Reconstruction de l'échangeur Turcot : la santé et l'environnement d'abord, rappelle Manon Massé
Le 19 avril dernier, Manon Massé, porte-parole et candidate pour Québec solidaire aux dernières élections dans Sainte-Marie-Saint-Jacques (SMSJ), a participé à la manifestation contre le projet de reconstruction de l'échangeur Turcot, dans le sud-ouest de Montréal, avec l'appui de l'association de circonscription.
Des centaines de personnes s'étaient donné rendez-vous pour dénoncer le projet de reconstruction de l'échangeur Turcot du ministère des Transports du Québec (MTQ). Manon Massé était au nombre des manifestants, avec plusieurs autres représentants de Québec solidaire. Une vaste coalition regroupant des groupes écologistes, des partis politiques, des syndicats, des groupes communautaires et des citoyens s'était rassemblée grâce à Mobilisation Turcot et à la collaboration de plusieurs groupes, dont Québec Kyoto, Jour de la Terre, le Conseil Régional de l'environnement de Montréal, Greenpeace, la CSQ, le Conseil central de Montréal de la CSN et Québec solidaire.
Ensemble, ils étaient venus dénoncer ce méga-projet autoroutier, dont le coût est estimé à 1,5 milliard, qui risque de conduire à l'expropriation d'environ 250 ménages, d'injecter 20 000 automobiles supplémentaires dans la circulation montréalaise chaque année, en plus d'entraîner des impacts majeurs sur l'environnement, particulièrement sur la qualité de l'air. Les manifestants ont exigé que ce projet soit réformé à l’échelle humaine en accordant une plus large place au transport collectif.
Manon Massé, porte-parole de l'Association régionale de Montréal, croit que la reconstruction de Turcot occasionnera de graves problèmes de santé publique. « Encore une fois, ce sont les résidentes et résidents d'un quartier populaire qui feront les frais d'un projet autoroutier. En plus d'être expropriés pour certains d'entre eux, les résidents des quartiers Saint-Henri et Côte-Saint-Paul devront subir les conséquences sur leur santé d'une augmentation substantielle du trafic », s'est-elle indignée.
Elle se réjouit de constater que le Vérificateur général du Québec a récemment ajouté sa voix au concert de critiques. Dans son rapport publié le 1er avril dernier, le Vérificateur s'est penché sur « la planification actuelle du MTQ à l'égard du transport des personnes et des marchandises ». Parmi les demandes qu'il adresse au ministère pour remédier aux lacunes observées, il l'enjoint à une « meilleure prise en compte des incidences à court terme sur la santé, le contexte social, l'économie, l'environnement et l'utilisation des ressources naturelles »[1] dans la conception de ces projets d'infrastructures de transport dans la grande région de Montréal.
Des ingénieurs américains spécialisés dans l'intégration des projets routiers et des transports en commun en milieu urbain ont aussi exprimé leurs sérieuses réserves face aux projets autoroutiers proposés par le MTQ, lors d'un récent passage à Montréal. Invités par la Direction de la santé publique de Montréal à un atelier sur la « requalification des autoroutes urbaines » le 3 avril dernier, Ian Lockwood et Paul Moore, ingénieurs pour une firme d'Atlanta spécialisée en design urbain, ont dit craindre le sentiment d'isolement de la population des quartiers adjacents en raison de la présence de hauts remblais.
Paul Moore, qui a étudié le projet à partir de vues aériennes, estime que l'échangeur ne subira pas de transformation majeure, sauf sur le plan de sa hauteur[2]. Le chercheur propose de reconfigurer le projet en tenant compte des immenses terrains vagues qui seront libérés, où un réseau de rues pourrait voir le jour afin d'assurer une circulation fluide sans rebuter les piétons et les cyclistes. Pour Québec solidaire, cela confirme la nécessité de redessiner le projet en priorisant la santé et l'environnement sur l'automobile et le béton.
Paul Moore ajoute qu'un projet de cette envergure doit également compter sur la participation de la population et ce, dès le début. Or, Manon Massé rappelle que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) vient tout juste de tenir deux séances d'information sur le projet aux habitants du Sud-Ouest et qu'il mène une consultation publique jusqu'au 8 mai, avant le dépôt de l’avant-projet préliminaire attendu en mai et du décret gouvernemental en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement prévu en novembre.
Québec solidaire participera à cette consultation afin de défendre les priorités suivantes :
- Améliorer la qualité de vie des résidents et résidentes
- Réduire le nombre de voitures
- Prioriser les transports collectifs
- Réduire les émissions de GES
- Augmenter les espaces verts
- Respecter les populations locales.
Le comité de coordination de l'association de Québec Sainte-Marie-Saint-Jacques a décidé de prioriser dans ses interventions pour la prochaine année la question du transport urbain et de la transformation de la rue Notre-Dame.
[1] Bruno Bisson, « Les grands projets routiers du MTQ vont nuire à Montréal », La Presse, 3 avril 2009.
[2] Bruno Bisson, « Critiques des projets autoroutiers: le MTQ indigné par les propos de deux ingénieurs américains », La Presse, 4 avril 2009.




