La violence de la pauvreté: au-delà de la charité, la justice !
« La pauvreté est la pire violence » disait Gandhi. Dans Papineau, comme ailleurs au Québec, beaucoup de citoyens en « arrachent » pour arriver, et même en « arrachent » pour manger... Et les organismes de la région disent constater une augmentation de cette pauvreté!
Selon les dernières données disponibles de l'Institut de la statistique du Québec, le revenu d’emploi moyen des travailleurs est $15 359 plus bas dans la MRC de Papineau que dans celle de Gatineau. Si les décisions gouvernementales avaient favorisé une gestion respectueuse de nos forêts publiques et les politiques agricoles, favorisé davantage les petits producteurs plutôt que la domination des géants de l'agri-business, il n'y aurait pas de crise forestière et agricole, il y aurait moins de chômage, moins de faillite, moins de pauvreté
Bien sûr, il y a la Guignolée, les paniers de Noël, le Club des petits déjeuners, les dons de toutes sortes, tous ces gens bénévoles et organismes communautaires qui travaillent à soulager la souffrance. Cependant la pauvreté ne devrait pas être une question de charité mais de justice. La dignité de la personne est ainsi respectée.
Si la pauvreté se vit localement, les causes se situent bien souvent au niveau provincial, national et mondial. La pauvreté résulte des politiques gouvernementales.
« Si nos logements n'étaient pas si chers, on n'aurait pas si faim » Qu'a fait M. MacMillan pour la création de logements sociaux?
On entend souvent nos gouvernements parler de création de richesse. Pour les libéraux, la richesse créée chez les plus riches descend vers les plus pauvres – c’est la philosophie qui nous a donné la situation que l’on connaît. Depuis les années 80, cette « richesse » ne cesse de s'accumuler, la « tarte » ne cesse de s'agrandir et pourtant la grande majorité des citoyens voit leur morceau rester le même et même diminuer. Ce qui descend vers la population, entre-temps, c’est un fardeau grandissant.
Le fondement de la répartition de la richesse est un juste salaire.... La moindre des choses serait que ceux qui « créent de la richesse » par leur travail puissent en bénéficier. Le salaire minimum actuel ne permet même pas d'atteindre ce qui est établi comme seuil du faible revenu.
Le gouvernement Charest a utilisé le « baîllon » pour modifier le règlement 45 de la loi du travail afin de favoriser la sous-traitance... Est-ce que cela favorisait un juste salaire? Est-ce que cela contribuait à réduire la pauvreté ou le contraire? Est-ce que M. MacMillan s'était opposé à cette modification? Un gouvernement de Québec solidaire n'aurait jamais adopté un règlement favorisant la sous-traitance.
L'autre moyen de base pour répartir la richesse est un juste système fiscal. Or, plus ça va, plus il y a déséquilibre fiscal. Et celui-là est bien pire que celui entre Québec-Ottawa. Selon Statistiques Canada, dans les années 50 les contribuables versaient 50,8% des revenus d’impôts de l’État, les Compagnies 49,2 %. En 1993: les contribuables versaient 88,6 % de ces revenus et les Compagnies, 11,4 %. Les grandes entreprises réclament toujours plus de baisse d'impôt, sous prétexte de pouvoir investir davantage afin de « créer » de l'emploi. Or, c'est de la pauvreté qu'elles « créent » en délocalisant! Quand les citoyens en auront-ils assez de se faire manipuler ainsi? Seul Québec solidaire fait de la justice sociale une priorité et prône que chacun reçoive sa juste part.
Le gouvernement Charest a reçu des millions du gouvernement fédéral. Avec ses diminutions d'impôt avant les dernières élections, loin de mieux répartir, cette « tarte », le gouvernement libéral a agrandi la part de ceux qui avaient déjà les plus gros morceaux! Selon le tableau F.5 du budget de Mme Forget:, une famille monoparentale ayant un enfant avec un revenu de $15000 fera un gain de $27, celle avec un revenu de $175,000 fera un gain de $969. Un couple avec deux enfants ayant un revenu de $30,000 fera un gain de $110; avec un revenu de $175,000 c'est un gain de $1939. Est-ce que M. MacMillan s'est opposé à cette réduction d'impôt en faveur des mieux nantis?
Les gouvernements répondent que s'ils imposent trop les Compagnies, celles-ci s'envoleront vers d'autres cieux plus cléments avec leurs profits. Elles le font déjà ! D'ailleurs, qui a capitulé en autorisant la libéralisation et la déréglementation des capitaux? N'ont-ils pas honte de céder ainsi au chantage? Qui a le mandat de veiller au bien commun? Dans un excellent article: Les inégalités, racine de la crise économique, Philippe Langlois, montre que ces inégalités posent un problème pour la stabilité même du système économique. (1) Vivement que les gouvernements se réveillent!
Nos gouvernements nous disent: « Difficile d'instaurer un juste système fiscal quand les paradis fiscaux font compétition » Qu'attendent-ils alors pour se concerter et éliminer une fois pour toutes ce fléau qui, même pour notre système économique actuel, est un danger?
L'élimination de la pauvreté passe nécessairement par l'abolition des paradis fiscaux. Selon la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM, « Les banques canadiennes et l'évasion fiscales dans les paradis fiscaux: 16 milliards $ d'impôts éludés » sur une période de 15 ans, soit de 1993 à 2007. Comment répartir la tarte équitablement si une grande partie disparaît dans les trous noirs que sont les paradis fiscaux? Un gouvernement qui prétend lutter contre la pauvreté et ne travaille pas à régler cette fraude fiscale, trahit ses électeurs. Quelle pression en ce sens a entrepris le gouvernement Charest?
Mgr Helder Camara, alors archevêque au Brésil, disait: « Quand je donnais du pain aux pauvres, on me considérait comme un saint, quand j'ai expliqué pourquoi ils étaient pauvres, on me traita de communiste ». Mme Monique Bégin, qui pourtant n'est pas une « communiste », dit la même chose: « Toutes nos élites nous ont assuré que le capitalisme et les lois du marché serviraient de mécanisme de régulation et de répartition de la richesse. Or, nous savons aujourd'hui que c'est une vaste blague »
En démocratie, les élus reçoivent le mandat de prendre leurs décisions en fonction du bien commun. Chaque fois qu'une décision gouvernementale n'est pas prise dans l'intérêt du public, il y a déficit démocratique. Plus il y a de pauvreté, moins un pays est démocratique. .
Françoise Breault
Candidate de Québec solidaire dans Papineau
30 novembre 2008
(1) Le Devoir, 28 novembre 2008




