Pour la souveraineté alimentaire

Dans Papineau, comme partout ailleurs au Québec, l'agriculture est en péril, prise au piège de la mondialisation.

Selon la Coop fédérée, d'ici 10 ans, il ne restera que 18 000 fermes au Québec. (1) En 1955, il y en avait 150 000! Le statut quo actuel ne va qu'accentuer la poursuite de la saignée. En 2007, 75 % des fermes ne pouvaient survenir aux besoins d'une famille de deux enfants.

Dans Papineau, les  petites fermes, dont un bon nombre sont biologiques, sont loin d'être encouragées comme il se doit. Ce sont les 3000 grandes entreprises agricoles du Québec qui accaparent les fonds. Quand va-t-on rediriger ces fonds de manière équitable?

Une autre façon d'encourager notre agriculture serait de rendre l'étiquetage des OGM obligatoire. La population a le droit de savoir ce qu'il y a dans son assiette. Nos gouvernements font la sourde oreille. Je devrais dire plutôt: leurs oreilles est à l'écoute des grandes entreprises comme Monsanto. Est-ce bien cela la démocratie?  Québec solidaire rendra l'étiquetage des OGM obligatoire.

Les producteurs locaux sont en proie à nombre d’embûches et leur fermeture nuirait aussi au secteur touristique, car toutes ces fermes bios, en plus de permettre aux gens d'ici de manger frais et local,  c'est aussi une grande partie du charme de la Petite-Nation  La création d'une coopérative d'abattage, par exemple, où les petits producteurs seraient maîtres-d'oeuvre serait une des solutions que Québec solidaire encouragerait fortement.

Le Rapport Pronovost ouvraient la porte à des solutions efficaces par ses propositions réalistes.  En ce temps de crise économique, en diversifiant la production, en misant sur la valeur ajoutée, en développant des produits de niche et du terroir, en axant sur la production biologique, comme le recommande le rapport, l'économie des régions pourrait être revitalisée. Pourtant dès sa sortie, les trois partis politiques annonçaient qu'ils ne tiendraient pas compte de sa recommandation clé, à savoir mettre fin à la domination absolue de l'UPA.  Nos gouvernements préfèrent laisser l'agriculture à l'UPA, comme ils ont laissé « la forêt aux papetières et la pêche aux grands chalutiers »(2) avec les résultats que l'on connaît.  Selon l'Union paysanne, cette façon de faire  mène actuellement notre agriculture vers la disparition. (3)   En ces temps de crise économique, voulons-nous vraiment laisser les clés de notre garde-manger à quelques conglomérats de l'agri-business? L'assurance de la souveraineté alimentaire est plus primordiale que jamais. Un gouvernement de Québec solidaire mettrait tout en oeuvre pour son application.

Nos gouvernements ont capitulé en signant l'Accord sur l'Agriculture, accord qui a enchaîné nos agriculteurs. Le milieu culturel s'est mobilisé pour faire sortir la culture des accords de l'OMC. Il serait urgent de faire aussi sortir l'agriculture de l'OMC.

Françoise Breault

20 novembre 2008

(1)  Éric Proulx, Le Devoir, 10 mars 2008

(2)  Roméo Bouchard, Le Devoir, 17 février 2008

(3)  Site de l'Union paysanne