Contre l'injonction imposée aux étudiantEs en grève à l'UQÀM

Lettre d’appui à la Démocratie à l’UQÀM - 17 mars 2008

Par la présente, le comité de coordination de Québec solidaire UQÀM dénonce, au nom de ses membres, l’attitude anti-démocratique de l’administration de l’UQÀM et l’injonction qu’elle a émise à la cour supérieure contre les associations étudiantes légitimement et légalement en grève.

En effet, cette injonction survient, d’ailleurs, à la suite des événements du 13 mars en avant-midi où l’UQÀM demanda à la police anti-émeute de déloger des étudiantEs qui manifestaient pacifiquement dans le pavillon D afin qu’une réunion de la Commission des Études n’ait pas lieu. Lors de cette réunion, cette dernière allait, sous la direction de l’administration de l’UQÀM, adopté une résolution avec laquelle elle aurait forcé le retour en classe en menaçant individuellement les étudiants d’échec s’ils ne retournaient pas en cours et les professeurs et chargés de cours de retenus de salaires s’ils ne donnaient pas leur cour. Il faut savoir que cette injonction force présentement l’AFESH, l’AEMSP, l’AFELLC et l’AFEA à ne pas importuner les activités normales de toutes personnes à l’UQÀM que ce soit en manifestant ou en faisant dans lignes de piquetages. Les conséquences d’un non-respect de cette injonction peuvent aller d’une amende de zéro à 50 milles dollars à un an d’emprisonnement; ces peines sont évidemment démesurées et exagérées. Cette injonction n’est donc ni plus ni moins qu’un SLAPP afin de permettre à l’UQÀM de poursuivre les associations étudiantes en grèves et à les emmener dans des procédures juridiques sans fin pour les faire taire.

Également, rappelons les trois étudiantEs qui furent menacés puis suspendus par un « comité d’intervention » formé par l’administration de l’UQÀM. QS-UQÀM dénonce cette répression politique et demande à l’UQÀM de bien vouloir accepter l’ouverture d’esprit qu’une université devrait normalement avoir par sa simple nature de lieu de savoir et d’idées. QS-UQÀM considère que toutes les étapes de négociations démocratiques n’ont pas étés pratiqués par l’administration de l’UQÀM et qu’elle n’est pas justifiée de passer maintenant à l’étape juridique afin d’avorter la liberté d’expression des étudiantEs. D’ailleurs, selon Jonathan Vallée-Payette, porte-parole de Québec solidaire en matière d’éducation : « Il s’agit ni plus ni moins d’une atteinte au droit de grève et au droit d’association. Cela créerait un précédent dangereux pour l’ensemble du mouvement étudiant. Cela est complètement inadmissible et va à l’encontre des valeurs de toute société civilisée. »

Finalement, QS-UQÀM salut la lettre de professeurs de l’UQÀM dans le journal Le Devoir dénonçant l’injonction ainsi que la prise de position semblable de plusieurs autres acteurs.

Solidairement,

Le comité de coordination de QS-UQÀM