Les propositions de Québec solidaire en environnement
Le Parti Québécois a proposé notamment de créer une « bourse du carbone » basée à Montréal ou « marché climatique de Montréal » afin de réguler les émissions de gaz à effet de serre. Que peut-on comprendre de cette mesure proposée par le PQ ?
Le choix des termes est important : le climat est géré sur un « marché », où par définition seuls les plus riches s’en sortent : les gros pollueurs n’auront aucune difficulté à s’acquitter des taxes s’ils souhaitent continuer à polluer.
Ce système pourrait être résumé par la formule : « Si tu veux polluer, tu paies ». Certes, cette mesure peut apparaître a priori contraignante, mais elle n’aura dans la réalité aucun impact sur les gros producteurs de gaz à effets de serre. Les marges dégagées grâce à leurs activités lucratives leur permettront de payer les contreparties financières exigées en cas de dépassement des quotas d’émissions de CO2 autorisées.
Elle découragera au mieux les petits producteurs, qui réduiront certes leurs émissions de GES, mais cette réduction relative ne constituera qu’un pourcentage minime de la réduction escomptée.
Se mettra en place une économie du rachat des permis de polluer entre les petites et les grandes entreprises. On assistera à l’émergence de « très gros » producteurs et à la disparition des petits. Donc c’est une mesure parfaitement inutile.
Il s’agit d’une mesure néolibérale (puisque favorisant les possédants) visant à contrer les conséquences environnementales du système… Donc on peut affirmer que le PQ souhaite instaurer une mesure qui incarne toute l’absurdité des politiques de droite en matière environnementale : en effet, en l’absence d’une réflexion sur le système économique lui-même, toute les « mesures » supposées réguler l’activité humaine seront parfaitement inutiles.
De plus, il existe dans le domaine de l’environnement, malgré les nombreuses mesures prévues par le PQ, un réel déficit démocratique dans le mode de gestion des questions environnementales.
Afin de mettre l’État québécois au centre des décisions sur le contrôle de la production et de la distribution de l’énergie au Québec, Québec solidaire :
a) nationalisera le secteur de l’énergie éolienne et créera Éole-Québec, une société publique qui sera au cœur du développement de cette industrie. Éole-Québec développera ce secteur en coresponsabilité avec les instances de démocratie participative locales, régionales et autochtones. Celles-ci seront responsables de la mise en œuvre des nouveaux projets, dans le respectde l’environnement et du résultat des consultations publiques. Elles pourront conserver une part équitable des bénéfices issus de ces projets. ;
b) redonnera à Hydro-Québec sa mission originale : fournir de l’électricité de façon accessible à l’ensemble du peuple québécois.
Québec solidaire créera les comités forestiers locaux, des organismes sans but lucratif qui se verront confier la prise en charge d'une gestion écosystémique de la forêt publique et dont les plans de gestion seront approuvés par le gouvernement. Celui-ci percevra des redevances, effectuera le suivi des opérations forestières et encouragera la transformation de l'économie forestière de façon à favoriser une plus grande valeur ajoutée aux produits forestiers.
Québec solidaire instituera des états généraux sur la condition de la forêt québécoise.
Québec solidaire investira massivement dans le transport en commun et dans les programmes d’efficacité énergétique, dans le but de lutter efficacement contre les changements climatiques et de dépasser les objectifs du protocole du Kyoto. Québec solidaire favorisera l'utilisation d'énergies renouvelables plutôt que les combustibles fossiles.
Québec solidaire donnera à l'État québécois les moyens légaux d'assurer la protection de l'eau, sous toutes ses formes, en l'inscrivant comme « chose publique » dans le Code civil.




