François Saillant accuse les autres partis d'ignorer une loi qu'ils ont votée à l'unanimité

Montréal, le 30 novembre 2008 – Le candidat de Québec solidaire dans Rosemont, François Saillant, accuse le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec d’ignorer sciemment la loi 112 sur la pauvreté et l’exclusion sociale qu’ils ont pourtant adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, en décembre 2002. Selon le candidat, les engagements pris par les trois partis depuis le début de la campagne électorale sont loin d’être à la hauteur de l’objectif premier de cette loi qui est de porter, sur une période de dix ans, le Québec « au nombre des nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres ».

M. Saillant rappelle que la loi 112 a été adoptée suite à une démarche citoyenne de cinq ans menée par le Collectif pour une loi sur l’élimination de la pauvreté (devenu depuis le Collectif pour un Québec sans pauvreté) et à laquelle il a été personnellement associé, tout comme la porte-parole de Québec solidaire et candidate dans Gouin, Françoise David.

Menu minceur au Parti libéral

François Saillant s’attaque tout d’abord au Parti libéral de Jean Charest qui a attendu la veille du déclenchement des élections pour annoncer que les prestations d’aide sociale de 224 000 ménages seraient totalement indexés au coût de la vie pour la première fois en cinq ans. Il déplore que l’indexation accordée n’ait pas été rétroactive, ce qui aurait au moins permis aux ménages les plus pauvres de récupérer les 17 $ par mois  qu’ils continuent de perdre en raison de la demi-indexation à laquelle ils ont soumis pendant quatre ans.

Le candidat de Québec solidaire considère comme un pas en avant l’annonce de la hausse du salaire minimum de 50 cents de l’heure en 2009 et de 50 cents supplémentaires en 2010. Il souligne cependant qu’à 9,50 $, le salaire minimum ne permettra même pas aux personnes qui travaillent quarante heures par semaine d’atteindre le seuil de faible revenu de Statistiques Canada. Il déplore par ailleurs que le Parti libéral n’ait jusqu’ici pris aucun engagement public dans les domaines du logement et de l’itinérance.

Pas mieux du côté du PQ

François Saillant considère que le Parti québécois de Pauline Marois ne fait guère mieux, même s’il s’engage à adopter une politique globale sur l’itinérance et qu’il promet d’augmenter le nombre de logements sociaux pour les familles, les aînés et les personnes seules. Selon le candidat de Québec solidaire, ce dernier engagement est beaucoup trop vague et ne répond pas à la demande portée par plus de 1000 groupes à travers le Québec quant à l’adoption d’un ambitieux plan sur cinq ans de développement du logement social et communautaire.

À son avis, le PQ ne fait pas mieux que le Parti libéral sur l’enjeu de l’aide sociale (il ne promet que la pleine indexation des chèques) et est pire sur celui du salaire minimum dont il n’évoque même pas l’augmentation. Pour François Saillant, « c’est une chose de montrer que l’on se souvient de la loi 112,  ce que fait le PQ dans sa plate-forme électorale, ça en est une autre de proposer des mesures conséquentes et là-dessus Pauline Marois échoue lamentablement ».

Quant à l’Action démocratique du Québec, François Saillant considère que, depuis le début de la campagne électorale, « Mario Dumont a davantage démontré sa volonté de s’attaquer aux pauvres qu’à la pauvreté ».

Un véritable plan de lutte contre la pauvreté

François Saillant considère que Québec solidaire est le seul parti à proposer un plan complet de lutte contre la pauvreté qui permettrait d’atteindre les objectifs de la loi 112. Ce plan prévoit la hausse du salaire minimum à un niveau suffisant pour atteindre le seuil de faible revenu de Statistiques Canada (10,43 $ de l’heure en 2009). Il propose l’augmentation graduelle des prestations d’aide sociale pour qu’elles permettent à terme de subvenir à l’ensemble des besoins essentiels. Il permettrait aussi le financement de 50 000 logements sociaux en cinq ans, le renforcement des protections légales des locataires, l’élargissement et la bonification de l’allocation-logement, l’augmentation de l’offre de logements pour les aînés et les personnes handicapées, de même que l’adoption d’une politique globale en itinérance. Un plan national d’alphabétisation est également proposé.

M. Saillant précise que Québec solidaire a présenté publiquement un cadre financier qui permettrait de financer toutes ces mesures, entre autres par l’ajout d’un palier d’imposition pour les ménages à plus haut revenu, de même que par l’abolition ou la réduction sérieuse de plusieurs avantages fiscaux qui ne profitent qu’aux mieux nantis.