Que pense Igicari de... ce qui nous attend en 2010?
Cette année marquera le retour du « frère » de la Commission Bouchard-Taylor et de la « cousine » d'Hérouxville. Que veux-je dire par là? En fait, avant que la neige fonde, le débat sur la laïcité aura pris le dessus dans l'agenda socio-politique et tout le monde voudra mettre son grain de sel dans la définition du modèle de laïcité que le Québec devrait choisir.
J'anticipe que derrière le discours sur la séparation entre l'État et la religion, la question réelle que tous et toutes chercheront à éviter est le principe de la citoyenneté. Car en réalité, au coeur du problème est la volonté de (malheureusement) trop de mes concitoyen-ne-s de vouloir exclure de l'espace public «certaines populations». La religion est de plus en plus utilisée comme motif d'exclusion à la participation citoyenne. Des citoyen-ne-s de seconde zone seront créé-e-s à partir d'un traitement discriminatoire. Alors que personne n'oserait dire tout haut qu'il-elle est contre l'embauche de personnes noires dans la fonction publique sous prétexte que ces personnes pourraient avoir des préjugés contre les personnes blanches, il est aujourd'hui courant d'entendre qu'une personne qui affiche sa confession religieuse intimide ceux et celles qui ne sont pas de sa religion! Les mêmes préjugés que j'ai entendus (et continue d'entendre!) sur les Noir-e-s, sont les mêmes qui sont utilisés contre les personnes de souche non-catholique. Loin d'être surprise de la discrimination qui existe dans nos sociétés - toute société capitaliste est basée sur la compétition, donc la catégorisation, la hiérarchisation, et l'exclusion des indésirables - ce qui me décourage plutôt est que nous en sommes venus à trouver ce comportement non seulement acceptable mais justifiable et pire encore, souhaitable! J'ai déjà hâte que 2010 se termine.
Igicari est une féministe québécoise de souche rwandaise. Elle réside à Outremont. Le corps à Outremont, la tête à Gatineau.
Retrouvez les billets d'Igicari dans notre bulletin trimestriel.
Pour lui poser des questions ou réagir à ses opinions, écrivez-lui via le contact de l'Association QS d'Outremont.



