Baptiste, cette manifestation a attiré plusieurs centaines de personnes de tous horizons politiques.
Discours d'Amir Khadir lors de la journée nationale des Patriotes – 18 mai 2009
« On célèbre aujourd'hui le 18 mai, la journée nationale des Patriotes. Mais comment célébrer les Patriotes? Comment dépasser le symbolisme et le strict devoir de mémoire, pour en faire un héritage vivant et vibrant ? Pour moi, pour apprécier les Patriotes à leur juste valeur, il faut refuser de les enfermer dans le folklore – il faut actualiser l'esprit de leur révolte.
Pour imaginer ce que serait l'action des patriotes dans l'arène politique contemporaine, il faut poser aux Patriotes des questions d'aujourd'hui. Ces hommes et ces femmes ont lutté pour l'émancipation sociale et culturelle des Canadiens français, pour leur liberté, pour l'indépendance.
Laisseraient-ils aujourd'hui les décisions importantes qui touchent notre économie reposer entre les mains des grands marchands, des financiers et de l'élite politique qui leur est inféodée?
Accepteraient-ils que des cercles d'intérêt privé et des lobbies forestiers, miniers, pétroliers et des banquiers exercent une telle influence sur les décideurs publics? Que feraient les Patriotes devant la corruption rampante dans nos villes et nos ministères? Accepteraient-ils la dilapidation de nos richesses par des multinationales minières et forestières sous prétexte qu'elles nous donnent des jobs?
La réponse à ces questions est claire : c'est non.
La réponse d'un Robert Nelson à ces lobbyistes de tout acabit qui corrompent nos démocraties et nos pouvoirs publics, la réponse de Nelson aux Guy Chevrette et Pierre Corbeil, c'est non : des jobs c'est pas assez. Nelson leur dirait que les pharaons aussi donnaient des jobs! Qu'un peuple n'a pas à se contenter de si peu.
Nelson leur dirait comme Simon Bolivar : « la souveraineté première d'un peuple réside dans la capacité de son gouvernement de protéger l'intérêt général de l'abus des puissants ».
Un gouvernement souverain se donne le droit d'exiger des acteurs du marché – gouvernement étranger ou multinationale locale – de respecter son peuple, de respecter sa culture et sa langue, de respecter l'environnement et de respecter ses lois et de payer leurs impôts comme tout le monde.
Oui, pour célébrer la mémoire des Patriotes, il faut se demander s'ils pourraient tolérer aujourd'hui qu'une société aussi riche que la nôtre ne prenne pas les moyens pour éradiquer la pauvreté? Pourraient-ils assister à la dégradation avancée de nos lacs, rivières et forêts sans proposer un modèle économique alternatif qui assure un développement plus durable, plus harmonieux avec la nature?
C'est dans les réponses à ces questions – réponses qui appartiennent à notre peuple – que réside l'héritage le plus précieux des Patriotes. »



