[ARCHIVE 2007 RICHELIEU] Débat CJSO

Introduction

 

En me portant candidat pour Québec solidaire dans Richelieu, j’ai réalisé que la région a trop longtemps vécu dans l’illusion que tout allait bien. Depuis les années 80, beaucoup de pays occidentaux comme le Québec ont adopté la doctrine économique néolibérale et cela a entraîné, selon moi, des effets néfastes. Parlons des fermetures d’usines, parlons de la pauvreté, parlons de la dégradation de l’environnement et parlons de l’irresponsabilité de nos dirigeants politiques, qui se sont faits les complices de ce fiasco.

 

Québec solidaire est le seul parti à se porter à la défense du bien commun, à proposer des solutions contre la pauvreté, à avoir un cadre financier solide avec des investissements et des revenus, à avoir mis de l’avant une femme qui est Françoise David. Nous, nous pensons au bien-être de chacun.

 

Auparavant, notre région était l’une des plus prospères du Québec avec son industrie lourde qui payait de très bons salaires. De nombreuses industries ont fermé leurs portes, entraînant le départ de nombreuses familles. Bref, notre région était en si mauvaise posture qu’en l’an 2000, le gouvernement du Québec a dû octroyer une somme de 21 M$ pour divers projets qui devaient se réaliser en trois ans. Je constate, sept ans plus tard, que beaucoup de ces projets n’ont pas aboutis, faute de suivi, que la situation ne s’est pas améliorée et que le 21 M$ lui, a disparu.

 

En l’absence d’une politique cohérente, à quoi sert-il de dépenser une somme aussi importante, sans assurer de suivi. Je crois plutôt que le moment est venu d’agir et d’appliquer des solutions à partir d’un programme politique réaliste. En ce sens, Québec solidaire propose 25 engagements électoraux axés sur la solidarité, appuyés par un cadre financier responsable et audacieux, apte à solutionner les problèmes locaux. Moi, comme député, je vais assurer le suivi.

Le devenir environnemental de Richelieu

 

La pollution de la rivière Yamaska vient endommager l’écosystème de l’archipel du Lac St-Pierre et elle est causée principalement par l’agriculture industrielle du maïs qui utilise des quantités considérables de pesticides et d’engrais chimiques. La logique économique néolibérale force l’agriculteur à adopter cette agriculture, destructrice de notre environnement, pour survivre. Québec solidaire investira donc 30M$ pour aider à la transition vers une nouvelle agriculture respectueuse de l’environnement, et pour l’étiquetage des produits contenant des OGM.

 

On sait maintenant que les changements climatiques dont nous pouvons voir les effets sont causés par les émissions de gaz à effet de serre (GES). Or, près de 40% de ces émissions proviennent des véhicules. Afin de diminuer considérablement la quantité de GES et ainsi dépasser les objectifs du protocole de Kyoto, Québec solidaire investira 225M$ dans le développement des transports en commun, afin de sortir du cercle vicieux de l’utilisation de l’automobile.

 

Une autre source d’émission de gaz à effet de serre (GES) est le méthane provenant des sites d’enfouissement. Le gouvernement libéral, encore une fois, après le dossier du mont Orford, est allé à l’encontre de son discours sur le développement durable. En effet, il préfère subventionner 10$ la tonne de déchets enfouis pour deux municipalités de la MRC, plutôt que de favoriser le compostage. Notre région a perdu là, une belle occasion d’assurer un rôle  de leader dans ce domaine. De plus, le gouvernement libéral a autorisé, malgré le refus du BAPE, l’agrandissement du site de St-Thomas près de Berthier. Mais où est le développement durable?

 

Afin d’encourager la consommation de produits plus écologiques, Québec solidaire modulera la taxe de vente du Québec (TVQ) taxant ainsi les produits plus énergivores et plus polluants, et taxant moins les produits écologiques. Par exemple, une motoneige sera fortement taxée et un vélo ne le sera pas ou très peu. Cette mesure rapportera 620M$ à l’État québécois.

 

En tout, Québec solidaire investira 345M$ en environnement. Comme autres mesures, il y aura la création d’Éole-Québec et de comités forestiers locaux pour nous mettre à l’abri du lobby forestier. Enfin, il y aura une augmentation de 5M$ pour le financement de l’Agence de l’efficacité énergétique. Nous, nous irons plus loin que les paroles dans le développement durable.

 

Évidemment, quand on parle de véritable développement durable, on veut dire planification à long terme, comme par exemple la gestion de la pêche à la perchaude dans le lac St-Pierre. Dans ce cas, nos dirigeants antérieurs ont démontrés leur mépris et leur ignorance de ce qu’est le développement durable.

 

Le devenir social de Richelieu

 

Dans la région, seulement deux jeunes sur trois terminent leur secondaire avec un diplôme. Cela fait en sorte que, années après années, moins d’étudiants s’inscrivent au Cégep de Sorel-Tracy. En effet, on remarque une baisse de 23% des inscriptions au secteur technique comparativement à 8% pour l’ensemble du Québec.

 

Paradoxalement, 60% des emplois requièrent une formation postsecondaire comparativement à 40% en 1990. De plus, 40% des employés des grandes entreprises de la région prendront leur retraite d’ici peu et la relève ne sera pas au rendez-vous.

 

Québec solidaire investira 1,1Milliards$ en éducation pour diminuer le nombre d’élèves par classe au primaire et au secondaire, et pour réduire progressivement les frais de scolarité à l’université. Les frais de scolarité ne doivent pas bloquer l’accès aux études supérieures.

 

Comme député, j’obligerai la Commission scolaire à rendre des comptes en matière de réussite scolaire comme le préconise la Loi sur l’instruction publique. On peut s’interroger sur la pertinence d’offrir des projets pédagogiques particuliers, à un groupe sélect d’élèves plus doués, alors qu’il y a tant à faire pour ceux qui sont en difficulté d’apprentissage.

 

Dans le domaine de la santé et des services sociaux, le défi est beaucoup plus grand dans notre région puisque la population est très âgée. En effet, le taux de vieillissement pour l’agglomération de Sorel-Tracy est de 119% comparativement à 74% pour le Québec. Conséquemment, le taux d’hospitalisation est supérieur de 12% à celui de la Montérégie.

 

Québec solidaire investira 850M$ en santé dont : 300M$ dans les soins de proximité tel les aidants naturels, 400M$ dans la réduction du temps d’attente, 100M$ dans le développement de la médecine locale et familiale et 150M$ pour la création de Pharma-Québec, un pôle de recherche pharmaceutique qui rapportera 1G$ à l’État québécois.

 

Québec solidaire investira également 585M$ pour la famille. Cela aura un bon impact si on considère que dans notre région le taux de jeunes référés à la Direction de la protection de la jeunesse est de 7% comparativement à 4,5%  pour la Montérégie.

 

Ça, c’est du développement durable.
 

Le devenir économique de Richelieu

 

Évaluer ou mesurer la richesse d'un pays avec un outil comme le PIB est une absurdité. L'économie par elle-même est loin d'être une science exacte comme vous pouvez le constater chaque jour par vous-mêmes; combien de sursauts du marché boursier, du prix du pétrole, des taux d'intérêt vous sont expliqués de façon satisfaisante? Aucun!

 

Des horreurs ont été racontées sur la légende du déficit zéro. La dette est bien réelle, d'accord. La plus grande partie de cette dette est toutefois sous forme d'investissement: l'assurance-santé, Hydro-Québec, le système d'éducation, le réseau routier, les parcs, la fonction publique  sont des richesses qui nous appartiennent. Ces acquis sont la cible continuelle des « pseudo-experts ».

 

Québec solidaire a une vision à long terme. Deux choix s’offrent à nous : la voie simpliste du néolibéralisme qui recherche le profit immédiat, sans égard au respect de la nature et de l’être humain, et la voie de la solidarité qui mise sur le développement durable d’une société, qui est avant tout humaine. Le système économique néolibéral produit bien quelques riches, mais infiniment plus de pauvres. Alors que dans les années 80 le rapport du revenu entre le gestionnaire et le salarié était de 40 à 1, il est maintenant à plus de 400 à 1. Les actifs canadiens dans les paradis fiscaux sont passés de 11G$ en 1990 à 88G$ en 2003 ; une grande partie de cette évasion fiscale provient des banques qui déclarent, année après année, des profits toujours plus faramineux. La spéculation boursière est devenu une valeur plus prisée que la dignité du travailleur, et le droit au travail.

 

Le gouvernement Charest a décrété des augmentations de salaire inférieures au coût de la vie pour les employés du secteur public ; la perte du pouvoir d’achat de ces travailleurs a certainement eu un effet négatif sur l’économie de notre région. Nous, de Québec solidaire, avons pris le parti du développement durable. Nous investirons 1,85G$ dans le travail : en abrogeant les lois anti-syndicales du gouvernement Charest, en soutenant l’économie sociale et en étendant la période de vacances annuelles minimales à 3 semaines.

 

Dans notre région, 21,5% des gens vivent sous le seuil de la pauvreté. La pauvreté est tellement grande que même Centraide déclare que les dons recueillis localement, ne comblent pas la moitié des besoins. Je ne trouve pas normal que des gens qui travaillent, même à plein temps, au salaire minimum, soient réduits à vivre dans la pauvreté. Québec solidaire augmentera donc progressivement, le salaire minimum à 10$/heure, tout en investissant 65M$ pour aider les Petites et Moyennes Entreprises.

 

Au total, Québec solidaire investira 1,2G$ pour lutter contre la pauvreté dont 300M$ dans la construction de logements sociaux et 100M$ pour la hausse du financement des organismes communautaires, qui jouent un rôle indispensables dans le développement local.

 

Au Québec, on essaie de nous faire croire qu’il faut créer la richesse. La richesse est là, elle est seulement très mal répartie.

 

Conclusion

 

À l’automne 2005, un groupe de personnalités de la scène québécoise publiait le manifeste des lucides dans lequel on pouvait noter une nette inquiétude envers la dette. Parmi les signataires de ce manifeste, on retrouve M. Lucien Bouchard qui avait orienté son action vers le déficit zéro. Le PLQ et l’ADQ ont d’emblée épousé cette école de pensée. Quant au PQ, les déclarations récentes du chef André Boisclair telle «il faut soulager le capital» ne laisse place à aucun doute, ce parti adopte aussi cette école de pensée. Le remboursement rapide de la dette va imposer encore plus de compressions et de ce fait, affaiblir l’État québécois. Rappelons-nous les effets du déficit zéro, des dizaines de milliers d’employés du secteur public ont pris leur retraite dont beaucoup d’infirmières qui n’ont pas été remplacées; des lits d’Hôpitaux ont été fermés alors que les besoins étaient criants.

 

Un autre groupe en opposition à cette école de pensée a publié le manifeste des solidaires. On propose dans ce manifeste de cesser de suivre le modèle néolibéral à l’américaine pour plutôt adopter le modèle des pays de l’Europe du Nord. Ces pays, comme la Suède, constituent un exemple en matière d’environnement et de lutte à la pauvreté. D’ailleurs, le dernier magazine de l’Actualité a demandé aux cinq chefs : «Quel pays vous inspire en matière d’environnement?» Quatre ont répondu les pays scandinaves. Seul M. Jean Charest s’est démarqué en répondant nous-mêmes; sa crédibilité en matière d’environnement n’est pas très élevée après la saga du Suroît et du Mont Orford.

 

À l’hiver 2006, les auteurs du manifeste des solidaires ont fondé un nouveau parti politique : Québec solidaire. Le 26 mars prochain, vous aurez à faire un choix entre cinq partis. Cependant, seul Québec solidaire propose de se distancier du modèle néolibéral pour adopter le modèle  de la solidarité expérimenté dans beaucoup de pays d’Europe du Nord et qui a fait ses preuves en matière de développement durable. Le 26 mars, soyons lucides, votons Solidaire!

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