Un débat vide de sens

Beaucoup de chiffres, beaucoup de grands mots, beaucoup de reproches. Beaucoup de beaucoup.

Le débat que nous avons entendu le soir du 25 novembre, et disputé entre les 3 chefs des grands partis, ressemblait à un débat où il fallait prouver, où il fallait régler des problèmes entre 3 personnes et non entre 3 chefs qui ont un mot à dire et qui auraient tant à gagner à discuter avec le peuple.

Quelqu'un a fait le commentaire suivant " Les 3 chefs ont parlé entrent eux alors que Françoise a parlé avec le peuple.''

VRAI. Force est de constater que le débat aurait été beaucoup plus enrichissant si Françoise David et Guy Rainville avaient été présents. Force est aussi de constater que beaucoup de sujets auraient pu être abordés, mais nous avons préféré sortir 1001 chiffres qui n'ont pas donné une vision bien nouvelle au peuple québécois. Il faudra réformer nos méthodes de faire: il faudra inviter les chefs des partis qui font leur place sur la scène politique québécoise. Québec solidaire et le Parti vert sont des alternatives qui rejoignent un total de 10% des gens qui iront voter. Et combien d'autres qui ne votent pas?

Ces gens ont la chance de mettre une croix à côté d'un choix qui les représente vraiment: donnons-leur la chance d'entendre la voix de ces deux chefs.

Un développement trop intense et trop peu étudié

Qui a-t-il de nouveau dans cette campagne électorale? Rien. Pas de grands projets, pas d'innovation.

Sauf peut-être le projet du développement du Grand Nord, par le gouvernement Charest. Le prochain objectif québécois: le prochain rêve accessible. Atteindre le grand nord, mettre de l'asphalte pour atteindre les grandes rivières au potentiel hydroélectrique et les exploiter.

Des visions à court terme, qui ne feront pas du Québec un leader et qui n'offrent surtout pas de solutions à long terme.

Le problème de la politique actuelle réside dans ces visions à court terme: dans ces prochains qui ne tiennent pas compte d'une dynamique globale. Développer le Nord, c'est la prochaine étape pour coloniser un territoire encore vierge, encore pur. Pour déplacer des gens qui y vivent depuis des générations.

Un tel plan n'a pas de vision. Québec solidaire, quant à lui, propose plutôt d'investir dans des énergies renouvelables, des énergies vertes, que ce soit l'éolien, la géothermie, l'énergie solaire ou l'énergie à partir de la biomasse forestière. Mais même ces projets devront accorder une attention très particulière aux attentes des communautés locales et se feront dans le respect de leurs pleins pouvoirs. Nous devrons analyser consciencieusement les impacts de l'implantation de ces énergies alternatives.

Quel avenir pour l'éducation?

La discussion sur l'éducation fut très animée. Encore une fois, Québec solidaire propose une approche complètement différente des autres partis, mais rejoint quand même Mme Marois et le Parti Québécois, notamment sur le nombre d'élèves en classe. Mais de gratuité scolaire, personne n'a parlé. Et pourtant! Les frais de scolarité augmentent, les universités tentent d'imposer des frais afférents toujours plus hauts, pour trouver des sources de financement. Oui, il y a un manque de ressources financières flagrants en éducation: c'est le devoir de l'État d'investir dans la formation de ces citoyens et citoyennes. Car il s'agit bien d'investir: l'éducation est le seul investissement qui soit rentable, une vie durant. Les retombées économiques, qui semblent être l'enjeu prioritaire, de nos jours, seront rentables pour l'état, par le biais de la taxation sur les salaires, qui seront égaux au niveau d'études atteint.  

Le gouvernement du Québec, s'il voulait vraiment réinvestir en éducation, prendrait dès aujourd'hui des moyens simples d'y arriver: premièrement, en rapatriant les prêts des mains des caisses, pour que les intérêts retombent dans les mains du gouvernement et non aux caisses (il s'agit là d'une situation qui aurait dû rester entre les mains du gouvernement du Québec - et il ne s'agit pas de mettre le blâme sur les caisses Desjardins, il ne s'agit pas non plus de parler contre les Caisses Desjardins, coopératives que nous appuyons).

Il y a beaucoup de choses à revoir, dans notre société. Comme partout ailleurs. Québec solidaire aimerait avoir la chance de travailler avec les autres partis, afin que nos idées fassent avancer la société québécoise. C'est ce que nous continuerons de faire, via nos voix d'électeurs et de porte-paroles. En tant que candidate à ces élections, mon désir est de véhiculer des idées, des valeurs et de faire changer les choses, dans la mesure du possible.

Lettre ouverte : Marianne Mathis, 26 novembre 2008