Alex Noël dévoile sa plate-forme pour les premiers quartiers

Présentation d’une plate-forme pour les premiers quartiers

 

Vendredi le 21 novembre 2008, devant l’entreprise d’économie sociale Le Bucafin, Alex Noël a procédé au dévoilement de cinq grandes mesures pour les premiers quartiers. Rappelons que les premiers quartiers de Trois-Rivières sont les quartiers où vivent le plus de personnes luttant contre une situation de pauvreté au sein de la circonscription électorale. Le candidat de Québec solidaire espère que ces mesures parviendront à réduire les inégalités sociales : « Québec Solidaire est né du milieu communautaire et la justice sociale est donc un principe fondateur de notre parti. Trois-Rivières est encore aujourd’hui une circonscription où il y a beaucoup de pauvreté. Pourtant, aucun autre candidat n’a encore parlé de lutte à la pauvreté depuis le début de la campagne. C’est inacceptable ! » affirme Alex Noël. Puis il ajoute ; « Nous ne voulons pas que les premières personnes à payer les frais de la crise économique soient les gens les plus vulnérables de la société. »

 

1- L’État doit reconnaître le rôle indispensable des organismes communautaires et leur autonomie. Alex Noël déplore que le fait que les organismes communautaires dépendent trop souvent du parti au pouvoir ; « Ce n’est pas eux qui ont une dette envers l’État, c’est l’État qui a une dette envers eux pour tout ce qu’ils arrivent à faire avec si peu ! » Pour lui, ce n’est pas normal que des organismes communautaires qui viennent en aide aux personnes les plus oubliées par l’État ne soient pas toujours soutenues. « Par exemple, il faudrait offrir une subvention permanente à la démarche de revitalisation des premiers quartiers. C’est un organisme qui fait des miracles avec rien. Présentement, c’est difficile pour cet organisme parce qu’ils ont des subventions pour leurs projets, mais il n’y a pas de budget pour eux, pour la mission. Il faut reconnaître les actions de revitalisation urbaine et leur mettre le moins de bâtons possible dans les roues. C’est nécessaire. Nous pensons aussi au rôle irremplaçable de d’autres organismes comme Comsep, Point de rue, Le havre, La fenêtre, le comité de logement et tous les autres ! » dit Alex Noël.

 

2- Alex Noël pense qu’il est urgent de construire 600 logements sociaux et de réduire les coûts en électricité. Selon statistique Canada, en 2000, 4 625 ménages trifluviens consacraient plus de 50% de leurs revenus au logement, dont 2 350 ménages qui payaient plus de 80% de leurs revenus pour se loger. 4 625 ménages, c’était 18% de la population. « Ça c’était en 2000, il n’y a pas eu de logements sociaux de construits à Trois-Rivières depuis. Pourtant, c’est un des endroits en région qui en a le plus besoin. C’est inacceptable. Les normes en matière de logements sociaux sont trop restrictives pour Trois-Rivières. Elles ne tiennent compte que de Québec ou de Montréal. Bref, Trois-Rivières est désavantagé à cause du loyer médian. Nous proposons de construire 600 logements sociaux et ça commence à être un besoin urgent. Ce serait aussi un bon moyen de protéger les gens à faibles revenus de la hausse des loyers et des taxes que va occasionner le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. »

Les logements des quartiers Ste-Cécile, St-Paul et St-Philippe sont pour la plupart vieux et mal isolés. Il faut un programme d’efficacité énergétique pour les premiers quartiers, de manière à faire baisser les coûts rattachés au loyer. C’est une mesure qui profiterait à tous les citoyens des premiers quartiers, tant ceux de la classe moyenne que ceux luttant contre une situation de pauvreté. C’est aussi une mesure qui serait rentable à long terme pour l’État québécois ; « Chaque kW qu’on économise ici, on le revend plus cher à nos voisins du sud. »

 

 

3- Il faut hausser le salaire minimum à 10,20$/heure et veiller à ce que les prestations d’aide sociale soient suffisantes pour couvrir les besoins fondamentaux. « Une personne qui travaille au salaire minimum à 35h par semaine, donc considérée à temps plein, obtient un revenu brut annuel d’un peu plus de 14 000$, soit en dessous du seuil de pauvreté. Hausser le salaire minimum à 10,20$ c’est se sortir de la pauvreté. » affirme le jeune candidat. Il pense aussi qu’avec un tel salaire, les travailleurs et les travailleuses auront un pouvoir économique plus grand, ce qui fera davantage tourner l’économie québécoise. Il ajoute : « Ça pourrait aussi inciter certaines personnes à réintégrer le marché du travail. Parce que présentement une mère monoparentale qui travaille au salaire minimum n’a pas intérêt à le faire. J’en profite pour dénoncer la mesure de l’ADQ visant à renvoyer de force 70 000 citoyens et citoyennes au travail. Je trouve que c’est une mesure violente et qu’on ne s’attaque pas au problème réel. Au contraire, elle contribue à alimenter les préjugés. En fait, seulement 10% des gens sur l’Aide sociale considérés comme apte à réintégrer le marché du travail le sont réellement[1]. Pour reprendre les mots de notre candidate de Jonquière, dans la vie, ce n’est pas tout le monde qui bénéficie de la même chance que Mario Dumont.» Il en profite pour saluer les efforts fait par l’organisme Comsep avec son projet Emplois de solidarité et pense que « Mario Dumont devrait s’inspirer davantage de ce genre de démarches que sur des mesures basées sur l’intolérance sociale. »

 

Rappelons que dans la circonscription, c’est 14 340 personnes qui vivent avec moins de 15 000$/année, donc sous le seuil de la pauvreté. Cela correspond à 37% de la population et c’est 5% de plus que pour l’ensemble du Québec.

 

4- Il faut favoriser l’économie sociale et la revitalisation économique dans les premiers quartiers. Alex Noël pense qu’il faut soutenir le développement commercial des premiers quartiers. Il y a plusieurs locaux vides sur Saint-Maurice. Il faut aussi veiller à aider le démarrage des entreprises dans le secteur. C’est une chance de créer des entreprises sociales et vertes en se basant par exemple sur le modèle du Bucafin. C’est non seulement important pour la revitalisation économique, mais aussi pour la qualité de vie qu’on retrouve dans ce secteur.

 

5- Nous devons maintenir et enrichir un système de santé public. « Aux problèmes publics, des solutions publiques », voilà ce que répètent les portes-paroles de Québec Solidaire depuis le début de la campagne. « Nous croyons que tous les citoyens, y compris les gens luttant contre la pauvreté, son égaux face à la maladie. Peu importe leur porte-feuille, ils doivent être traités de la même façon. » plaide Alex Noël. Ne soyons pas dupes, la privatisation du système de santé va pénaliser les gens de la classe moyenne et démunie. Selon une étude de l’ICIS, les gens de la classe défavorisée et de la classe moyenne sont plus souvent hospitalisés que les riches. C’est inacceptable pour Québec Solidaire qu’un citoyen soit traité en priorité à cause qu’il est plus riche. Pour aller chercher de l’argent en santé, Québec Solidaire propose de créer un pôle public d’achat, de recherche et de production de médicaments, ce qui permettrait à l’État d’économiser 2 milliards en médicaments en de les réinvestir dans le réseau public. Nous voulons aussi investir 5% du budget de la santé en prévention, en valorisant des démarches comme le communo-gym (entre autres). Parce que la santé c’est aussi du long terme !!

 

 

 

Dans un autre ordre d’idées, Alex Noël s’est dit inquiet des conséquences négatives que pourraient entraîner le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent sur les premiers quartiers et l’absence de plan d’intervention de la ville : « Le projet risque de causer une hausse des taxes et du coût des loyers. Dans un quartier ou les gens arrivent déjà serrés, cela m’inquiète. Il faut prendre des mesures pour ralentir la gentrification. Il y a des gens qui habitent les rues Hertel, Saint-Paul et Sainte-Cécile depuis des années et je ne veux pas qu’ils soient obligés de s’exproprier. Je refuse que les gens des premiers quartiers soient les laissés pour compte. Ce serait inacceptable. »

 

Pour terminer, le candidat affirme avoir dressé cette plate-forme suite à des discussions avec des citoyens et des acteurs du milieu communautaire. « À Québec Solidaire les décisions partent de la base pour aller vers le haut, et non l’inverse. Malheureusement, nous aurions voulu au départ consulté un plus large éventail de gens du milieu communautaire, mais les élections ont été déclenchées. Nous les invitons par contre à soumettre leurs suggestions et nous restons ouverts à adapter cette plate-forme à leurs besoins. »

 

Alex Noël explique son choix d’avoir priorisé cinq grandes mesures en disant qu’il pense que, de cette manière, il sera en mesure de lancer un message plus clair aux autres candidats et les sensibiliser aux réalités importantes des premiers quartiers. Il rappelle aussi que la plate-forme politique de Québec Solidaire prévoit d’autres mesures comme l’indexation des prestations d’aide aux familles au coût de la vie, un filet de sécurité sociale pour les travailleurs-euses autonomes, lever l’interdiction juridique de faire faillite aux anciens étudiants, une consultation pour l’introduction d’un revenu de citoyenneté, l’amélioration de l’accès aux logements pour les personnes handicapées, l’adoption d’une politique globale en itinérance et l’adoption d’une loi anti-SLAPP.

 

Le 8 décembre, votons en masse et affirmons qu’un Québec qui ne lutte pas contre la pauvreté, qui endette ses étudiants, qui coupe la parole à ses citoyens, qui ne respecte pas les engagements de Kyoto est un Québec sans avenir ! Il rappelle que voter pour Québec Solidaire c’est lancer un message clair que le 8 décembre, ici, à Trois-Rivières, nous voulons faire de la politique autrement.

 

quebecsolidairemauricie@hotmail.com

 

 

[1]Selon un rapport interne du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale.