Que pense Igicari du....

... Parti des Indigènes de la République (PIR). Le PIR fait suite au Mouvement des Indigènes de la République (MIR) créé en 2005, en France.

Cette initiative a capté mon attention du simple fait que la participation politique et sociale des personnes minorisées et/ou racialisées est un de mes sujets de prédilection. Je tiens à souligner à ceux et celles qui me diront que le PIR ne remportera pas les élections présidentielles de 2012, que la prise de pouvoir n'est pas la première étape d'une démarche citoyenne. C'est plutôt la prise de conscience et l'éducation populaire qui sont la base de la mobilisation politique alternative.

Avant toute chose, il est important de comprendre le contexte dans lequel s'inscrit le PIR. Je me limiterai ici à citer Sadri Khiari, un des membres fondateurs du MIR:

La République, qui privilégie les Blancs-européens-chrétiens, qui se dit non-raciale, non-ethnique, se dit égalitaire, citoyenne, universelle. Nous lui répondons : « C'est faux. Il y a une masse de gens, en France, qui sont racialisés, privés, d'une manière ou d'une autre, de la citoyenneté et ne sont pas considérés comme des êtres humains à part entière. » Cette réponse est toute entière résumée dans la formule que nous avons mis en titre de notre Appel de janvier 2005 : « Nous sommes les indigènes de la République ». Nous auto-définir comme « indigènes de la République », c'est un acte fort de résistance en ce qu'il nous permet de dévoiler la réalité de la République et de mettre en relief la communauté d'intérêts politiques, qui est celle de tous ceux qui sont originaires des colonies ou des anciennes colonies.
(...)
La formule « indigènes de la République » est donc une formule politique, mais elle recouvre aussi un rapport social. En d'autres termes, on ne peut pas définir les indigènes de la République indépendamment des citoyens de la République. La question n'est pas « qu'est-ce qu'un indigène de la République ? », c'est « qu'est-ce qui spécifie la relation sociale que nous appelons l'indigénat ? ».


Pour répondre à cette question en quelques mots, je dirais : l'indigénat est le rapport, issu de la colonisation, qui produit et reproduit des races. L'indigénat fabrique des hiérarchies de statut symboliques et politiques, entre groupes humains en fonction de leur degré d'humanité, que celui-ci soit évalué en termes biologiques, religieux ou culturels, et qu'il soit transmissible de générations en générations par hérédité ou par acquisition. " (1)

Malheureusement, il est devenu courant d'entendre dans les médias québécois, des personnes prenant la France comme modèle d'intégration. Alors que, de toute évidence, s'il y a un pays où il ne fait pas bon d'être "immigrant" ces temps-ci, c'est bien la France. Pour ma part, de ce côté-ci de l'Atlantique, j'observe une France qui, monte les Français les uns contre les autres, construit son identité sur le dos de ses 'minorités", et passe la facture aux doms-toms et ses "anciennes" colonies. Le Québec peut trouver mieux comme exemple!

La nouvelle de la création du PIR fut donc pour moi une douce nouvelle et m'a rappelé la plus belle phrase qu'a dit Thomas Sankara: "l'esclave qui n'assume pas sa révolte ne mérite pas qu'on s'apitoie sur son sort".

(1) http://www.indigenes-republique.org/spip.php?article1162