Pour un Québec souverain

Vouloir un pays

Toutes les raisons sont bonnes pour dire ce rêve : 

  • Rapatrier les pleins pouvoirs à Québec, éviter les duplications coûteuses;
  • Protéger le fait français;
  • Ranger aux oubliettes le rouleau compresseur de la pensée unique obsédée par le déficit 0 et le remboursement de la dette, s’affranchir de l’impérialisme néolibéral;
  • Décider de ne plus être la chair à canons des autres, aller de l’avant vers Kyoto;
  • Bâtir ensemble une société égalitaire, juste, durable …

Je suis devenue souverainiste en 1998.

Historienne, je pris connaissance de textes des « Pères de la Confédération » (36 hommes, dont 6 représentants de la future province du Québec, de ce nombre 4 francophones). Ces bourgeois, magnats de la fourrure et/ou du bois, propriétaires de tout : des chemins de fer jusqu’à la presse écrite, concentraient une quantité énorme de richesses et de pouvoirs dans leurs mains et leurs poches, grâce à la colonisation.

Alors qu’ils étaient à Londres pour finaliser les négociations pour l’Acte d’Amérique du Nord Britannique (AANB ou la Confédération de 1867), leurs employés, les journalistes restés ici, télégraphiaient des demandes d’information pour leurs lecteurs. Ces derniers avaient certainement le droit de savoir ce qui allait advenir de leur pays … Dans leurs réponses de patrons, les puissants « Pères de la Confédération » admettaient sans honte que leur objectif n’était que de profiter plus encore d’un marché intérieur et que la démocratie – et surtout l’avis du peuple sur son propre avenir – n’avait rien à voir là-dedans.

Le mythe des peuples fondateurs et le reste venait de s’effondrer pour moi et ce, définitivement.

Je veux désormais un pays, mais pas n’importe lequel, bâti n’importe comment; je recherche un projet de société.

Bâtir un pays

Québec solidaire est un parti de gauche : nous pensons que l’émancipation sociale (sortir du moule actuel néolibéral) va de pair avec l’émancipation nationale (sortir du fédéralisme canadien issu du colonialisme). Autrement dit : la lutte pour la souveraineté nationale du Québec ne peut se faire sans une redéfinition globale de la société aux plans social, économique et démocratique. Nous voulons un pays pour touTEs les QuébécoisES, où tout « notre » monde pourra vivre dignement et participer pleinement dans une société juste, écologique, pacifique, altermondialiste, en un mot : solidaire.

Pour Québec solidaire, cette année est dédiée à la souveraineté. Parce que les inégalités sociales et les menaces contre les écosystèmes sont enchâssées dans le système actuel fédéral. Parce que notre avenir collectif exige une meilleure redistribution de la richesse, la protection de l’accessibilité, de l’universalité et de la gratuité des services publics (notre cher modèle québécois, nos historiques acquis de la Révolution tranquille). Pour décider ensemble quel pays nous voulons :

Celui des riches, qui ont pour ancêtres les Pères de la Confédération, et qui continuent d’exploiter nos richesses, les ressources du territoire québécois et la population qui l’habite, à travers des compagnies tellement puissantes qu’elles dictent leurs lois aux gouvernements?

Celui des gens, les personnes mieux nanties, la classe moyenne, la gente contribuable, mais aussi ceux et celles qui vivotent au bas de l’échelle, les « j’en arrache » ?

Est-il besoin de le dire? Québec solidaire est du côté des gens, des travailleurs et travailleuses mais aussi des démuniEs que le système actuel oublie. Leurs voix comptent pour nous.  

Je compte sur votre vote pour bâtir ensemble un pays aujourd’hui et pour l’avenir avec Québec solidaire.                    

La souveraineté populaire

Quel pays voulez-vous?

Le Parti vert s’arrête à la défense de la spécificité culturelle. Le Parti libéral se contente des miettes conservatrices. L’Action démocratique(avec son logo dont le sigle montre mathématiquement - > - que l’action est plus importante que la démocratie) veut vous recouvrir frileusement du voile « pure laine » de l’autonomie provinciale. Navrant …

Le PQ vous rassure sur ce qui ne changera pas (la cote AA, le dollar, etc.). Le seul mandat que vous pourrez exprimer, lors d’un éventuel référendum, c’est que le gouvernement (c’est-à-dire le parti au pouvoir) négocie pour vous votre avenir auprès du ROC (« Rest  Of Canada »). En espérant que la Loi fédérale sur la clarté de la question ne remette pas en cause tout ce processus minimalement démocratique, vous aurez peut-être la chance de vous prononcer sur le résultat plus tard. LeParti indépendantiste propose une démarche plus expéditive et tout aussi déficitaire au niveau démocratique.

Voilà pour les partis clairement souverainistes et qui se prétendent à gauche.

Le problème de ces options, c’est que le gouvernement, formé de députéEs qui suivent des lignes de partis selon des visions de la chose publique (à droite on vote des baisses d’impôts alors qu’à gauche on vote une hausse du salaire minimum), n’ont pas reçu le mandat de négocier une nouvelle Constitution lors de leur élection. Un référendum leur donnerait ce mandat, cependant, ce serait laisser la chose la plus importante : notre avenir collectif, dans les mains d’un petit nombre avec des intérêts particuliers, comme en 1867.

Choisir le pays

Vous souvenez-vous des États généraux du Canada français de 1966 à 1969? Pour les autres, imaginez un effort collectif de démocratie participative qui réunit les forces vives (c’est-à-dire le vrai monde) autour d’un projet de société, l’avenir d’un peuple.  

Bilan : 2 tournées rejoignant 43 villes du Québec, 25 000 questionnaires dépouillés, 19 Cahiers d’animation distribués dans tout le territoire québécois, 8 920 organismes et associations ont participé aux assemblées, 108 comtés ont envoyé des milliers de déléguéEs aux 4 grandes Assemblées.

Le principal résultat des États généraux : l’idée d’une Constituante; des personnes élues qui consulteraient la population, débattraient avec elle et lui proposeraient une constitution. Le référendum servirait de validation du mandat de la Constituante et non d’ouverture de négociations pour la Constitution. Les États généraux ont même proposé les grandes lignes d’une Charte constitutionnelle accompagnée d’une Charte des droits.

Québec solidaire propose justement cette démarche bonifiée en arrivant au pouvoir. Des personnes élues au suffrage universel, des personnes représentatives de tous les segments de la population et de toutes les régions. Ces personnes seront mandatées pour non seulement consulter mais aussi collaborer avec les gens pour arriver à un projet collectif dans un texte que les QuébécoisES pourront ratifier parce qu’ils/ELLES y auront participé.

Avec cette démarche, nous faisons confiance au peuple québécois qui sait ce qu’il veut et ne veut plus; avec ses aspirations, ses rêves, ses projets, les valeurs et les acquis qui lui sont chers.

Oui, les forces habituelles du néolibéralisme s’agiteront. Mais cette fois, la gauche aura autant de moyens pour se manifester. Oui les fédéralistes seront craintifs.  Nous aurons à les convaincre et ça prendra du temps. On le prendra. Ça demande aussi de faire confiance aux valeurs de Québec solidaire qui est et va rester souverainiste, féministe, écologiste, pacifiste, alter mondialiste. Surtout, Québec solidaire croit et reste convaincu que l’économie est au service des personnes, pas le contraire.

Mais parce que nous vivons dans un environnement néolibéral (le « ROC » et les États-Unis), justement, le projet collectif du Québec sera remis en question. La crédibilité et la force de notre souveraineté doivent donc passer par l’élargissement de sa base démocratique; d’où la nécessité d’un processus comme la Constituante : c’est au peuple de décider le pays (ses valeurs, ses Lois, ses institutions) qu’il veut se donner. Donnons-lui le droit qui lui est refusé depuis 1867 et même avant.

La Constituante est pour moi ce véhicule qui peut accueillir beaucoup de monde (ça tombe bien je suis pour le transport en commun) et Québec solidaire est le seul parti à en faire le moteur de sa démarche souverainiste. Le périple me semble passionnant : choisir ensemble notre projet collectif. Il me tarde de le faire.

Choisir le pays, maintenant

Dès maintenant, Québec solidaire ouvre un grand chantier sur la souveraineté. Des cercles de débats seront animés par les associations locales et régionales. L’occasion est trop belle pour ne pas inviter toute personne, militante de Québec solidaire ou sympathisante qui embrasse les mêmes valeurs, à y participer et ainsi agir pour la transformation sociale qui assurera la souveraineté populaire du Québec.

Pointeliers et Pointelières vous pouvez déjà choisir le pays maintenant en votant Québec solidaire!

Marie Josèphe Pigeon

Ces textes sont librement inspirés par ceux de Françoise David, porte-parole nationale et de Bernard Rioux, de la Commission souveraineté de Québec solidaire.