Dominique Pechard, Ligue des droits et liberté, Franz Benjamin, conseiller municipal, Didier Berry, victime et Amir Khadir, député de Mercier

Québec solidaire dénonce le manque de transparence dont fait preuve le Service de police de Montréal dans le cas du citoyen montréalais Didier Berry, victime d’une agression par des agents de police. Plus de six mois après l’incident, M. Berry n’a obtenu aucune collaboration de la part du SPVM.  Le cabinet du directeur Marc Parent refuse même de dire si une enquête interne a été instituée sur cet incident.

Selon plusieurs témoins, Didier Berry, sociologue et cinéaste, a été victime d’une agression de la part de policiers lors d’une arrestation sans motif valable. L’attaque l’a laissé inconscient, souffrant d’un traumatisme crânien, d’une fracture du nez et de contusions. Une caméra de surveillance a capté toute la scène. Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) refuse cependant de lui donner accès à l’enregistrement selon toute vraisemblance parce qu’il incrimine des policiers.

« Je trouve cette attitude du SPVM désolante et décevante », lance M. Khadir.  En novembre dernier, le député solidaire avait rencontré le directeur du SPVM avec d’autres élus pour discuter des relations des policiers avec les citoyens. M. Parent avait alors fait preuve d’une ouverture intéressante et promettait plus de transparence. Il a repris ce discours de transparence à la Commission parlementaire qui étudiait le projet de loi 12 concernant les enquêtes indépendantes sur la police.

« Hélas, le traitement du cas de M. Berry démontre que M. Parent et le SPVM ont de la difficulté avec la transparence. Il est indéniable aussi qu’il existe une culture interne qui rend difficile aux policiers d’incriminer des collègues ou qui tolère et couvre certains comportements. Le cas de Didier le démontre tout comme les années de complaisance dont a bénéficié matricule 728 avant d’être incriminée », argue Amir Khadir.

Le projet de loi 12 présentement à l’étude à l’Assemblée nationale, prévoit instituer un Bureau des enquêtes indépendantes qui aura pour mission de mener une enquête lors de décès ou blessure grave de citoyen ainsi que toute enquête que pourra lui confier le ministre de la Sécurité ainsi que sur des allégations relatives à une infraction criminelle commise par un agent. Plusieurs organisations, dont la Ligue des droits et libertés et la Ligue des Noirs du Québec plaident pour des améliorations à ce projet de loi qui n’assure pas dans son état actuel l’indépendance requise au Bureau d’enquête. Québec solidaire estime, à l’instar de ces organisations, qu’il est temps que les enquêtes sur la police soient confiées à un bureau indépendant et à des enquêteurs qui ne sont pas issus des rangs policiers.

 

Sur la photo : Dominique Peschard,  président de la Ligue des droits et libertés, Frantz Benjamin, conseiller municipal, Didier Berry, victime et Amir Khadir, député de Mercier